Maison latina

Publié le :

"Un jour, nous aurons une maison de l’Amérique Latine à Grenoble..."

Présentation de l’association parue dans Inter-Peuples n°185 (mars 2010) : entretien avec Marcos Alegria, Président

Quand a été créée Maison Latina ?
Marcos Alegria : Avant toute explication, "Maison Latina" est la volonté des Latino-américains, Français et amis de l’Amérique Latine, de créer une dynamique interculturelle et d’échanges sur les réalités et la mémoire de l’Amérique Latine, dans le milieu dauphinois. Il est important de rappeler que la communauté latino-américaine dans l’Isère est très nombreuse, essentiellement à Grenoble et dans son agglomération (plus de 3000 familles). Depuis les années noires de l’Amérique Latine cette communauté n’a cessé de s’accroître : rappelons-nous la succession des coups d’États et l’instauration des dictatures militaires qui ont suscité la solidarité internationale et l’accueil de milliers d’exilés politiques (1964 : 64 coup d’État au Brésil, 1973 au Chili et en Uruguay, 1976 en Argentine). Aujourd’hui, si le rétablissement de la démocratie en Amérique Latine a heureusement tari l’afflux des réfugiés politiques, d’autres latino-américains sont arrivés ou arrivent encore dans ce pays pour des raisons diverses : études, travail, mariage, raisons économiques, familiales… Nous formons une même et grande famille qui a besoin de renforcer ses liens pour se retrouver et pour mieux rayonner autour d’elle.
Nous existons en tant qu’association 1901 depuis juin 2009. Après plusieurs réunions et discussions en amont nous avons réussi à définir nos objectifs en tenant compte de la diversité de la communauté. On peut les résumer ainsi : La création de MAISON LATINA en juin dernier à l’initiative de Latino-américains et Français a pour objectif d’assurer la diffusion et la promotion des cultures latino-américaines et de développer des actions avec les peuples d’Amérique Latine. Elle souhaite également présenter des modules d’activités, de loisirs et de connaissances du monde latino-américain. Afin de proposer un lieu de rencontres, de réflexion et de concertation sur les bases de la solidarité entre les peuples, Maison Latina cherche obtenir un lieu physique approprié, où la communauté latino-américaine et ses amis pourront se réunir, développer leurs qualités artistiques, sportives ou autres. Nous projetons un lieu convivial, un terrain d’échange et de brassage d’idées et de propositions. On ne veut nullement être une association concurrente, qui se rajouterait à celles existantes, et elles sont nombreuses dans l’agglomération grenobloise. Au contraire, nous désirons partir du dynamisme qu’engendre chacune d’entre elles afin que toute la communauté latino-américaine et ses amis en soient les bénéficiaires. On se veut complémentaire dans le milieu de la solidarité internationale avec l’Amérique Latine.

Quelle sont les raisons de cette création ?
M.A. : Il n’existe pas de Casa Latina ou un point qui rassemble la communauté latino-américaine, un lieu physique qui nous identifie ou nous rassemble, la bâtir est notre défi ; dans la région grenobloise on a l’espace mais pas le lieu pour s’exprimer.
Est-ce une question de reconnaissance insuffisante de la part des autorités politiques de Grenoble et de son agglomération ? Peut être, depuis plus de 30 ans on participe à la vie associative de la région par des expressions diverses, mais c’est la première fois qu’on se présente en tant que communauté latino-américaine auprès des différentes Mairies qui ont répondu à notre demande. Et c’est la première fois, que nous sommes unis dans une même instance associative, mais cette problématique se présente aussi pour les autres communautés, il n’existe pas une sorte de Maison des associations Internationales, et il est très difficile de trouver un local disponible pour développer certaines activités.

Est-ce que "Maison Latina" est une association à but exclusivement culturel ?

M. A. : Non pas du tout, notre originalité permet de développer aussi la diffusion des réalités de l’Amérique Latine et de mettre l’accent sur notre devoir de mémoire envers l’histoire et les hommes qui ont lutté et luttent encore pour les libertés sur notre continent. Ce n’est pas fini ! Nous sommes en pleine évolution politique et sociale, des nouvelles alternatives naissent et il faut les soutenir, diffuser ces expériences, il faut rester en alerte (le Honduras est là pour nous rappeler que toute menace contre les démocraties récentes est possible).

Quels types d’activités, d’initiatives prévoyez-vous à court ou moyen terme ?
M. A. : N’ayant pas de locaux disponibles, il est difficile de proposer un programme d’activités précis, mais on se projette avec les disponibilités que nous offre le milieu associatif de la région. D’une façon régulière on continue avec nos Tertulias (lecture en espagnol de textes d’écrivains ou poètes latino-américains), la prochaine est prévue pour le 2 mars à la MJC les Allobroges, on travaille avec la mairie de St Martin d’Hères sur le projet d’un Festival de Ciné latino-américain prévu pour la période 2010/2011. Tout au long de l’année on proposera des rencontres avec des écrivains latino-américains, nous projetons une exposition d’un artiste peintre colombien. Le 20 mars nous participons dans le cadre du Collectif Honduras à l’organisation d’une Soirée à St Martin d’Hères. Le 13 mars, on organise la projection du DVD "Terre de Refuge" plus un montage audio/diapo réalisé par des jeunes latino-américains dans les années 82/83. Toutes ces initiatives et ces activités vous pouvez les retrouver sur notre site web.

Organisations locales

AgendaTous les événements