Climat : le gouvernement à la traîne… édito Inter-Peuples n°263, février 2018

Publié le : , par  CIIP

S’il est un pays, un gouvernement qui devraient être moteurs pour lutter contre le réchauffement climatique - de plus en plus réel et dramatique - c’est bien la France qui a été à l’initiative de la COP 21 en décembre 2015 à Paris. Conférence planétaire à l’issue de laquelle des engagements ont été pris, notamment en matière de substitution accélérée des énergies renouvelables aux énergies fossiles et nucléaires. Rappel : en 2008, dans le cadre du paquet énergie-climat européen, le gouvernement français s’était fixé comme objectif de booster sa part d’énergie propre à 23% à l’horizon 2020. Ambition renforcée - en paroles - en 2015 avec la loi de transition énergétique : 32% d’ici 2030. Mais les réalisations peinent à suivre sur le terrain… En 2016, selon les dernières statistiques connues du Ministère de la Transition écologique et solidaire – appellation oh ! combien trompeuse - , nous étions au dessous des 18% nécessaires cette année là pour progresser d’une façon fiable vers l’objectif de 2030.

Il faut souligner, avec les organisations anti-nucléaires, que la part prépondérante du nucléaire dans la production électrique freine considérablement la recherche dans les énergies renouvelables. Energie nucléaire dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle présente des risques potentiellement majeurs (Tchernobyl 1986, Fukushima 2011…) et implique l’extraction d’uranium aux dépens de la santé des populations environnantes au Niger par exemple). C’est pourquoi il faut exiger la sortie du nucléaire (civil et bien sûr militaire).

Certes la France ne part pas de zéro en matière d’énergies renouvelables. L’hydroélectrique - qui reste la première énergie propre - est depuis longtemps un socle solide de sa production, mais très partielle et nettement insuffisante. S’il est une énergie renouvelable qui est très peu développée en France, c’est bien l’éolien aussi bien terrestre que marin (off shore). A ce jour, pas une seule installation marine ! alors que la France dispose d’un espace marin exceptionnel et qu’on recense 3600 fermes éoliennes marines en Europe ! Quant à l’éolien terrestre, il est freiné notamment par le pouvoir militaire qui exige que les quatre cinquièmes de l’espace aérien soit exempts de toute installation éolienne, afin de ne pas gêner les exercices quotidiens de l’aviation militaire ! il faudrait développer parallèlement d’autres énergies renouvelables comme le photovoltaïque, les bioénergies, la géothermie…

Mais au-delà du développement des énergies renouvelables, absolument prioritaire, ce qu’il faut remettre en question c’est bien le type de développement productiviste et consumériste dominant, sur fond d’obsolescence programmée, qui nécessite de plus en plus d’énergie et accélère le réchauffement climatique. Faut-il rappeler que le modèle productiviste et consumériste français actuel nécessite chaque année la consommation de trois planètes ! Une véritable lutte contre le réchauffement climatique ne peut être effective que sur la base d’un éco-socialisme : un type d’économie dont la finalité serait la satisfaction des besoins fondamentaux (éducation, alimentation, santé, logement), sans gaspillage, en respectant les écosystèmes fondamentaux. Ce qui implique de tourner le dos au productivisme et au consumérisme. Ce n’est qu’à ce prix qu’il est possible - en France et dans le monde - de stopper réellement le réchauffement climatique.

Rappel : lors de notre dernière Assemblée générale, nous avons ciblé la lutte contre le réchauffement climatique parmi nos priorités en 2018. Nous vous tiendrons au courant des initiatives que nous comptons prendre en ce sens. Ce combat est une priorité absolue pour la survie de l’humanité et de notre planète.

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