Valmy : encore le démantèlement d’un camp… La honte !

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Evacuation du camp de Valmy {JPEG}Le mercredi 14 décembre, il ne faisait vraiment pas chaud quand au petit matin les forces de l’ordre ont investi le camp de tentes de Valmy ! Ordre réquisitoire de la préfecture, la municipalité n’aurait été avertie que tardivement la veille. Encore une fois, nous jugions, comme beaucoup de Grenoblois, que ce campement d’une soixantaine de personnes avec enfants, sans eau, ni électricité, ni chauffage n’était pas une solution d’hébergement. En soi c’est déjà une honte. Mais la manière dont l’évacuation s’est effectuée est encore une fois scandaleuse : expulsion sans relogement, deux personnes du CCAS tentent de "rattraper le coup" en cherchant des places d’hôtel pendant que les employés municipaux du nettoyage effectuent un nettoyage radical : matériel, couvertures, matelas, tentes, même un doudou (!) directement dans la benne…

Démantèlement du camp de Valmy {JPEG}Ce qui est passé aussi à la poubelle ce sale petit matin-là c’est le réel niveau d’entraide entre les occupants qui pour certains n’en étaient pas à leur première expulsion et les échanges avec les habitants. Chaque jour des voisins, des habitants de différents quartiers et même d’une autre ville de l’agglomération, des membres d’associations de soutien, venaient discuter, partager un café, aider pour les papiers, apporter des repas chauds ou des médicaments... Toutes ces personnes étaient là, impuissantes, en colère, beaucoup ont compris que la légitimité n’était pas du côté de la préfecture ni même des élus complètement absents. La détermination de leur solidarité en est sortie renforcée, l’idée de réquisition a fait son chemin ce matin-là !

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Evacuation du camp de Valmy
Une tente mise directement à la benne

"Gestion" aberrante face à ces camps qui se forment inéluctablement face au manque voulu d’hébergement pour tous/toutes. De nombreux collectifs dénoncent depuis des années cette "gestion" inhumaine et aberrante de l’exclusion, et demandent que aussi bien l’Etat que les collectivités locales réquisitionnent les bâtiments et logements vides - ce qui est prévu par la loi - et les mettent à disposition des personnes à la rue. Le coût de l’hébergement en hôtel sur une durée d’un mois et demi de cinquante personnes : environ 200 000 euros ! Et si une telle somme était consacrée à réhabiliter quelques bâtiments vides pour les mettre à disposition ? Un combat qu’ont décidé de mener avec opiniâtreté l’Assemblée des Mal Logé-e-s, Droit au logement, la CISEM… A suivre.

A noter les permanences de "Droit au Logement" destinées prioritairement aux personnes/familles des quartiers populaires en situation de mal ou de non logement :

  1. Tous les mardis de 17H à 19H à la Maison des habitants Abbaye-Jouhaux- 1 Place de la Commune à Grenoble
  2. Tous les mercredis de 17 à 19H à la Maison des femmes - nouvelle ère - 37 av. du 8 mai 1945 à St Martin d’Hères
  3. Tous les jeudis de 14H à 16H dans le bâtiment occupé de l’Assemblée des mal logés et sans logement au 6 rue Jay (entrée rue Billerey) à Grenoble. Contacts : Tel 06 41 30 55 18


Article paru dans Inter-Peuples n°252, janvier 2017

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