"Violences policières, violence d’Etat, fermer ou ouvrir les yeux ?" Lancement réussi pour le CLAME

Publié le : , par  François Atger

Vendredi 9 septembre, le CLAME (Club Alpin de Mediapart, nouvellement créé) était accueilli par le CIIP à la Maison des Associations pour sa réunion de lancement. Une soirée d’information, de réflexion et d’échanges bienvenue en cette rentrée où aucun des sujets survenus dans l’actualité récente n’a trouvé de solution (état d’urgence, loi travail, réfugiés, atteintes aux droits, attentats, etc.).

120 personnes. Des jeunes de Nuit Debout, des moins jeunes, des militants syndicaux, politiques, associatifs, des juristes, etc. Objectif atteint : toucher divers milieux susceptibles de relayer l’action pour une information véritable.
En ouverture Roseline Vachetta, présidente du CIIP, a évoqué le décès tragique de Melinda Varga électrocutée dans le local que sa famille rom squattait. Une mort causée par une brutalité sociale consanguine des violences policières et institutionnelles (cf. communiqué du CIIP).

Françoise Papa, universitaire et syndicaliste, présenta ensuite l’action du CLAME : un rassemblement de citoyens engagés dans la vie sociale, associative, politique, professionnelle, ou syndicale, point de rencontre et d’action pour une information qui "loin d’être un privilège des journalistes, est un droit des citoyens".

Entrant dans le vif du sujet, Françoise Krzywkowski, manifestante et syndicaliste, apporta son témoignage sur la manifestation du 31/03/2016 à Grenoble : "jets de lacrymo à travers les principales places du centre historique … des affrontements d’une rare violence..."

Avant de passer la parole à François Bonnet, directeur de la rédaction de Mediapart, et auteur d’un article du 30 mai 2016 intitulé "Violences policières : ouvrez les yeux", François Atger rappela la genèse coloniale de l’état d’urgence ("Dis moi d’où tu viens, je te dirai qui tu es…") : Guerre d’Algérie, puis Kanaky, avant d’être appliqué aux "émeutes des banlieues" en 2005, puis au contexte actuel.

François Bonnet, dans une intervention sobre et documentée, insista sur l’évolution de la "pensée" policière. Traits saillants : le maintien de l’ordre, particulièrement depuis le ministère Sarkozy, est absorbé par une logique de répression judiciaire. Le PS étant à court d’un référentiel propre en la matière depuis les années 80, Valls et Cazeneuve poursuivent cette dynamique avec ses indicateurs d’efficacité. Ainsi, les forces de police suscitent les occasions de confrontations en corps à corps avec les manifestants, générant des violences recherchées réprimables judiciairement, et donc comptabilisables et exploitables politiquement devant une opinion conditionnée et apeurée. De ce fait la France se trouve isolée en Europe où nombre de pays (Allemagne, Suisse, Belgique, etc.) disposent d’une "police des foules", qui sait neutraliser efficacement les éléments "incontrôlés", et qui est rompue au dialogue avec les manifestants, les informant constamment sur la situation dans l’ensemble des cortèges.

Il s’est ensuivi un débat nourri, où les questions techniques (l’évolution des équipements, la contribution des nanotechnologies à l’arsenal répressif, mais aussi l’apport des réseaux sociaux face aux violences) côtoyaient les demandes de définitions plus précises telle que la notion-même de "casseur", et les questions plus politiques sur le rôle historique du PS dans le développement des pratiques de répression.

Une soirée dense, dans un climat d’écoute, d’analyse et d’échange, qui sera suivie par d’autres rendez-vous : fin novembre autour de la question des média en pleine phase de concentration sous la houlette des grands groupes financiers, et début 2017 sur l’état de notre environnement.

Article publié dans Inter-Peuples n°249, septembre-octobre 2016

Conférences / débats

AgendaTous les événements

août 2017 :

Rien pour ce mois

juillet 2017 | septembre 2017