Shimon Peres : des éloges indécents

Publié le : , par  Jo Briant

Avec Shimon Peres disparaît l’un des fondateurs de l’Etat d’Israël, un des principaux dirigeants du parti travailliste qui occupa de nombreuses fonctions ministérielles, devint 1er ministre et président. Dès son décès connu, c’est une avalanche de louanges de la part de nombreux dirigeants, notamment occidentaux dont François Hollande. Shimon Peres serait devenu une colombe ! C’est un travestissement de la réalité.

Il reçut le prix Nobel de la Paix en 1994, avec Yasser Arafat et Yizhak Rabin, pour son action en faveur des Accords d’Oslo en 1993 qui, pour la première fois, reconnaissait le peuple palestinien comme interlocuteur et son droit à un territoire - sans préciser lequel -, ce qui aurait pu être un pas en avant dans la voie de la paix mais a été en fait l’instrument du fractionnement de la Cisjordanie et de la politique du fait accompli.

Faut-il rappeler que Shimon Peres, qui fut Directeur général du Ministère de la Défense israélienne entre 1953 et 1959, fut le principal artisan de l’acquisition, avec la contribution décisive de la France, de l’arme nucléaire et du programme nucléaire israélien. Sa responsabilité de 1er Ministre est directement engagée dans le bombardement du village de Cana en 1996 tuant 106 civils, ce qui est constitutif d’un crime de guerre. Après l’assassinat d’Yizhak Rabin en 1995, il abandonna soudainement le processus de paix et rallia Ariel Sharon, adversaire déclaré des accords d’Oslo. Il approuva toute la politique de blocus de Gaza allant jusqu’à soutenir l’opération "Plomb durci" (décembre 2008 / janvier 2009) et les innombrables bombardements meurtriers et destructeurs de la bande de Gaza.

Aujourd’hui, l’extrême-droite est au pouvoir avec B. Netanyahou, la colonisation de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie est sans cesse en expansion, la bande de Gaza reste une prison à ciel ouvert, des milliers de Palestiniens dont des enfants sont emprisonnés et torturés… et nous n’avons pas entendu Shimon Peres s’opposer à cette politique coloniale d’une brutalité inouïe. Au-delà de la disparition de Shimon Peres, nous devons plus que jamais agir pour une paix digne et durable incluant la reconnaissance des droits nationaux du peuple palestinien avec la continuité territoriale et le droit au retour des réfugiés. Pour cela il faut faire pression sur toutes les autorités politiques et poursuivre la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement Sanctions).

Point de vue sur...

AgendaTous les événements

août 2017 :

Rien pour ce mois

juillet 2017 | septembre 2017