Le peuple veut ! Une exploration radicale du soulèvement arabe

Publié le : , par  Marc Ollivier

Ce livre constitue une référence majeure sur le processus des soulèvements populaires qui secouent tous les pays arabes depuis l’irruption du slogan qui a donné son titre à l’ouvrage. L’auteur caractérise d’abord tous les aspects du "développement bloqué" et des modalités spécifiques du capitalisme dans ces pays, en insistant sur les facteurs politiques particuliers à la région : la "malédiction du pétrole", l’exception despotique arabe, le rôle des partis "islamiques", les monarchies du Golfe et leurs chaînes de télévision, surtout Al Jazeera. Analysant les acteurs de ces soulèvements, notamment le mouvement ouvrier et les luttes sociales qui les ont précédés, il dresse des "bilans d’étape" pour les pays les plus touchés : Tunisie, Égypte, Yémen, Bahreïn, Libye et Syrie. Les derniers chapitres sont consacrés à l’analyse des dynamismes à l’œuvre dans ces soulèvements : le rôle de Washington et des Frères musulmans, les différences entre "tsunamis islamiques" en Iran, en Égypte, en Tunisie et en Turquie.

Le peuple veut : Une exploration radicale du soulèvement arabe / ACHCAR, Gilbert. - ARLES : ACTES SUD ; SINDBAD, 2013/02. - 432 P.. - (L’ACTUEL) .

Le peuple veut ! {JPEG}Ce slogan, né en Tunisie en décembre 2010 après le suicide du jeune Bouazizi est un vers célèbre du poète Aboul Qacem al-Chebbi intégré à l’hymne national tunisien. L’ouvrage de Gilbert Achcar, professeur franco-libanais enseignant à Londres, constitue une référence majeure sur le processus des soulèvements populaires qui secouent tous les pays arabes depuis l’irruption de ce slogan. L’auteur caractérise d’abord tous les aspects du "développement bloqué" et des modalités spécifiques du capitalisme dans ces pays, en insistant sur les facteurs politiques particuliers à la région : la "malédiction du pétrole", l’exception despotique arabe, le rôle des partis "islamiques", les monarchies du golfe et leurs chaînes de télévision, surtout El Djezira.
Analysant les acteurs de ces soulèvements, notamment le mouvement ouvrier et les luttes sociales -souvent occultées - qui les ont précédés, il dresse des "bilans d’étape" pour les pays les plus touchés : Tunisie, Égypte, Yémen, Bahreïn, Libye et Syrie. Les derniers chapitres sont consacrés à l’analyse des dynamismes à l’œuvre dans ces soulèvements : le rôle de Washington et des Frères musulmans, les différences entre "tsunamis islamiques" en Iran, en Égypte, en Tunisie et en Turquie.
Finalement, après avoir montré pourquoi les partis "islamistes" ont des objectifs qui les rendent incapables de résoudre les problèmes économiques et sociaux à l’origine des révoltes arabes, Gilbert Achcar soutient que ces problèmes ne pourront être résolus que par une coupure nette avec le modèle néolibéral, permettant de mettre ou remettre l’État et le secteur public au poste de commande d’un développement national. Observant que ces peuples continuent à se battre dans les rues pour leurs revendications de liberté, de dignité et de justice, il ne croit pas que ces millions d’hommes et de femmes puissent être convaincus de rentrer chez eux sans avoir rien obtenu.
L’ouvrage comprend de nombreuses notes très documentées et une abondante bibliographie.
Marc Ollivier

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