Élections… pour quelle démocratie ? édito du n°255, avril 2017

Publié le : , par  CIIP

En avril, mai et juin 2017, le peuple français est invité à aller aux urnes pour élire un nouveau président et une nouvelle Assemblée. Des élections qui se déroulent dans un climat et un contexte de crise économique, sociale, morale sans précédent. Avec certains candidats qui n’hésitent pas à redoubler d’attaques contre les juges et qui esquivent toute critique en osant parler de "tentative d’assassinat politique". Quant au bilan du quinquennat, quelle confiance peuvent avoir ceux qui ont voté pour l’actuel Président et sa majorité alors qu’ils ont tourné le dos à leurs promesses et imposé notamment une loi "travail" qui nie les droits des travailleurs. Tout un climat nauséabond - sur fond de "trumpisation" - qui risque de provoquer une abstention massive mais aussi une propagation des idées racistes et xénophobes.

Mais cette crise politique française n’est qu’un symptôme d’une crise beaucoup plus grave du système dominant actuel. Un système profondément anti-démocratique, dominé et dirigé par une caste oligarchique aux commandes des multinationales et des groupes bancaires, le fameux 1% qui monopolise le pouvoir économique et politique pour son seul profit. Un pouvoir qui impose par exemple via l’Union Européenne une cure terrifiante et inhumaine d’austérité aux Grecs et qui enlève toute autonomie aux peuples. Elle a ainsi imposé en 2005 un traité constitutionnel de libre échange, faisant fi de la volonté exprimée notamment par le peuple français. Nous n’oublions pas par ailleurs la nature profondément anti-démocratique de l’institution présidentielle : le président de la République française détient un pouvoir discrétionnaire en matière de politique extérieure, d’intervention militaire (en Afrique, au Moyen-Orient…). Quant à l’Assemblée nationale, comment oublier qu’elle ne comporte qu’un quart de femmes… et 1% d’ouvriers !

Si l’on veut un système politique véritablement démocratique et qui défende les aspirations et les besoins des plus exploités, il faut repenser complètement à la fois le système électoral - via notamment une assemblée constituante – et le système économique. Avec le refus de la pensée unique, du TINA (ce système néolibéral thatchérien soi-disant inévitable). Pour cela, il faut engager le démantèlement du système productiviste et consumériste qui détruit la planète et les sociétés…

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