Lampedusa… quelles politiques migratoires ? Quelle Europe ?

Publié le : , par  CIIP

édito décembre 2013

Lampedusa, Malte, ces îles qui résonnent la mort depuis quelques jours, depuis des années en réalité… Ces îlots perdus au milieu de la Méditerranée, à quelques miles marins des côtes africaines, sont les portes de l’Europe pour les migrants qui fuient la misère. Il a fallu que des femmes et des hommes désespérés y trouvent la mort, parce que leur embarcation a chaviré, pour que certain-e-s responsables prennent conscience qu’ils avaient préféré prendre le risque de perdre leur vie et celle de leurs enfants plutôt que la perdre en restant chez eux. Car c’est la réalité : cette effroyable autant que permanente tragédie nous renvoie à un immense désordre du monde, tant économique, social que politique.

L’indifférence, les murs, les barbelés, les camps d’internement, la délivrance plus que restreinte de visas, les limitations du droit d’entrée et de séjour, la méfiance vis-à-vis de l’étranger : voici, pour l’instant, la réponse de nos gouvernants européens – notamment français - face à ce défi tragique qui nous est lancé en permanence. Certes, toujours en France, l’enfermement des enfants a été abandonné au profit de l’assignation à résidence des familles, ce qui permet à l’administration de les garder "sous la main" et de les expulser plus rapidement. Une Circulaire en trompe l’œil prise par Manuel Vals en novembre 2012 est si restrictive qu’elle exclut des milliers de familles avec enfants scolarisés et de travailleurs au noir.

Il est impératif que les Etats européens rompent avec ces politiques répressives, s’attaquent en amont aux causes économiques et politiques des migrations, qu’il s’agisse par exemple de la dette du Tiers-monde qu’il faut enfin annuler, ou du pillage des ressources naturelles – comment ne pas penser par exemple aux ressources halieutiques littéralement épuisées par les bateaux usines français, espagnols, russes, japonais -, sans parler des gouvernements dictatoriaux que nos Etats continuent à soutenir…

Seule une vraie politique du développement pour tous permettra de reconnaître et d’appliquer le droit à la libre circulation des personnes, pourtant stipulé par l’article 13 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948. Quant aux Roms, stigmatisés par les autorités les plus élevées, ils sont évacués régulièrement de leurs squats, en violation de la Charte sociale européenne. Il est plus qu’urgent qu’ils aient enfin accès au droit commun, au travail, au logement, à la santé…

Nous nous permettons de conclure par ces vers de Georges Moustaki :

Il y a l’odeur du sang qui flotte sur ses rives
Et des pays meurtris comme autant de plaies vives
Des îles barbelées, des murs qui emprisonnent,
Il y a un bel été qui ne craint pas l’automne
En Méditerranée.

Dans ce bassin, je jouais lorsque j’étais enfant
J’avais les pieds dans l’eau. Je respirais le vent.
Mes compagnons de jeux sont devenus des hommes,
Les frères de ceux-là que le monde abandonne,
En Méditerranée

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