Victimes des politiques économiques et sociales. Victimes des politiques de l’émigration

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Des milliers de Tunisiens essaient de fuir leur pays par tous les moyens... Des milliers à mourir en mer pour arriver en Europe : Solidarité avec les victimes des politiques des politiques de l’immigration en Tunisie.
Nous relayons cet appel à un rassemblement à Paris le vendredi 8 juin.

Le spectacle désolant de morts en mer méditerranée se répète dans l’indifférence !

Encore une fois, le samedi 2 juin 2018, une embarcation clandestine a chaviré au large des îles Kerkenna. Le bilan est terrible : plus de 48 personnes sont mortes. Et si 68 autres ont pu être sauvées, on ne connait toujours pas le nombre des disparus.

Les chiffres de l’émigration non-règlementaire, qui se sont emballés ces derniers temps, sont symptomatiques de l’ampleur de la crise économique et sociale dans laquelle s’enlise la Tunisie.

Selon les estimations du FTDES [1], le nombre des migrants en 2017 dépasse les 15000 personnes dont 6151 ont été interceptées par les autorités italiennes et 3178 ont été empêchées d’embarquer. Les autres ont pu atteindre les côtes européennes sans passer par un contrôle officiel.

Lors du premier trimestre 2018, il y a quelques 3000 tentatives de traversée des frontières soit dix fois plus qu’au cours du même trimestre en 2017. Nous tenons à souligner la gravité de la crise économique et sociale et nous déplorons le peu de cas que font les autorités sur l’ampleur du drame et ses répercussions sur la situation sociale et de la jeunesse du pays qui semble vivre dans un tunnel obscur et ne rêve que d’une seule chose : quitter le pays par n’importe quel moyen à la recherche d’une vie meilleure.

Ce rêve, qui se transforme trop souvent en cauchemar, n’est pas seulement celui des laissés pour compte de notre jeunesse mais aussi de plus en plus de jeunes dotés de compétences techniques et scientifiques élevées.

Les associations démocratiques de l’immigration expriment à l’occasion de ce rassemblement leur profonde tristesse devant la perte des victimes et présentent leurs condoléances les plus attristées à leurs familles, en formulant l’espoir de salut pour les personnes portées disparues. Nous r rappelons encore une fois les autorités à fournir aux familles, le plus rapidement possible, toutes les informations concernant les victimes et les disparus et à assurer aux survivants l’assistance psychologique nécessaire. Le tragique précédent du 8 octobre 2017, dans toutes les mémoires, ne doit pas être répété.

Nous exhortons le gouvernement tunisien à renoncer à l’approche sécuritaire de l’émigration non-réglementaire, et à s’atteler au démantèlement des filières clandestines et à la poursuite des passeurs. Ce contexte dramatique doit également nous conduire à réviser les modalités de la coopération avec l’Union européenne fondée sur le tout-sécuritaire et la fermeture des frontières. On ne peut indéfiniment surseoir aux politiques de développement véritables qui tiennent avant tout compte des aspirations de la jeunesse à la dignité et à la justice sociale.Nous tenons à rappeler, une fois encore, le coût social de plus en plus lourd des choix économiques actuels et à attirer l’attention des gouvernants sur les dangers de cette politique du désespoir organisé qui laisse de larges catégories de jeunes face à un horizon bouché sans autre issue que le départ au risque de leurs vies.

Solidarité avec les victimes des politiques de l’immigration en Tunisie

Premiers Signataires : Association Démocratiques des Tunisiens en France ADTF, Association des Tunisiens en France ATF, AIDDA, Collectif 3 C, Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie CRLDHT, Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives FTCR, Réseau Euro-maghrébin Culture et Citoyenneté REMCC, Union des Tunisiens pour une Action Citoyenne UTAC

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