Algérie - France : lever les hypothèques A la veille du voyage de François Hollande en Algérie

Publié le : , par  Marc Ollivier

Il nous a paru opportun de faire connaître à nos lecteurs, dans l’esprit de notre effort tout au long de cette année pour approfondir les relations de solidarité entre démocrates algériens et français, le texte ci-après publié par le cercle « Nedjma » à Paris le 10 décembre 2012, et signé par de nombreux Algériens et Franco-Algériens de France et d’Algérie.

Le voyage du président François Hollande en Algérie semble avoir pour objectif de donner un nouveau souffle à la coopération entre les deux pays afin de lever toutes les hypothèques qui pèsent sur celle-ci. Sans doute, plusieurs dossiers feront l’objet de négociations.

L’importance accordée aux questions économiques doit aller au-delà de simples contrats industriels et commerciaux. Elles doivent intégrer les données relatives au développement des nouveaux secteurs porteurs de l’économie d’aujourd’hui (biotechnologies, technologies de l’information et de la communication, énergies renouvelables...), en mettant en œuvre de véritables programmes communs de formation, de recherche et de transferts de technologie.

Si, par ailleurs, l’histoire écrite par des Algériens et véhiculée par les médias rejette systématiquement tout ce qui a pu être produit par l’histoire coloniale, et qu’elle n’en retient que les seuls éléments qui permettent d’alimenter une « légende noire », c’est qu’une certaine France se donne toutes les raisons d’une bonne conscience au moindre coût, comme nous le montrent la réactivation des mythes de « l’Algérie française » et la réhabilitation des criminels de guerre. Si nous apprécions les condamnations des massacres du 8 mai 1945 et du 17 octobre 1961, nous estimons que la rupture avec la tradition historique coloniale qu’opère, avec courage, une nouvelle génération d’historiens ne saurait porter tous ses fruits tant que l’enseignement de l’histoire coloniale n’est pas envisagé comme un problème national et que la responsabilité historique de l’Etat français dans le drame algérien n’est pas reconnue. Et, à partir de là, nous l’espérons, l’instruction civique pourra faire son œuvre.

La situation des libertés en Algérie est à bien des égards préoccupante. Nous ne demandons pas aux Français et à leurs gouvernants de se substituer à notre peuple pour instaurer la démocratie. Nous leur demandons de ne pas contrecarrer les espoirs de liberté, de justice et d’amitié entre nos deux peuples, en se portant au secours de l’affairisme, des forces d’oppression et d’exploitation. La liberté et la convergence entre Algériens et Français dans la lutte contre le racisme, la xénophobie et les ressentiments sont à ce prix.

Il faut bien admettre que les relations entre l’Algérie et la France ne se résument pas à des relations entre Etats. On ne peut évacuer la densité des rapports humains, qui impliquent des individus, des familles, des réseaux d’amitié, de syndicats, d’ONG... Les accords sur la circulation des personnes et des groupes se doivent de tenir compte de cette réalité.

A l’initiative du Cercle Nedjma : Madjid Benchikh, Ahmed Dahmani, Mohammed Harbi, Aïssa Kadri.

Premiers signataires :
Mohammed Karim Abboub, psychanalyste, Paris - Faïza Aït Kaci, ingénieur, France - Arezki Aït-Larbi, journaliste, Algérie - Ouali Aït Yahia, universitaire, Algérie - Sanhadja Akrouf, militante féministe, France - Mohammed Aliane, enseignant, Paris - Zineb Ali-Benali, professeur des universités, France - Tewfik Allal, correcteur-typographe, France - Zoubir Arous, professeur, Université d’Alger - Malika Bakhti, ingénieur d’études, CNRS, Paris - Slimane Bedrani, professeur, Alger - Farouk Belkeddar, responsable associatif, France - Yougourtha Bellache, maître de conférences, Université de Bejaïa - Aicha Benabdelmoumène, sociologue, France - Nedjma Benaziza, Architecte, vice-présidente de Vérité et justice en Algérie, France - Mustapha Benfodil, journaliste, Alger - Ali Bensaad, maître de conférences, Université Aix-Marseille - Karim Bessaoud, doctorant en informatique, France - Abderrahmane Bouchène, éditeur, France - Abdelaziz Boudjadja, enseignant chercheur, Algérie - Fatma Boufenik, maîtresse de conférences, Université d’Oran - Omar Bouraba, gérant entreprise, France - Nabil Challal, militant associatif, Paris - Halim Derbal, éducateur spécialisé, France - Nahla Djabi, conseillère juridique, Le Caire - Louisa Dris Ait Hamadouche, enseignante, Alger - Nassera Dutour, porte-parole du Collectif des familles de disparus en Algérie, France - Youcef Fates, maître de conférences, Université Paris-X - Ali Guenoun, doctorant en histoire, Université Paris-I - Djamel Guerid, professeur, Université d’Oran - Mohammed Hachemaoui, universitaire, journaliste, Alger - Mimouna Hadjam, porte-parole de l’association AFRICA 93, France - Fouad Hakiki, enseignant chercheur, Université d’Oran - Mona Harbi, enseignante, France - Mohamed Hennad, professeur de sciences politiques, Alger - Omar Kezouit, informaticien, militant associatif, Paris - Tahar Khalfoune, juriste, Lyon - Nourredine Khellassi, journaliste, Alger - Souad Labbize, romancière, France - Feriel Lalami, sociologue, France - Mehdi Larbi, maître de conférences, Université d’Oran - Karima Lazali, psychanalyste, Alger-Paris - Rachid Malaoui, syndicaliste, président du SNAPAP, Algérie - Adlène Meddi, journaliste, Alger - Arezki Metref, journaliste, Alger-Paris - Nadir Moknèche, cinéaste, Paris - Salah Oudahar, cadre culturel, France - Malika Rahal, historienne, CNRS, Paris - Nourredine Saadi, écrivain, professeur des universités, France - Khaoula Taleb Ibrahimi, professeur des universités, Alger - Wassyla Tamzali, essayiste, Alger - Yassin Temlali, journaliste, Alger - Rachid Tlemçani, professeur, Université d’Alger - Houari Touati, directeur d’études EHESS, Paris - Nesroulah Yous, artiste, militant des droits de l’homme, France - Mohand Rachid Zeggagh, sociologue, France - Rachid Zouaimia, professeur, Université de Bejaïa.

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