En finir avec ces inégalités de plus en plus injustes !

Publié le : , par  CIIP

édito mars 2014

En novembre 2013, le Forum économique mondial a publié son rapport sur les inégalités dans le monde. Savez-vous que près de la moitié des richesses mondiales sont maintenant détenues par seulement 1% de la population ? Que la moitié la moins riche du monde – soit 3 milliards 300 millions de personnes – possède à peine la même richesse que les 85 personnes les plus riches du monde ? Qu’aux Etats-Unis, les 1 % les plus riches ont confisqué 95% de la croissance post-crise financière depuis 2009, tandis que les 90% les moins riches se sont appauvris ? En France, alors que le nombre de chômeurs et d’exclus sociaux augmente chaque jour, que les Restos du Cœur voient affluer de plus en plus de personnes sans ressources, les entreprises du CAC 40 ont versé l’an dernier 43 milliards d’euros à leurs actionnaires, soit 4% de plus qu’en 2012. La liste des enrichissements indécents et des inégalités de plus en plus extrêmes est si longue… Mais dans quel monde sommes-nous ? Alors que la quantité de richesses et de biens a été multipliée par 20 depuis 1960, le monde n’a jamais été aussi inégal, au point qu’un milliard d’habitants souffrent de la famine, et que trois milliards d’êtres humains n’ont pas accès aux sanitaires, ou encore qu’un milliard et demi de personnes survivent difficilement dans des bidonvilles…

En tant qu’association de solidarité internationale, le CIIP s’est fixé comme objectif fondamental, en lien avec de nombreuses organisations solidaires, au-delà de la dénonciation :

  • d’analyser les causes économiques et politiques d’une injustice aussi extrême et d’avancer des propositions,
  • de relayer les campagnes d’action citoyenne pour une autre répartition des richesses (pétitions, lettres, rassemblements, marches…) en direction du gouvernement français, du FMI, de l’OMC, de l’Union Européenne, des multinationales. Nous voulons rappeler un certain nombre d’urgences et de priorités, et souligner les responsabilités qui sont les nôtres (entre autres comme électeurs citoyens) pour contribuer à y faire face,
  • d’exiger des États, à commencer par le nôtre, et des organisations internationales une lutte résolue contre la déréglementation financière, contre les impôts injustes qui écrasent les plus pauvres, la fraude fiscale en faveur des plus riches, les paradis fiscaux où se mettent à l’abri les fortunes illégales…
  • de faire un audit des dettes publiques, au Sud comme au Nord, et d’annuler les dettes odieuses et illégitimes qui empêchent tout développement autonome. Est-il acceptable par exemple que le déficit public de la France soit de l’ordre de grandeur des intérêts versés aux banques privatisées depuis que les lobbies financiers ont interdit le financement direct des dépenses publiques par les banques centrales ?
  • d’interdire l’accaparement des terre arables et des forêts dans les pays du Sud (notamment en Afrique, Amérique du Sud, Europe de l’Est). Depuis 1980, le capitalisme se caractérise par un processus scandaleux de confiscation d’espaces et de territoires, et donc de revenus, aux dépens des populations rurales et des peuples autochtones… dont les systèmes productifs sont les seuls, selon la FAO, capables de produire suffisamment d’aliments de façon durable pour toute la planète…
  • d’exiger l’instauration d’un revenu minimum universel qui permette à chaque femme, chaque homme, chaque enfant d’accéder aux droits fondamentaux que sont le droit à l’alimentation, à l’éducation, à la santé, à un emploi...

Certains pays d’Amérique Latine – sur la base d’une fiscalité plus juste, d’amorces de réforme agraire, d’une répartition plus égale des richesses et des revenus – ont décidé de commencer à mettre en œuvre des politiques sociales axées sur la satisfaction des besoins fondamentaux… un défi que nous devons et pouvons tous/toutes, citoyen-ne-s responsables, contribuer à relever ici et là-bas.

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