Justice pour Théo, Adama et tous les autres !

Publié le : , par  Roseline Vachetta

Le 2 février 2017, à Aulnay un policier a violé Théo. Nous sommes révoltés par la violence de ce crime commis par une personne censée représenter la loi et protéger les citoyens.

Ce viol s’inscrit dans un longue suite d’actes délictueux de certains policiers dans les quartiers populaires. Les contrôles d’identité incessants et discriminatoires, les jeunes noirs et arabes sont 20 fois plus contrôlés que le reste de la population d’après Jacques Toubon le défenseur des droits, les propos et actes racistes ou homophobes, le tutoiement systématique, les coups, aujourd’hui les tirs en l’air à balles réelles, la liste d’exactions est longue qui décrit le traitement systématiquement injuste et inhumain réservé aux habitants, surtout jeunes, de nos quartiers populaires. La violence s’étend aux migrants, non seulement chassés de leurs abris de fortune mais de plus en plus souvent victimes de brutalités policières gratuites comme le saccage de leurs maigres biens.

Rassemblement "Justice pour Théo", Grenoble 10 février 2017
"Aulnay pas tout seul !"

L’état d’urgence permanent

Imposé depuis fin 2015, il supprime une grande partie de nos droits et libertés et accroît les pouvoirs de la police. Des policiers qui à plus de 50% s’apprêtent à voter FN à la présidentielle ! L’adoption ce mois-ci d’une énième loi sur la sécurité satisfait toutes les revendications portées lors de leurs manifestations illégales de l’automne : élargissement de la légitime défense qui conduit à un véritable permis de tuer, anonymat des policiers dans certains cas, armement des vigiles, augmentation des moyens pour faciliter les expulsions de migrants, multiplication par deux des peines pour outrages. D’une manière générale l’état d’urgence et les différentes lois sécuritaires ont nettement aggravé les peines, ce qui a pour conséquence de remplir encore davantage les prisons de la misère ! Dans le même temps, l’impunité de la police est immense car le pouvoir a besoin de celle-ci pour contrôler et maintenir une partie de la population qui accepte de moins en moins sa politique antisociale : chômage de masse qui touche jusqu’à 40% de jeunes dans certains quartiers, casse du travail et des services publics, racisme et humiliations...

L’État français hors la loi

La CEDH (Commission Européenne des Droits de l’Homme) a plusieurs fois condamné l’État français pour la surpopulation carcérale, pour les violences à caractère sexuel assimilées à de la torture et la Cour de Cassation l’a condamné en novembre dernier pour discrimination des contrôles d’identité. Mais sans aucune conséquence : rien ne change dans la pratique ! Et, comment accepter que des jeunes soient condamnés à des peines de prison pour délit d’embuscade, un délit "qui permet de condamner quand il n’y a pas d’acte de violence" dit la procureure qui a obtenu cette sanction et qu’un policier violeur et ses complices soient en liberté ?

Le 19 mars, marche pour la vérité et la dignité à Paris

Marche pour la Justice et la Dignité {JPEG}Les familles de victimes (10 à 12 morts en moyenne par an !) des violences policières appellent à une marche pour que justice soit rendue pour Théo, Adama et les autres. De nombreux syndicats, associations, partis appellent à soutenir cette marche, le CIIP aussi appelle tous ceux et celles qui le peuvent à y participer [1].

Article publié dans Inter-Peuples n°254, mars 2017

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