Russie : la violence domestique décriminalisée !

Publié le : , par  Jo Briant

Le 7 février 2017, le président russe Vladimir Poutine a promulgué une loi décriminalisant les "coups et blessures" au sein de la famille (à l’encontre de l’épouse ou des enfants), violences qui étaient pourtant sanctionnées par l’article 116 du Code pénal russe. Cette nouvelle loi est entrée en vigueur immédiatement après sa publication, transformant le délit en une simple infraction administrative (!) punie éventuellement par une amende de 30 000 roubles (soit 485 €) ou 15 jours de détention provisoire ou encore 120 heures de travaux d’intérêt général. Selon les autorités cette réforme a pour objectif de "protéger les valeurs familiales"… !

Selon différentes sources, environ 10 000 femmes meurent chaque année en Russie des violences domestiques [1]. Ce qui sous-entend de facto un nombre beaucoup plus élevé de victimes car de nombreuses plaintes ne sont pas enregistrées par la police. Cette dépénalisation des violences domestiques met évidemment en danger la vie et le bien être de milliers de personnes - femmes et enfants -.. De nombreuses manifestations de protestation se sont déroulées en Russie, à Moscou, à Saint Petersbourg, Cheliabinsk et d’autres villes. Le 19 février, un groupe de manifestants s’est rassemblé à Paris sur la Place de la Résistance. Cette manifestation a rassemblé des étudiants de Sciences Po et de la Sorbonne, des membres de l’association Russie-Libertés, d’autres militants et défenseurs des droits de l’Homme russes et français. Les manifestants ont exprimé leur forte inquiétude face à ce grave recul des droits humains en Russie et exigé que toute forme de violence domestique soit considérée comme un délit voire comme un crime qui doit être poursuivi et sanctionné. "Nous combattons pour soutenir les femmes russes, pour faire face à ce recul vers la violence, pour prouver que la violence n’est nullement une tradition de la Russie…", a déclaré une représentante de Russie-Libertés.

Nous nous devons d’apporter notre soutien aux citoyen-ne-s russes qui luttent- dans des conditions très difficiles, comment oublier les nombreux opposant-e-s éliminé-e-s- contre un régime répressif et attentatoire aux libertés. En faisant le lien avec les nombreuses violences et atteintes aux libertés perpétrées par bien d’autres régimes, y compris en France : pensons par exemple aux violences policières…

Article publié dans Inter-Peuples n°255, avril 2017

[1En France, chaque mois six femmes meurent d’agression au foyer, la plupart tuées par leur conjoint, leur compagnon ou leur amant. C’est certes beaucoup moins qu’en Russie mais ces agressions n’en sont pas moins des meurtres absolument intolérables…

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