2017, justice pour la Palestine ?

Publié le : , par  Anne Tuaillon

L’année 2017 est une année particulière pour la Palestine. Elle marque les 100 ans de la déclaration de Lord Balfour instituant un Foyer juif en Palestine, les 70 ans de la partition de la Palestine par les Nations unies, les 50 ans de l’occupation par Israël du territoire pourtant reconnu par l’ONU comme Territoire palestinien destiné à devenir l’État de Palestine, et aussi les 10 ans du blocus de Gaza.

En Cisjordanie et à Jérusalem Est, le quotidien des Palestiniens est celui d’un peuple vivant sous occupation militaire depuis 50 ans, entravé dans ses déplacements, ne pouvant développer sa propre économie, voyant sa jeunesse bridée, victime d’arrestations et d’enfermements arbitraires, subissant la démolition de leurs habitations, vivant déplacements forcés, dépossessions et injustices depuis 100 ans, subissant la colonisation de peuplement, économique et agricole depuis 50 ans. Rappelons que la colonisation – qui consiste pour une puissance occupante à déplacer sa propre population en territoire occupé - est définie par la 4ème Convention de Genève comme un crime de guerre. Tout comme l’exploitation et le vol des richesses naturelles du territoire occupé : c’est ce que fait Israël en exploitant par exemple les boues de la mer morte pour en faire des produits de beauté (produits Hahava), ou en confisquant les ressources en eau dans la vallée du Jourdain pour y pratiquer une agriculture intensive qui ruine cette région. Ce développement à marche forcée de la colonisation fait que le mitage de ce territoire arrive à un point tel que certains affirment que la politique du fait accompli d’Israël rend la solution à deux États pour ainsi dire inenvisageable. Ce sont maintenant presque 700 000 colons qui vivent sur ces terres confisquées aux Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem Est.

A Gaza, ils sont 2 millions à subir un blocus d’une extrême violence, une punition collective - illégale elle aussi - imposée par Israël depuis 10 ans.

Et n’oublions pas les réfugiés : ils furent 800 000 à être chassés par la force entre 1947 et 1949 – période historique appelée la Nakba au cours de laquelle 531 villes et villages furent détruits - et encore 300 000 en Juin 1967 – la Naksa. Ils sont aujourd’hui 6 millions vivant dans des conditions indignes dans des camps surpeuplés.
D’autres ont renoncé et forment une diaspora très importante.

En Israël, 18% de la population est palestinienne. Les Palestiniens d’Israël, ceux qui ne sont pas partis pendant la Nakba, subissent quant à eux les politiques discriminatoires et racistes qui font d’eux des citoyens de seconde zone.

On le voit, l’évocation de ces dates anniversaires, nous renvoie au quotidien d’un peuple criant justice depuis des décennies. Cette année 2017 est donc une occasion pour accentuer nos interventions envers nos concitoyens et les gagner à la défense de la cause palestinienne. Avec l’AFPS, nous sommes tous les premiers samedis de chaque mois en ville pour présenter un de ces événements et leurs conséquences et appeler à la solidarité.

La campagne BDS est elle un outil particulièrement efficace pour s’adresser à la population, pour faire pression sur les multinationales pour qu’elles se désinvestissent de leurs activités liées à la colonisation et pour exiger de nos dirigeants qu’ils prennent enfin leurs responsabilités en passant du blabla aux actes. Cela passe par des sanctions effectives contre Israël tant qu’il ne respecte pas le droit international. Avec le groupe de coordination BDS de Grenoble, nous avons mené depuis le début de l’année de nombreuses actions notamment dans le cadre de la campagne contre Les liaisons dangereuses de banques françaises avec la colonisation israélienne.
Donc, en 2017, on ne lâche rien, et en 2018, on continuera !

Article publié dans Inter-Peuples n°258, été 2017

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