Syrie : un désastre… quelles solidarités ?

Publié le : , par  CIIP

édito février 2014

Rappel : c’est en mars 2011 que le peuple syrien a rejoint le mouvement de contestation qui avait déjà fait tomber les présidents tunisien et égyptien. Un mouvement aux mains nues les premiers mois. Mais face à la terrifiante répression perpétrée par l’armée du dictateur Bachar El-Assad – à coups de mortier et de bombardements de plus en plus massifs – les manifestants ont bien dû se défendre en prenant les armes. Le bilan de cette répression qui s’est transformée en guerre civile : au moins 140 000 morts, des milliers et des milliers de blessés, d’amputés, de brûlés, de torturés, de prisonniers. Au moins deux millions de réfugiés à l’extérieur (Liban, Turquie, Jordanie, Europe…), en Syrie même une grande partie de la population survit dans des conditions effroyables : camps de toile, quartiers dévastés, menaces permanentes de bombardements, malnutrition proche de la survie…

Depuis avril 2011 le CIIP a appelé – en lien étroit avec des Syriens de Grenoble – à de nombreux rassemblements et rencontres solidaires, au cours desquels nous avons essayé – au-delà de l’affirmation répétée de notre solidarité – d’analyser la situation qui s’est effectivement complexifiée. Faut-il préciser que le régime de Bachar El Assad a très vite affirmé que l’opposition était plus ou moins téléguidée par des courants djihadistes, envoyant ainsi un message à l’Occident : Ne faîtes pas d’erreur, nous sommes vos alliés, vous devez nous soutenir contre les Djihadistes. Argument falsificateur qui présente le régime de Bachar El Assad comme un rempart à la fois contre les Islamistes et l’impérialisme nord-américain… La réalité est tout autre : d’une part il faut rappeler que le système de Bachar El Assad a été corrompu depuis longtemps, qu’un clan très proche de Bachar a très vite contrôlé la moitié de l’économie, qu’un tiers de la population se trouvait dans les années 2008-2010 au-dessous du niveau officiel de pauvreté. D’autre part, selon de nombreux rapports, s’il est vrai qu’il y a des groupes djihadistes armés (financés notamment par le Qatar, l’Arabie Saoudite, tandis que le régime de Bachar El Assad est soutenu par le Hezbollah libanais, l’Iran et bien sûr la Russie…), la majorité de l’opposition est essentiellement populaire et lutte avant tout pour un régime démocratique, plus égalitaire, non corrompu.

Alors, que faire ? Certes, nous nous sentons terriblement impuissants face à cette tragédie. Nous avons refusé d’ajouter la guerre à la guerre face aux menaces occidentales de bombardements suite aux bombardements chimiques déversés sur la population. Nous devons affirmer et réaffirmer sans cesse notre solidarité avec le peuple syrien, bâtir des liens avec la composante progressiste de l’opposition, nous opposer à la propagande du régime autant qu’à celle de Moscou. Et bien sûr maintenir et renforcer nos liens avec nos amis syriens de Grenoble. Nous sommes ouverts aux propositions concrètes qui pourraient émerger…

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