Année 2017, année de luttes ! Année de victoires ? édito du n°252, janvier 2017

Publié le : , par  CIIP

Le contexte est difficile : guerres, migrations tragiques, paupérisation accrue, projets électoraux ultralibéraux et réactionnaires... Mais dans ce climat sombre nos luttes, nos projets et nos débats font vivre l’espoir d’une autre société.

La France s’illustre particulièrement dans la course aux armements. C’est le pays dont les ventes d’armes ont le plus augmenté : elles sont passées entre 2014 et 2015 de 8,2 à 16,9 milliards de dollars. Les années à venir seront "fastes" grâce aux 34 milliards d’euros versés par l’Australie pour la construction de 12 sous marins, ce qui devrait faire accéder la France, dixit le ministre de la défense, de la 3e à la 2e place sur le marché mondial des armes ! Les plus gros clients sont l’Arabie saoudite, le Qatar et l’Egypte. La politique commerciale agressive du gouvernement français et la poursuite des guerres au Moyen Orient favorisent les hyper profits des marchands d’armes. Nous réclamons l’arrêt de ces ventes d’armes qui ne font qu’aggraver les conflits et celui des bombardements, notamment en Syrie, en Irak, au Yémen… et nous exigeons de notre propre impérialisme comme de celui des autres pays occidentaux, qu’ils cessent toutes leurs interventions militaires.

L’une des conséquences des guerres est l’exil massif de populations, avec souvent la mort en Méditerranée, dans les déserts et sur les routes, de milliers d’enfants, de femmes, d’hommes, pour le plus grand profit des saigneurs de la guerre soutenus le plus souvent par des gouvernements dictatoriaux et criminels ! Nous combattrons sans cesse ce système politique et économique scandaleux qui permet aux plus riches de bâtir leurs fortunes sur la mort des plus pauvres. Nous voulons une autre politique migratoire : le droit à un accueil digne pour tous et toutes, le droit de circulation, l’ouverture des frontières, le droit d’installation dans le pays de son choix, le droit d’avoir des papiers, sésame pour l’accès à l’emploi et au logement pérenne, bref, le droit d’avoir des droits.

L’INSEE a publié un rapport sur la pauvreté : en 2015, 8,8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté dont 1,9 millions de travailleurs précarisés. L’application de la loi travail, la casse des droits sociaux et de nos biens communs que sont les services publics fragilisent toujours plus les plus pauvres, en les éloignant encore davantage de l’accès à la santé, à la culture, au logement, à l’éducation.

Et dans cette situation sociale angoissante, la peur de l’étranger, faussement présenté comme coupable des désastres causés en réalité par la politique néolibérale, encourage le racisme et le repli sur les fantasmes d’une "identité nationale" dangereuse qui risquent de s’exprimer dans les votes de 2017.

L’espoir vient des luttes. A Grenoble, nous sommes acteurs des résistances qui s’organisent, se croisent et parfois se rassemblent. Les migrants expulsés de camp en camp, comme à Valmy le 14 décembre par exemple, par un Etat coupable et des élus complices ou trop silencieux, ne survivraient pas sans les actes d’auto-organisation qu’ils développent au quotidien ni sans les gestes de fraternité des centaines de personnes qui les accompagnent. D’autres, comme ceux d’Ecopla n’ont pas cessé de se battre pour défendre leur outil de travail et nous appellent avec enthousiasme à agir avec eux en janvier. D’autres encore réquisitionnent les logements vides avec et pour ceux et celles qui sont contraints à dormir dehors.

Toutes ces luttes, que nous soutenons, disent une chose : pour obtenir nos droits, à un travail, un toit, des papiers, à l’égalité, il faut se battre jusqu’au bout, jusqu’à ce que ce système injuste tombe et que nous inventions ensemble le monde dans lequel nous voulons vivre !

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