Notre Dame des Landes Non aux expulsions et aux destructions - Oui à ce projet collectif solidaire et durable.

Publié le : - Date de modification : , par  CIIP

Le Centre d’Information Inter-Peuples affirme avec force sa totale solidarité avec les centaines de personnes installées depuis de nombreuses années à Notre Dame des Landes, là où devait s’implanter un immense aéroport en remplacement de l’actuel aéroport de Nantes, qui expérimentent des expériences novatrices, alternatives, respectueuses des écosystèmes, de développement, d’agriculture durable. Et ce sur une base collective, solidaire, souvent autogestionnaire. Nous dénonçons la politique de la "terre brûlée" du gouvernement Macron qui a osé envoyer 2 500 gardes mobiles casqués et équipés de boucliers qui n’ont pas hésité à partir du 9 avril – à coups de gaz lacrymogène - à s’avancer coude à coude pour chasser brutalement les occupants de la ZAD et détruire d’abord le lieu symbolique - la bergerie des 100 Noms et de nombreuses constructions, fermes, lieux collectifs. En cherchant à tuer l’espoir, à détruire tout l’avenir qui était en train de se construire.

Avec les habitants de la ZAD et de nombreuses organisations nous dénonçons vigoureusement cette démarche consistant à mettre un coup de couteau sous la gorge des habitants encore non encore expulsés, en enjoignant à tous les occupants d’accepter un modèle de régularisation purement individuel qui opérerait un tri inacceptable entre eux. Alors que sur la ZAD solidarité et dimension collective sont expérimentées chaque jour et sont un des piliers de projets de vie. Une écoute honnête et réelle quant à cette dimension collective du projet porté pour l’avenir de la ZAD est essentielle. Une place doit être laissée à toutes ces activités qui ont un caractère agricole, mais aussi artisanales, culturelles, sociales, ainsi qu’à l’ensemble des habitats. C’est ce maillage d’activités qui fait la richesse de ce lieu exceptionnel, un espace rural vivant, un lieu expérimental, à cultives, une singularité à préserver.

Nous ne pouvons pas croire que le gouvernement s’enferme définitivement dans une logique martiale, brutale, destructrice, en méprisant le soutien non seulement local mais aussi national et même international dont bénéficie cette expérience.

Avec les habitants de la ZAD, nous demandons, exigeons que les autorités (gouvernement, préfète…) :

  • retirent le dispositif militaire pour permettre des discussions apaisées ;
  • laissent la porte ouverte aux projets de prise en charge collective des terres de la ZAD par celles et ceux qui l’habitent.

Ce gouvernement doit enfin admettre que d’autres modèles de schémas sociétaux sont souhaitables et possibles. Et que des projets d’agriculture innovants et durables sont à expérimenter, et que la répression aveugle ne peut avoir de place dans une société équilibrée et démocratique.

Le 23 avril 2018

Communiqué publié dans Inter-peuples n°266, mai 2018

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