Fin de la trêve hivernale : Lettre ouverte au Préfet de l’Isère copie à à Monsieur Yves Dareau, sous-préfet et à Madame Danielle Dufourg, Directrice de la DDCS (Direction départementale Cohésion sociale)

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Monsieur le Préfet,

Mercredi 29 mars : nous sommes à quelques jours de la fin de la trêve hivernale, ce qui veut dire que les 275 personnes, dont de nombreuses familles avec enfant(s), hébergées depuis la mi-novembre dans le cadre de la trêve hivernale jusqu’au 31 mars, risquent d’être à la rue début avril. Tout au moins à ce jour elles ne sont toujours pas informées de leur sort et nous ont confié leur extrême angoisse. Comment est-il possible qu’à 3 jours de la fin de l’hébergement "hivernal" des centaines de personnes, dont de nombreux enfants, ne soient même pas informées du "sort" qui les attend ?

Sachez, Monsieur le Préfet, que les nombreuses associations, les nombreux citoyens et nombreuses citoyennes solidaires des exclu-e-s, des mal ou non logé-e-s, migrants ou français, se mobiliseront très fortement si par malheur ces 275 personnes, ou une partie d’entre eux ne se voyaient pas proposer un hébergement pérenne, principe pourtant garanti dans la Constitution et dans la loi (loi Besson de 1990, loi SRU de 2000, loi DALO de 2007, art 345-2-2 et article 345-2-3 du Code de l’Action sociale et des familles).

Faut-il vous rappeler - comme vous le rappellent et le dénoncent régulièrement nombre d’associations - qu’on estime à au moins 3 550 en Isère et 1 500 dans l’agglomération grenobloise le nombre de personnes à la rue ou sans solution régulière d’hébergement, ce qui est en soi une honte et un scandale absolus. Nous contestons le concept d’hébergement hivernal alors que toute personne a besoin d’un toit été comme hiver. Nous vous rappelons par ailleurs que vous avez un pouvoir de réquisition - un devoir selon nous - des logements et bâtiments vides ; or il y a au moins 6 000 logements vides, peut-être davantage, en Isère. Il est quand même inouï que lorsque des personnes à la rue téléphonent au 115, numéro d’urgence sociale, pour un toit ne serait-ce qu’une nuit, ils se heurtent dans 99,9% des cas à une fin de non-recevoir !

C’est toute cette politique d’exclusion, de discrimination, de non-logement que nous dénonçons et contestons. Dans l’immédiat nous demandons, exigeons que les 275 personnes/familles hébergées dans le cadre de l’hébergement hivernal soit pérennisées dans leur hébergement. N’ajoutez pas à l’exclusion actuelle des milliers de personnes à la rue une nouvelle exclusion.

Croyez bien Monsieur le Préfet en notre détermination pour obtenir avec les citoyen-ne-s isérois-es un toit pour tous et toutes.

La CISEM (coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants),
le Collectif Hébergement Logement,
l’Assemblée des Mal logés,
le DAL (Droit au logement)
et tant d’autres associations et collectifs

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