La catastrophe américaine, Trump président !

Publié le : , par  Roseline Vachetta

Donald Trump, le candidat imprévisible aux propos démagogiques, sexistes, anti-migrants et racistes, le milliardaire autoproclamé « hors système » défendant une plate-forme économique nationaliste est donc devenu le président le plus réactionnaire de l’histoire moderne des États Unis. Avec lui s’ouvre un futur incertain à l’intérieur et à l’extérieur des frontières étasuniennes.
Retour sur cette victoire qui pourrait bien ébranler encore un peu plus le monde.

Cette victoire se situe dans un pays profondément inégalitaire dans lequel le sentiment d’abandon est immense chez les plus pauvres
Aux États Unis, les indices de paupérisation et d’inégalités sont multiples. Par exemple, 12 millions d’Américains ont perdu leur logement depuis la crise de 2007 et 70% d’entre eux n’en ont pas retrouvé. L’injustice s’est creusée en terme de durée moyenne de vie : en 1970, les Blancs les plus riches vivaient en moyenne 5 ans de plus que les plus pauvres, aujourd’hui l’écart est de 15 ans. La majorité des jeunes afro-américains est au chômage, l’assassinat par des policiers est la première cause de mortalité chez les jeunes garçons noirs. Si le chômage a baissé c’est en grande partie parce que les gens découragés ont renoncé à trouver un travail, la précarité a triplé. Enfin la justice est le lieu de l’injustice par excellence, les prisons sont vraiment celles de la misère, remplies de pauvres jeunes noirs ou latinos.
Obama n’a pas su, pas pu ou pas voulu, inverser les tendances malgré les promesses ni redonner de l’espoir dans la possibilité d’une vie meilleure. Hillary Clinton est apparue pour ce qu’elle est : un membre actif de l’establishment, quelqu’un appartenant à ce système dur avec les pauvres et tendre avec les riches.

Trump illusionniste dangereux
Du coup, Trump se présentant comme le candidat du changement, est apparu aux yeux de travailleurs déclassés blancs comme quelqu’un n’appartenant pas à la caste, capable de les protéger du terrorisme notamment avec la promesse de refuser l’entrée sur le territoire aux migrants "musulmans", capable aussi de réindustrialiser leur pays et de défendre leur job contre les étrangers. Relents racistes, islamophobes et démagogiques. Mais Trump doit également son succès à une abstention massive parmi ceux et celles qui auraient voulu voter pour le "démocrate socialiste", tel qu’il se définit lui-même, Bernie Sanders. Lui seul parlait des mobilisations qui seraient nécessaires pour que les besoins vitaux de tous et toutes soient enfin satisfaits : un toit, un emploi, l’éducation, la santé, la culture... Lui qui n’hésitait pas à annoncer sans démagogie que pour gagner même des droits parfaitement légitimes, il faudrait vraiment lutter et s’attaquer à l’ensemble du système capitaliste.
Les Blancs riches et très riches ont également voté largement pour Trump, eux savent que du moins sur le plan économique, il ne remettra pas tout en question, qu’il fait partie de leur monde et qu’il le restera ! Ainsi on peut dire que la victoire de Trump est issue du vote des Blancs, toutes classes confondues : 58% des blancs ont voté pour lui et seulement 8% parmi les électeurs afro-américains. La campagne haineuse aura avivé les braises du racisme, de la bêtise, de la démagogie, encouragent un potentiel déjà fort de divisions et de racismes là-bas mais aussi de l’autre côté de l’Atlantique...

Trump not my President (Photo CC Hello Chicago) {JPEG} "No haine, no racisme, no Trump" (Photo CC : Hello Chicago) {JPEG}

L’espoir est dans la rue
L’espoir est aujourd’hui dans la rue avec tous ceux et toutes celles qui affirment "Trump is not my president". En s’organisant, en mêlant les colères comme ils mélangent les histoires, les couleurs et les générations, ils sont porteurs d’une belle espérance là-bas mais ici aussi, de l’autre côté de l’Atlantique..

Article publié dans Inter-Peuples n°251, décembre 2016.

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