"Un boycott légitime : Pour le BDS universitaire et culturel de l’État d’Israël" Eyal SIVAN, Armelle LABORIE, La Fabrique, 2016

Publié le : , par  Jo Briant

Rappel : le mouvement BDS – Boycott, Désinvestissement, Sanction - a été lancé par des militants palestiniens en 2005 pour s’opposer à la politique coloniale d’Israël en s’inspirant du mouvement de boycott des produits d’Afrique du Sud dans les années 1980. Il consiste à boycotter les productions provenant des colonies et des territoires occupés, et à boycotter les compagnies israéliennes et étrangères opérant dans ces territoires occupés.

Mais, dès 2002, les Palestiniens ont appelé à un boycott non seulement économique mais aussi culturel et universitaire. Appel auquel 120 universitaires européens ont répondu en publiant dans le journal britannique le Guardian une Lettre ouverte cosignée par plus de 120 universitaires, artistes et écrivains, appelant les organismes universitaires européens à suspendre leur collaboration avec les universités et instituts de recherche israéliens. Cette tribune a obtenu rapidement le soutien de 700 universitaires (dont 10 Israéliens), artistes, écrivains, et fut relayée dans vingt pays.

Savoir répondre aux objections qui peuvent paraître justifiées…

Même parmi les partisans du BDS économique il y a des réticences voire une opposition de principe à un boycott culturel et universitaire. Sous l’argument qu’il ne faut pas tout mélanger et qu’on n’aurait pas le droit de s’opposer à des expressions artistiques, musicales, théâtrales israéliennes qui seraient autant de "ponts", au-delà des États, entre les sociétés israélienne et européennes voire palestinienne. Or, ce que décryptent et analysent remarquablement Eyal Sivan et Armelle Laborie dans leur ouvrage "Un boycott légitime", c’est que la principale source d’exportation et d’influence vers l’Occident c’est bien la promotion d’une image, celle de l’"énergie créative", du rayonnement artistique et culturel. Une vitrine qui peut toucher de larges publics et occulter la réalité coloniale.

La réalité est toute autre. Les liens entre l’université et l’institution militaire sont très étroits : recherche de nouveaux armements sophistiqués, des techniques de renseignements, interdiction absolue de toute expression critique, par exemple contre les guerres menées à Gaza. Sans oublier la discrimination dont sont victimes les étudiants palestiniens qui n’ont pas les mêmes possibilités d’inscription, les mêmes droits et sont condamnés au silence sous menace d’exclusion. Oui, la culture, l’art, la science, l’activité universitaire ne sont pas neutres, "innocents" : autant de facteurs de diffusion et de rayonnement d’Israël.

Non, le boycott artistique et universitaire n’est pas un obstacle au dialogue ni un frein à l’action d’une "gauche sioniste" qui reste globalement muette et paralytique. Par contre les universitaires israéliens les plus radicaux, les plus opposés à la colonisation - mais ils sont hélas ! si minoritaires - soutiennent ce boycott culturel et universitaire.

En résumé, le boycott économique et le boycott culturel sont indissociables et complémentaires. Autant d’outils qui peuvent contribuer à l’isolement d’un État colonial et à renforcer la lutte si difficile du peuple palestinien pour la reconnaissance effective de son droit à une terre et à un État indépendant.

JPEGUn boycott légitime
SIVAN, Eyal LABORIE, Armelle - PARIS : FABRIQUE, 2016/10, 200 P.
En annexes :
* Appel palestinien au boycott universitaire et culturel d’Israël (PACBI)
* Appel de la société civile palestinienne au boycott, au désinvestissement et aux sanctions contre Israël jusqu’à ce qu’il applique les lois internationales et les principes universels des droits de l’homme
* Directives PACBI pour le boycott académique international d’Israël
* Directives PACBI pour le boycott culturel international d’Israël
* Sources d’informations sur la campagne BDS.

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