Contre la politique européenne d’externalisation et de renvoi en Afrique Soudan : savez-vous que l’Europe paye un génocidaire pour empêcher les Soudanais de quitter leur pays ?

Publié le : , par  Jo Briant

Rappel général : l’Europe et ses pays membres ont travaillé de concert avec les pires dictateurs et régimes autoritaires - notamment africains - afin d’empêcher les ressortissants des pays concernés de migrer en Europe, voire de contraindre ces ressortissants, une fois parvenus en Europe, de retourner dans leur pays d’origine, avec les plus grands risques pour leur vie. Ce dernier processus s’appelle "externalisation", processus qui s’accélère à partir de l’automne 2016, au gré des accords avec la Turquie, le Soudan et les pays de la Corne de l’Afrique.

Externalisation : kesako ?

L’externalisation des frontières européennes, c’est quand l’Union Européenne (UE) délègue le contrôle de ses frontières à des pays non européens, pour que ceux-ci participent au filtrage migratoire. Les contrôles sont repoussés sur d’autres territoires, à distance de l’Europe, et les migrations sont rendues le plus difficiles possibles. La guerre aux personnes exilées se construit aussi loin que possible de l’UE.
L’Europe, avec l’appui de certains pays membres comme la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne sont désormais en train de financer, avec l’argent des contribuables européens, des gouvernements des pays de la Corne de l’Afrique - notamment le Soudan Sud, afin, pour reprendre leur langage, "d’endiguer le flux des réfugiés". Parmi ces nouveaux partenaires de l’Europe, il y a notamment l’un des pires dictateurs du monde, Omar Al Bachir, au pouvoir au Soudan depuis 27 ans et reconnu responsable du génocide perpétré contre le peuple soudanais (au moins 1 million 350 000 morts depuis les années 1980). Et c’est un crime que d’empêcher des réfugiés de partir du Soudan, et c’est en flagrante contradiction avec la Convention des Droits de l’homme (1948) dont les pays européens sont signataires. Comme c’est également un crime que de renvoyer des migrants soudanais (ou Érythréens…) dans leur pays d’origine où ils courent les plus grands risques.

Le "processus de Khartoum"

Fin 2015, des dirigeants européens et africains, réunis au Sommet de La Valette (Malte), ont lancé un fonds "d’aide à l’Afrique" d’1,8 milliards d’euros pour "gérer ensemble les flux migratoires", ce qui veut dire bloquer ceux qui tentent de fuir les guerres, les persécutions, la pauvreté.
Ainsi, en 2014, l’UE a signé le processus de Khartoum (capitale du Soudan) qui a permis de verser au Soudan 320 millions au titre de l’aide au développement. Depuis mars 2016, 2 centres de rétention ont été ouverts au Soudan, et des systèmes et du matériel de surveillance et de répression ont été livrés au régime soudanais. Par ailleurs de nombreux Soudanais vivent en France, dont un certain nombre étaient à Calais pour tenter de gagner la Grande-Bretagne. Ils sont terrorisés à l’idée d’être renvoyés dans leur pays où ils courent les plus grands risques. Dimanche 1er janvier, ils se sont retrouvés une cinquantaine - par un froid très intense ! - Place Bellecour, à Lyon, pour expliquer aux nombreux passants leur situation et cette politique européenne…. Nous devons nous opposer, avec eux, à cette terrible banalisation des expulsions de migrants africains vers leurs pays en guerre…

Point de vue sur...

AgendaTous les événements