Un autre monde est-il possible sous l’empire états-unien ? édito du n°253, février 2017

Publié le : , par  CIIP

Donald Trump succède à Barak Obama. Faut-il en attendre des changements structurels significatifs dans le rôle et la stratégie des USA sur la scène mondiale ou même en politique intérieure ?

Barak Obama a dû gouverner avec un Congrès dominé par les Républicains, eux-mêmes subissant l’influence du mouvement ultra réactionnaire "Tea party". Au plan intérieur, son projet de protection sociale "Obamacare" a laissé de nombreux pauvres sur le tapis en se transformant en machine à cash pour les assurances privées. Les discriminations et les inégalités sociales qu’il prétendait réduire se sont aggravées et au sortir du krach de 2008 il soutenait avec des fonds publics les grandes banques (comme Goldman Sachs) et certaines grandes industries (comme General Motors), il laissait les couches moyennes et pauvres ruinées par les subprimes.

Sur la scène mondiale, il a retiré l’armée étatsunienne d’Irak et partiellement d’Afghanistan où elle s’était enlisée sans pour autant résorber le chaos créé par les guerres de George Bush dans ces pays, mais il a poursuivi des interventions militaires en Libye, en Syrie et au Yémen avec la complicité des autres pays "occidentaux" (dont la France) qui manifestement ont prolongé les désastres subis par les populations. Plus globalement, le réseau des 750 bases militaires est toujours en place et Barak Obama n’a même pas eu le courage de fermer le centre de torture de Guantánamo comme il l’avait promis. Il a signé le traité de la COP21 censé combattre le réchauffement climatique mais qui peine à se concrétiser. Il a aussi tenté de normaliser ses relations avec Cuba, mais le Congrès s’est obstinément refusé à lever l’embargo contre ce pays.

Au plan financier, la capitalisation boursière des 100 plus grandes firmes mondiales (dont 54 sont étatsuniennes) est à 62% entre les mains d’actionnaires étatsuniens (contre 38% en 2008). Ce processus de concentration du capital se poursuit donc et consolide la puissance impérialiste, commerciale et financière des État Unis.
Donald Trump et le groupe de milliardaires et de militaires qu’il a nommé pour gouverner ne vont sans doute rien changer de fondamental dans les structures profondes du pays. Ils serviront encore mieux les intérêts des plus riches et pour cela ils renforceront les alliances et les moyens militaires extérieurs. Le nouveau Président produira des tempêtes avec Twitter pour affoler la sphère médiatique, dans son style vulgaire, provocateur et raciste mais ne changera rien à un système qui sert si bien ses intérêts et ceux de ses complices.

Un fait nouveau important doit être signalé dans ce contexte : l’émergence du mouvement qui a soutenu Bernie Sanders contre Hillary Clinton. Avec son programme donnant la priorité au progrès social, à un enseignement supérieur gratuit, à la création d’emplois, à une fiscalité plus juste, il a attiré 83% des électeurs démocrates entre 18 et 29 ans, est arrivé en tête dans de nombreux États, avec un score global très proche de celui d’Hillary Clinton. C’est avec eux que nous devrons développer des relations de solidarité.

Ce mouvement de jeunes constitue le cœur des résistances contre l’élection de Donald Trump, affaibli d’avoir été élu grâce au système électoral indirect des États-Unis mais avec près de deux millions de voix en moins que son adversaire. Si l’on ajoute l’abstention de 46%, cela signifie que Donald Trump a été choisi par environ 25% des électeurs potentiels !

Edito publié dans Inter-Peuples n°253, février 2016

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