Un an de présidence : quelle déception !

Publié le : , par  CIIP

édito juin 2013

Mai 2012 - Mai 2013 : certes, il reste encore quatre ans, mais nous doutons fort que les ruptures et les changements significatifs que nous pouvions attendre du Président François Hollande et de son gouvernement sur le plan des solidarités – aussi bien nationales qu’internationales – soient opérés d’ici 2017. Nous voyons défiler comme avant à Élysée les dictateurs africains corrompus et assassins, les bases et dispositifs militaires français en Afrique, au lieu d’être allégés (nous devons exiger leur retrait pur et simple), ont été renforcés, à l’occasion notamment du conflit malien, le franc CFA qui maintient les économies africaines sous domination n’est pas remis en question, les multinationales françaises (Total, Bolloré, Areva…) qui exploitent sans vergogne les richesses et matières premières des pays du Tiers-Monde dans des conditions sociales et sanitaires inadmissibles continuent à opérer sans un minimum de contrôle gouvernemental, l’Aide publique au développement dont le montant défini par le PNUD (Nations-Unies) devrait s’élever à 0,70 % du PIB reste à un niveau très insuffisant (0,42%).

Sur le plan des droits des peuples, ce gouvernement est pour le moins timoré : aucune pression sur Israël pour qu’il stoppe sa colonisation criminelle de Jérusalem Est et de la Cisjordanie, ni sur l’Union Européenne qui devrait jouer un rôle décisif pour contrebalancer le soutien inconditionnel des Etats-Unis à Israël. Silence assourdissant face à l’occupation chinoise d’une très grande violence du Tibet, à la répression par Poutine de toute opposition y compris des ONG nationales et internationales, face au maintien absolument inadmissible par Barack Obama de la prison de Guantanamo… Aucune remise en question des ventes d’armes – la France est le 4° vendeur d’armes au monde- qui alimentent les conflits et les trafics, du nucléaire civil et militaire : on aurait pu attendre de François Hollande au moins l’engagement d’œuvrer au respect du Traité de Non-Prolifération Nucléaire…. Et tant d’autres silences ou reniements… Sur le plan du développement durable, on ne peut qu’être fortement déçu par le choix du tout nucléaire – la seule centrale de Fessenheim doit être démantelée… en fin de mandat-, par le non développement des énergies renouvelables, par l’extrême timidité de la lutte pourtant si urgente contre le réchauffement climatique…

Enfin, la politique d’asile et d’immigration ne marque aucune rupture – ou si peu !- avec celle menée depuis les années 2000 : la Circulaire Valls de novembre dernier n’a débouché à ce jour que sur un nombre infime de régularisations, la plus grande partie des familles avec enfants scolarisés, des travailleurs sans papiers, des jeunes mineurs ou majeurs isolés sont exclus des critères de régularisation et maintenus dans une situation dramatique de non droit, les camps de Roms continuent à être démantelés sans relogement digne de ce nom… On pourrait parler aussi du refus de renégocier le Traité européen qui plonge les économies européennes dans la récession et enfonce les peuples d’Europe dans l’exclusion économique et sociale, et un chômage de plus en plus massif, alors même que les plus riches deviennent de plus en plus riches… Ces inégalités renforcées créent de la désespérance qui fait le lit d’une extrême-droite à l’offensive partout en Europe, et laisse la rue aux pires expressions (racistes et homophobes).

Nous, citoyen-ne-s français-es, devons nous mobiliser et faire pression sur ce gouvernement pour qu’il s’engage réellement pour une politique sociale, économique, internationale réellement solidaire, durable… en nouant des alliances et des convergences, à Grenoble, en France, en Europe.

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