Un grand premier mai 2017 ! édito du n°256, mai 2017

Publié le : , par  CIIP

La tradition du 1er mai naît à Chicago en 1886 dans le sang. Suite aux journées de manifestation pour la journée de 8 heures, 4 manifestants, soupçonnés d’avoir posé la bombe qui tua plusieurs policiers, furent pendus, plusieurs autres condamnés à la prison à vie. Le 1er mai deviendra journée internationale de la fête des travailleurs, en 1890. Elle reste au cours de l’Histoire marquée par la radicalité ouvrière et la répression sanglante comme celle des mineurs de Fourmies en 1891. Elle demeure une menace subversive pour le pouvoir. Pétain tente de la détourner au profit d’une fête du Travail qui s’inscrit dans son triptyque réactionnaire "Travail, Famille, Patrie". D’autres gouvernements interdiront les défilés pendant la guerre d’Algérie et jusqu’en 1968. Journée de la fierté ouvrière, des défilés du 1er mai conduits par les syndicats, c’est un moment politique où s’échangent les tracts et les idées, aujourd’hui en France dans une ambiance souvent festive. C’est aussi un temps de retrouvailles chaleureuses entre tous ceux et toutes celles qui souvent participent ensemble à de nombreuses luttes. Tout cela dans un contexte particulier d’année en année : l’agenda social et politique s’invitant avec son actualité forcément immédiate et souvent brûlante, qui donne des couleurs uniques à de nombreux 1er mai.

Ce 1er mai 2017 va aussi être particulier puisque c’est celui de l’entre deux tours de la présidentielle ! Le premier tour a permis, difficilement certes, que s’expriment les positions politiques de onze candidats représentant autant de partis ou de mouvements. Dans ces temps de "clair obscur", mélange de craintes et d’espoirs, les membres du Conseil d’administration du CIIP veulent exprimer ce que représente ce 1er mai pour eux et elles.

D’abord, c’est le moment par excellence de reparler des luttes que nous avons menées ensemble, de les croiser, d’échanger sur les formes nouvelles qu’elles ont su inventer, telles que Nuit Debout par exemple, et de préparer les prochaines. Celles contre la loi travail, contre la finance, la fraude fiscale, contre les violences policières, contre les grands travaux inutiles, la xénophobie, pour l’accueil des migrants, pour le droit au logement de toutes et tous…

Plus que jamais ce 1er mai doit porter une dimension internationale : soutien aux prisonniers et à tout le peuple palestinien, aux manifestants de la Guyane, solidarité avec les peuples colombien, mapuche, grec, syrien... Nous voulons l’ouverture des frontières pour tous ceux et toutes celles qui fuient les guerres ou la misère dans lesquelles les gouvernements impérialistes, dont la France, ont de lourdes parts de responsabilité. Nous voulons la paix, mais nous savons bien que celle-ci ne peut advenir sans la justice sociale, économique, politique, environnementale, ni sans l’égalité des droits entre tous et toutes.

Enfin, ce 1er mai doit affirmer haut et fort qu’il faut refuser tout ce qui nous divise, développe les haines, le racisme, l’islamophobie, le repli identitaire, toutes ces idées d’une extrême droite révisionniste et d’une droite extrême revancharde. Plus que jamais nous devons combattre, dans les urnes, dans les rues et sur les places, les projets réactionnaires et dangereux portés par le FN.

Bon 1er mai à chacun et chacune !

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