Mai 2018 : quelle autre société voulons nous ?

Publié le : , par  Marc Ollivier

Les projets d’Emmanuel Macron sont partout contestés : Aujourd’hui en France, la crise sociale est profonde, l’état d’esprit de la population de plus en plus lucide et les enjeux de société véritablement révolutionnaires.

C’est la crise générée par la politique néolibérale orchestrée par les dirigeants actuels de l’Union européenne et dans le monde entier qui a levé le rideau : les projets macroniens sont tous inspirés par ce terreau idéologique et menacent l’équilibre des institutions construites depuis la seconde guerre mondiale.

Ces projets sont donc destructifs, comme on le voit dans le cas exemplaire de Notre Dame des Landes, où Macron envoie 2 500 gendarmes pour détruire les constructions de 200 "zadistes" qui expérimentent d’autres façons de vivre ensemble, de produire et d’échanger. Les ravages provoqués par de tels programmes dans notre société peuvent se mesurer par le nombre et la détermination des conflits sociaux en cours : avec les retraités, dans les hôpitaux, les EHPADS, la Poste, les institutions judiciaires, dans toute la Fonction Publique menacée d’un plan de 120 000 licenciements, à Air France et à Carrefour, etc. et bien sûr à la SNCF qui par son poids dans la vie des citoyens fédère autour de la grève des cheminots les protestations multiples d’un peuple qui s’appauvrit, souffre du chômage, de la précarisation massive des emplois et cherche à comprendre les racines de cette politique d’austérité et de saccage des services publics.

Nous voyons que Macron et ses ministres se refusent à entendre les protestations des travailleurs, de la jeunesse et des masses populaires. Nos gouvernants prétendent "aller jusqu’au bout" de leurs pseudo "réformes" qui ne sont que des confiscations et des accaparements en faveur des plus riches. Mais leurs méthodes de "passage en force" ne font que refléter la faiblesse de leur base sociale car la majorité absolue des "en marche" à l’Assemblée nationale est trompeuse : Macron n’a été élu que part une minorité du corps électoral (43% des inscrits au 2ème tour) et il faut retirer de son score le vote des électeurs désireux surtout de s’opposer à Marine Le Pen. Du coup, n’ont vraiment voté pour les projets de Macron que le quart ou même le cinquième des électeurs inscrits.

Nous, citoyens français de 2018, sommes donc les acteurs d’un affrontement très profond entre deux orientations politiques inconciliables. Pour notre part, au CIIP :

  • Nous voulons des services publics appartenant aux citoyens et gérés collectivement au profit du bien commun, et non livrés aux intérêts privés et soumis à la loi de la concurrence et du profit individuel. C’est à dire dans l’éducation, les universités, la justice, les forces de l’ordre, la poste, les réseaux sociaux et naturellement dans le système ferroviaire, acteur-clé de l’égalité entre les citoyens et outil privilégié pour l’aménagement du territoire.
  • Nous voulons également des institutions et des moyens publics pour réguler l’industrie et le commerce international de la France en faveur du bien commun de ses citoyens, et non pour abandonner aux dérives des marchés internationaux de capitaux privés, de biens et de services. En particulier nous ne voulons plus que la France vende des armes aux dictateurs, surtout lorsqu’ils s’en servent pour massacrer des populations civiles par milliers comme le roi Salmane d’Arabie Saoudite le fait au Yémen.
  • Nous voulons enfin prendre au sérieux la défense de l’environnement et le contrôle du réchauffement climatique en sortant définitivement des énergies nucléaires et carbonées et en régulant strictement les activités économiques qui participent aux désastres écologiques (pollutions, affaiblissement de la biodiversité, etc.) ; et non l’obstination de nos gouvernants à maintenir et même augmenter les centrales nucléaires, à multiplier les traités de libre-échange qui sont de véritables étouffoirs des petits producteurs et des activités favorables à la défense de l’environnement.

Nous voyons les organisations syndicales et de nombreux partis et associations manifester leur volonté d’agir pour le changement radical d’orientation dont la France a besoin pour rester fidèle à ses principes républicains (liberté, égalité, fraternité). Les rassemblements unitaires se multiplient sous divers mots d’ordre "Stop Macron le 14 avril", "journée interprofessionnelle de grève le 19 avril", "Fête à Macron le 5 mai" ou "Pour les services publics le 22 mai" à l’occasion desquels de grandes masses de citoyens manifestent ou vont manifester leur volonté de changement. Nous sommes solidaires de ces mouvements. Il s’agit d’une volonté populaire pleinement consciente de ses aspirations républicaines, décidée à "dégager" les partisans d’une petite minorité de très riches qui s’accrochent désespérément aux principes dépassés et dangereux pour tout le monde de l’idéologie néolibérale. Une volonté populaire décidée à œuvrer pour une autre société basée sur une vraie démocratie et la recherche du bien commun, sur une économie écologiquement saine et durable, et sur une politique de solidarité et de coopération avec les autres peuples.

Article paru dans Inter-Peuples n°266, mai 2018

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