BatukaVI : avec les Burkinabés et sans les Palestiniens

Publié le : - Date de modification : , par  BatukaVI

Durant les vacances scolaires de février 2018, la Troupe BatukaVI, portée par l’association Afric’Impact, a enfin eu la chance de recevoir la Troupe Batuca’Ouaga, principalement sur le quartier de la Villeneuve de Grenoble, à travers l’Echange Batuk’Alp III.

"Batuca’Ouaga"… sous la neige sourire

Co-créée lors d’un séjour d’enfants de la BatukaVI en février 2013 dans le quartier ouagalais de Gounghin au Burkina Faso, à l’occasion de la 23ème édition du FESPACO, cette batucada (ensemble de percussions brésiliennes de rue) est gérée par René Fidèle Nitiema dit "Fido" au sein de l’atelier artistique Kaam Zoug Bangré, partenaire d’Afric’Impact depuis 1999. Aidé de plusieurs animateurs bénévoles, Fido a fait de ce projet le principal vecteur d’activités de son atelier, pleinement impacté par l’effondrement du tourisme au Burkina Faso avec la montée du terrorisme ambiante. Chaque mois, dans la commune de Ouagadougou mais pas uniquement, la Troupe Batuca’Ouaga sort animer divers événements culturels ou sociaux.

Après une première tentative avortée en 2015, la réciprocité du merveilleux séjour vécu par la BatukaVI sur Ouagadougou (cf. film en ligne) s’est réalisée sur Grenoble, et dans ses environs, au travers d’un accueil qui a été superbement apprécié par nos invités.

En effet, du 17 au 28 février, entre répétitions matinales, découvertes touristiques ou représentations artistiques ensuite et soirées culturelles enfin, les échanges ont été denses et très riches entre ces 7 enfants burkinabés présents et l’ensemble de ceux de la BatukaVI (impliqués par groupe de 7 en rotation). Organisées thématiquement, chaque journée a été le fruit d’intenses moments de partage, de complicité et de rire jusqu’aux derniers instants où les larmes ont été longues à sécher.
Cette connivence a été partagée sur Grenoble, mais aussi sur Echirolles, Pont de Claix, Saint-Martin d’Hères et encore sur le Plateau du Vercors où, forcément, nos jeunes burkinabés se devaient d’aller toucher la neige… et faire de la luge… et batucader dans le froid.

Le froid, ils l’ont aussi connu dans la vallée car leur séjour a correspondu avec la plus grande période de froid vécue en France depuis longtemps. Mais personne n’a été malade et l’implication de nos familles du quartier de la Villeneuve, chez qui dormaient nos partenaires, s’est aussi traduite par le (sur-)équipement vestimentaire dont les Ouagalais ont fait l’objet !

Entre les animateurs ouagalais accompagnants et responsables grenoblois d’Afric’ Impact, nous avons aussi pris le temps de parler d’avenir et de projets, comme celui de créer le Centre Batuca’Ouaga, un espace d’accueil international et de développement de pratiques artistiques et artisanales, en particulier autour de la batucada… bien évidemment !

Février 2018, échange Batuk’Alp III Les Ouagalais

C’est avec le soutien du Service des Relations Internationales de la Ville de Grenoble, et du Dispositif V.V.V.S.I., parrainé par le C.I.I.P., que Séjour au Burkina Faso de février 2013 et Accueil en France de février 2018 ont été rendus possibles, complétés par des prestations musicales assurées par la BatukaVI durant l’année.

"Batuca’Saïda"… restée au Liban sourire

La venue de Batuca’Ouaga en février a été précédée, en janvier, par une visite préparatoire au Burkina Faso assurée par Willy, directeur de BatukaVI, et Jérôme Bayet, plasticien émérite sur nombre de carnavals de l’agglomération mais aussi concepteur de marionnettes géantes sur le Défilé des Tuiles. Leur but était de finaliser la fabrication de deux marionnettes (cf. photo ci-dessous) avec les enfants de l’A.A.Z.K.B., débutées en France en compagnie de Fido pour accompagner leur batucada. Il s’agissait aussi d’y rencontrer le nouveau vice-consul de France en charge du service des visas français délivrés au Burkina Faso. Bien nous en a pris !
Et c’est ce que nous avions aussi fait en février 2017 pour faciliter le séjour des huit jeunes de la BatukaVI échangeant avec des jeunes Palestiniens du camp d’Aïn El Helwé en août suivant au Liban … mais aussi pour préparer la venue de ces dernier sur Grenoble en février 2018.

Batuca’Ouaga, février 2018

Jusqu’à quelques jours du début de l’échange Batuk’Alp III de février, sept enfants palestiniens de la Troupe Batuca’Saïda (batucada ainsi co-créée par BatukaVI au Liban en août 2017 avec des jeunes issus de ce camp de réfugiés sur Saïda où était d’ailleurs encore présent Jérôme et ses marionnettes) et leurs animateurs étaient aussi attendus en France. Ceux-ci n’ont toutefois pas eu leurs visas à temps, qui plus est refusés une fois leur avion parti. Qu’à cela ne tienne, ils étaient réinvités du 7 au 15 avril durant les vacances scolaires suivantes, persuadés que nous étions que nos familles du quartier allaient pouvoir leur offrir un accueil aussi fantastique que celui ainsi reçu par Batuca’Ouaga !

Batuca’Saïda : Khan El Franj

Jusqu’à ce que, le lundi 2 avril, nos amis palestiniens essuient un second refus de visas de la part du Consulat de France au Liban et de son tout nouveau vice-consul… qui a jugé que nos, nombreux, documents fournis n’étaient pas fiables et que le risque était trop grand de voir les enfants palestiniens demeurer en France à l’issue de leur séjour passé en Isère, correspondant à des vacances scolaires libanaises. Car, bien entendu, il était tout à fait dans nos intentions de les arracher à leurs familles, de les adopter, de les déscolariser, de les…

Oscillant entre déception, tristesse et colère, les membres enfants et adultes de BatukaVI vont tout de même tenter une troisième fois, mais à une échéance plus lointaine, de faire venir en France nos jeunes camarades car un échange n’est véritable que s’il y a réciprocité.

"Batuca’Rio" … dans l’émotion

Pour finir sur une note positive, ajoutons que l’échange Batuk’Alp III a bénéficié de la présence rayonnante de la jeune Isis, nouvelle directrice brésilienne de 23 ans de la Batucada d’enfants co-créée par BatukaVI dans la favela de Vidigal sur Rio de Janeiro à l’occasion de nos deux précédents séjours. Ce qui est un peu un comble, non !? Ben oui, qu’une batucada de France contribue à la création d’une batucada au Brésil dans cette favela qui ne disposait pas d’un groupe de percussions d’enfants. Isis a contribué activement à cette belle rencontre en y apportant ses compétences de musicienne, son sourire et sa bonne humeur.

Vous pouvez relire ou découvrir un résumé des échanges Batuca’Ouaga 2013, Batuca’Rio 2014 et 2016 et Batuca’Saïda 2017 dans les pages de votre Inter-Peuples préféré et sur le site du C.I.I.P. D’autres aventures sont à suivre sur notre futur site internet bientôt en ligne. Grand merci au C.I.I.P. de nous accompagner aussi activement sur toutes ces belles rencontres.

Article publié dans Inter-Peuples n°266, mai 2018

Voyager autrement

AgendaTous les événements