La gratuité des transports publics, c’est possible ! L’exemple de Dunkerque

Publié le :
  • Débat public avec :

    • Henri Briche, chercheur, en charge, par l’Agence d’Urbanisme de Dunkerque, d’évaluer la mise en place de la gratuité des transports en commun
    • Maxime Huré, enseignant-chercheur en science politique à l’université de Perpignan sur les thèmes des mobilités durables urbaines.

    Venez nombreuses et nombreux pour prendre part au débat !

    Org. Collectif pour la gratuité des transports publics de l’agglomération grenobloise (Collectif composé d’une quinzaine d’organisations syndicales, politiques et associatives.)
    Plus d’info ici

    Grenoble, Maison du Tourisme
    14, rue de la République
    Tram A et B, arrêt "Hubert Dubedout - Maison du Tourisme"

La COP 21 : un coup pour rien ?

La 21ème Conférence internationale de l’ONU sur le climat (COP 21) de 2015 avait
l’objectif récurrent de "sauver le climat". En proposant des mesures pour réduire
les émissions des gaz à "effet de serre" (GES), notamment le gaz carbonique
(CO2). Au-delà des grandes déclarations médiatisées, qu’en reste-t-il ?
Quelles mesures sont-elles prises en France pour réduire la production de ces
polluants ? Alors que l’État est complice de la casse du réseau ferré, promeut la
route ("cars Macron"), ne propose nullement une politique tarifaire favorisant les
transports les moins énergivores, il diminue dans le même temps ses dotations
financières aux collectivités locales. Ainsi, ces dernières sont encore moins inclines
à développer des modes et des usages alternatifs visant à promouvoir les transports
publics collectifs en utilisant le levier de la gratuité.

Le coût de la pollution atmosphérique

Si l’automobile contribue notablement à la production de GES, elle empoisonne
aussi de façon chronique l’environnement proche, les récents pics de pollution
dans la cuvette grenobloise ne font que nous alerter sur la santé publique. Cette
pollution de l’air coûte très cher à la société
. Un rapport sénatorial publié en
2015 intitulé "Pollution de l’air, le coût de l’inaction" indique qu’elle coûterait plus
de 100 milliards d’euros par an à la France (hospitalisation, pensions d’invalidité,
absentéisme, baisses des rendements agricoles, etc.). Ce rapport rappelle que les
particules fines et l’ozone sont, à elles-seules, à l’origine de 42 000 à 45 000 décès
prématurés en France par an, dont plus d’une centaine dans l’agglomération comme
le confirme une étude épidémiologique publiée en juin 2016 ("Impact sanitaire de
la pollution atmosphérique à Lyon et Grenoble et lien avec la défaveur sociale").

Réduire la circulation automobile est une nécessité écologique et sanitaire !
Alors que les maladies liées à la pollution de l’air sont chroniques, attendre le
7ème jour de pic de pollution pour accorder la gratuité, cela ne peut remédier à un
environnement désastreux tout au long de l’année.

La nécessaire gratuité des transports publics

Il est impératif d’agir contre le réchauffement climatique et la pollution de l’air
dans nos villes. Ainsi, ces enjeux environnementaux et sanitaires appellent à mettre
en place des mesures de réduction drastique de la circulation automobile pour
préserver la santé de tous et toutes. De plus, ces mesures auraient un formidable
impact social.
Un développement des transports publics locaux s’impose, allant de pair avec leur passage à la gratuité.
Une trentaine de villes ou intercommunalités en France, comme Aubagne, ont déjà
mis en place cette politique ! Dunkerque le fera en 2018.
À Aubagne (100 000 habitants, Bouches-du-Rhône), la gratuité instaurée en 2009
a favorisé un report modal : ainsi, la fréquentation des transports en commun a
rapidement triplée et 35 % des automobilistes ont abandonné alors l’usage de leur
voiture pour les déplacements quotidiens. Qu’en sera-t-il à Dunkerque dont la
population est le double de celle d’Aubagne ?
La généralisation au plan national de cette mesure d’utilité publique devrait être
l’un des éléments majeurs d’une politique publique des transports urbains qui
inclurait la promotion des "modes doux" de déplacement.
La mobilité est devenue une exigence, un fait de société. Les infrastructures de
transport relèvent du bien commun et leur utilisation un droit comme la santé et
l’éducation. Quand les inégalités sociales sont patentes, la gratuité des transports,
c’est aussi, pour toutes et tous, la liberté de circulation. La cohésion sociale et la
fierté dans ce qu’apporte l’appartenance à la Cité ne seront qu’augmentées avec
l’apport de la gratuité. Mettons les transports en commun au cœur de la
mobilité en développant un transport public universel, accessible à tous
et toutes, dans un ensemble plurimodal.

La gratuité une utopie ? Non, une avancée écologique et sociale !

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