Empêcher à tout prix Israël de bombarder l’Iran - Pour un monde dénucléarisé

Publié le : , par  CIIP

édito novembre 2012

Le 25 septembre dernier Benyamin Netanyahou, Premier ministre israélien, a menacé indirectement, devant l’Assemblée générale des Nations Unies, de bombarder l’Iran si l’on n’arrivait pas à stopper immédiatement le programme d’enrichissement de l’uranium ouvrant prochainement, selon lui, à la détention par l’Iran de l’arme nucléaire. Autrement dit, Netanyahou n’exclut pas – simple menace ou risque réel ? – de se lancer et de lancer le monde dans une aventure folle et terriblement meurtrière dont les conséquences désastreuses seraient incalculables. Profondément imprégné par l’idéologie messianique selon laquelle Israël est une nation "à part" qui n’a de compte à rendre à personne et dont l’existence est gravement menacée par cet "axe absolu du mal" qu’est le régime islamique iranien, Netanyahou est capable – on ne peut exclure une telle folie – de mettre cette menace à exécution.

Faut-il rappeler qu’Israël est le seul Etat du Moyen-Orient à posséder l’arme nucléaire, qu’il est le seul Etat nucléaire à ne pas avoir signé le TNP [Traité de Non Prolifération Nucléaire] et à n’avoir jamais été inspecté par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Il est plus que temps – si ce n’est pas trop tard – de contraindre Israël à un contrôle de son arsenal nucléaire et à la signature du TNP. Mais il faut surtout dans l’immédiat que la communauté internationale – dont bien sûr les Etats-Unis – s’oppose fermement, sans aucune ambiguïté, à une telle stratégie de la terreur. Ce n’est pas en imposant des sanctions de plus en plus draconiennes – comme s’y emploient actuellement les grandes puissances, notamment les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France – qu’on résoudra une situation aussi explosive. De quel droit ces puissances nucléaires interdisent-elles à l’Iran toute capacité nucléaire, sans remettre en question l’arsenal nucléaire israélien ? Il y a là une différence de traitement absolument inacceptable.

Le régime islamique iranien est à l’évidence tyrannique et liberticide, mais l’Etat israélien, colonialiste, est-il si démocratique ? La seule issue possible est une négociation, par étapes, vers une dénucléarisation d’abord de cette région du Moyen-Orient, ensuite de la planète. C’est ce que peut permettre la Conférence d’Helsinki de 2013 de révision du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Encore faut-il à la base une volonté politique déterminée de la part des grandes puissances nucléaires d’engager une démarche de désengagement nucléaire généralisé, ce qui implique une très forte pression sur Israël pour le forcer à venir à la table de négociation. Sinon, on doit se préparer à un Moyen-Orient de plus en plus dangereux, qui l’est déjà du fait du refus par Israël de toute solution politique du problème palestinien. Une provocation est vite arrivée qui peut enclencher un conflit armé aux conséquences incalculables assurément gravissimes.

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