Les bateaux ivres

Publié le : , par  Philippe Savoye

Jean-Paul Mari, après avoir été kinésithérapeute est devenu grand reporter au Nouvel-Observateur durant une trentaine d’années. Il a ainsi effectué des reportages dans le monde entier, principalement dans des zones de conflit (Érythrée, Afghanistan, Timor, Bolivie, Rwanda…). Sensible à ce qui se passe près de chez nous, il a publié "Les bateaux ivres", sous-titré "L’odyssée des migrants en Méditerranée" !

Cet ouvrage, se lit "comme un roman", avec la passion, de connaître "la suite", comment "les aventures se terminent". Mais il ne s’agit pas de fictions, mais bien de drames humains de migrants qui ont quitté leur village, leur famille, leurs amis pour vivre (ou survivre), chercher un espoir (ou fuir le désespoir), ou tout simplement ne pas mourir. Robiel l’Erythréen, Zachiel l’Afghan ou encore Mahmoud le Syrien, (et bien d’autres), sont là présents, nous pensons les croiser, les voir à travers leur quotidien au fil des mois, au rythme des épreuves, au tempo des tragédies. Parcours de migrants dans une réalité aride, mais retracés avec une émotion à fleur de peau, un sentiment de compassion, une humanité qui interpelle notre regard.

"Trente-cinq ans que je cours le monde et ses tourments. La première fois que j’ai vu l’exode d’une population, en dehors d’une guerre, c’était les boat-people qui fuyaient le régime d’Hanoï. Mais ces migrants étaient des réfugiés politiques et le monde les regardait d’un œil bienveillant.
Avec le temps, l’opinion s’est lassée. J’ai suivi les barques, qui affrontaient le détroit de Gibraltar, les pirogues de la mort pour les Canaries, les zodiacs de Turquie vers l’île grecque de Lesbos, le flot des épaves vers le Canal de Sicile. Jusqu’à Lampedusa. J’ai suivi le sillage de ces bateaux ivres, sur mer et sur terre. Je voulais faire le récit de ces hommes et femmes qui ne voient qu’une seule issue : partir.
Nous, Européens, nous hésitons toujours, entre aveuglement volontaire, compassion et répression. Sans parvenir à définir une attitude réaliste, une politique commune. Pendant ce temps-là, ils partent. Avec la force des désespérés ou des conquérants. Et rien ne les arrêtera.
" (Jean-Paul Mari)

Un creuset pour se forger une soif de solidarité, une envie de se dépasser, une révolte d’humanité !

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L’odyssée des migrants

Article publié dans Inter-Peuples n°253, février 2017

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