Mairie de Grenoble : "Plan de sauvegarde des services publics" ou plan discriminatoire ?

Publié le : , par  CIIP

Depuis sa création en 1980 le CIIP a toujours été attentif à la politique municipale grenobloise et s’est opposé quand il le fallait à celle conduite dans les mandats précédents, par Alain Carignon ou Michel Destot, toujours au regard de ses propres objectifs et valeurs : solidarité internationale, égalité d’accès aux droits sociaux et culturels, lutte contre tous les racismes et contre toutes les discriminations.

C’est cette attitude qu’il revendique aujourd’hui face à Eric Piolle et son équipe. En effet, ils ont annoncé un ensemble de mesures curieusement dénommé "Plan de Sauvegarde des services publics" qui suscite une profonde incompréhension et une véritable colère parmi la population et les salariés concernés. Certes, et c’est effectivement très conséquent et très lourd, le budget municipal est gravement amputé de plus de dix millions d’euros suite à la baisse drastique des dotations de l’Etat aux collectivités locales, décidée par le gouvernement socialiste. Mais on ne peut pas accepter que des économies soient réalisées par la suppression de services publics, à savoir la fermeture de 3 bibliothèques municipales, Village Olympique/Vigny-Musset, Alliance et Hauquelin, en contradiction totale avec les engagements de campagne, ni celle de 2 centres sociaux, tous situés dans des quartiers populaires, ni celle d’un Epahd ou encore la réduction sévère du budget du service de santé. Pas plus que l’augmentation du prix d’un certain nombre de services, dont celui de l’entrée des piscines ou celui de la restauration scolaire. Certes, des économies "positives" ont été faites en début de mandat : diminution de 25% des indemnités des élus, des frais de protocole et de communication, revente des berlines… Mais les fermetures, sans même une concertation avec les populations concernées - un comble quand même pour une municipalité qui parle sans cesse de participation et de co-création ! - des équipements culturels et sociaux ci-dessus sont indéfendables et suscitent légitimement la mobilisation des habitants et des salariés. Un autre choix était possible pour la municipalité : celui de participer à la contestation qui est bien vivante à Grenoble comme dans tout le pays face à l’action de ce gouvernement. Les Grenoblois n’ont pas élu cette majorité municipale pour qu’elle applique les politiques austéritaires du gouvernement, au contraire ! C’est bien le vote des Grenoblois qui est bafoué. En ce qui concerne les bibliothèques, expliquer cette décision de fermeture par le peu de fréquentation et d’emprunts de livres, c’est oublier que ces lieux, dans ces quartiers populaires participent du lien social, où jeunes et moins jeunes peuvent consulter la presse quotidienne et de nombreuses revues ou venir lire ou travailler tranquillement. Pourquoi ne pas y développer davantage des animations et des temps de rencontres ? Dans ces temps difficiles que nous vivons, plus que jamais la célèbre phrase de Victor Hugo "ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons" garde toute son actualité et peut légitimement s’appliquer à des lieux culturels...

Nous demandons avec de nombreux Grenoblois-es et les employés municipaux concernés, ainsi qu’avec de nombreuses associations et syndicats, le maintien ou la réouverture de l’ensemble de ces services. Au nom de l’accès égal de tous et toutes aux droits culturels et sociaux. Il s’agit là d’un socle essentiel de la vie sociale. Nous voulons croire que le Maire de Grenoble et les élus entendront la légitime inquiétude des citoyens et reviendront sur leur mauvaise décision. Pour notre part, nous restons mobilisés.

Octobre 2016

Agglomération grenobloise

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