Haïti des lendemains qui tremblent

Publié le : , par  Philippe Savoye

"On ne parle pas d’avoir faim parce qu’on n’a pas mangé depuis un moment. On parle de quelqu’un qui n’a jamais mangé à sa faim de tout temps, ou juste assez pour survivre et en être obsédé." (Dany Laferrière, académicien)

Voyager permet la rencontre, la découverte, découvrir une partie de soi-même à travers l’Autre, de faire naître de nouvelles interrogations. Mais il est des lieux où l’on ne revient pas "indemne", tant la confrontation aux Personnes, aux réalités, à la responsabilité collective touche au plus profond de soi. Je dois dire qu’il en est ainsi de ce séjour à Haïti, peuple attachant mais dont les initiatives se heurtent à un carcan international et ses "marionnettes" muselant la richesse locale. L’effet "tremblement de terre" ne faisant qu’amplifier ce mal [1].

Michèle Pierre-Louis, présidente de la Fondation Connaissance et Liberté (et Premier ministre en 2008), rencontrée au début du séjour, précise avec clarté la réalité haïtienne. « On a fait payer très cher à notre pays et à sa population son indépendance après avoir subi l’esclavagisme, le colonialisme, comme ce fut le cas nulle part ailleurs dans le monde. On ne s’est jamais remis du coût que l’on nous a fait payer. Quand j’étais Premier ministre le plus dur était le budget, il nous renvoyait une réalité très violente. Il s’agissait d’un budget "peau de chagrin" et l’on n’avait même pas de quoi payer les agents de l’Etat. On nous poussait à réduire leur nombre, mais avec moins de personnel, nous réduisions notre capacité à assurer les fonctions essentielles. Nous n’avions pas un centime pour les investissements. Alors l’étranger (qu’il s’agisse de pays ou d’organismes internationaux) proposait de nous en prêter ou donner mais avec des conditionnalités, extrêmement précises qui annihilait tout choix de notre part. En 2003, la Banque Mondiale a écrit "Haïti est un cimetière de projets". Normal, car elle intervient comme les ONG et les Etats : elle décide de mettre en œuvre un projet, le réalise et puis s’en va, sans chercher à éduquer la population, démarche qui prend du temps et n’est pas dans le champ du visible.  »

Un pays inégalitaire et gangréné…

Le pays, une fois libéré de la dictature des Duvalier, voit un nouvel horizon, une liberté retrouvée et une dynamique de projets. C’est ainsi qu’est vécue l’élection de Jean-Bertrand Aristide en 1990, renversé quelques mois plus tard par un coup d’État. Depuis se noue le cycle infernal de la corruption, de l’instabilité politique, des crises humanitaires. « J.B. Aristide a décrédibilisé, délégitimé le mouvement politique alors qu’une dynamique exceptionnelle l’a amené au pouvoir. Cet impact se retrouve aussi bien au niveau de l’action que du discours politique. Martelly a inventé un nouveau discours, une nouvelle pratique avec une démarche populiste avec une négation de tout ce qui est progressiste. Des personnes auxquelles on demande pourquoi elles ont voté pour lui répondent : "pourquoi pas pour un vagabond (qui à Haïti prend le sens de "voyou") puisque personne n’est crédible". Les ficelles sont tirées par les USA, il faut donc reconstruire, recréer un nouveau discours. » (Gérald Mathurin, ancien ministre de l’agriculture)

Dans ce pays inégalitaire, où 1 % de la population possède plus de 40 % de la richesse nationale [2], le pays se "divise" entre « La République de Port-au-Prince » car tout le système politique, économique converge vers la capitale et « le Pays en dehors » où prédomine l’agriculture, parent pauvre. La situation des Haïtiens s’est dégradée depuis le début des années 1980 : malgré l’aide internationale dont dépend largement l’État depuis des décennies, la pauvreté généralisée s’aggrave. Le PIB aurait chuté de près de 50 % dans les vingt dernières années et le salaire minimum réel de près de 70 %. (AVSF). Les choix économiques ultralibéraux et sans nuances adoptés depuis plus 20 ans ont amené à la diminution progressive des capacités de production du pays, au renforcement de la dépendance, de l’assistanat ainsi qu’à l’accroissement de la pauvreté. Haïti se soumet à la logique de « l’avantage comparatif [3] » et c’est dans cet esprit que sont votées les lois HOPE (Opportunité Hémisphérique Haïtienne à travers l’encouragement au Partenariat), en 2007 & 2009 pour la création de zones franches de sous-traitances, principalement dans le domaine du textile pour une exportation vers les États-Unis. Aujourd’hui, le gouvernement adopte le plan « Haïti is open for business », consistant à attirer les investisseurs étrangers quelles qu’en soient les conditions.

En 2011 Michel Martelly, chanteur populaire est élu Président de la République avec 67 % des suffrages. Ses orientations sont rapidement contestées au cœur d’une corruption omniprésente « entre menaces et intérêts personnels ». Elle gangrène le pays et est considérée comme "normale", faisant partie de l’exercice de du pouvoir, de la fonction. Dernièrement, l’invitation officielle de Jean-Claude Duvalier lors de la cérémonie anniversaire du séisme de janvier 2010 a choqué nombre d’Haïtiens qui y voient une banalisation de la dictature. « Le Collectif contre l’impunité, une association regroupant des plaignants et des organisations des droits humains, dit déplorer ce qu’il appelle la banalisation de la dictature et les tentatives de réhabilitation de l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier ». (Jacques Kolo Pierre – Haïti liberté).

Afin d’étendre son pouvoir, il refuse d’organiser les élections municipales (prévues constitutionnellement en 2011) et nomme des maires de transition. Ses réalisations cherchent avant tout à marquer les esprits par leur impact visuel, sans pour autant correspondre aux aspirations de la population dont 70 % vit dans l’insécurité alimentaire, 1,5 million dans l’extrême pauvreté, le chômage et le sous-emploi qui affectent 70 % de la population. (AlterPresse). Il en est ainsi, par exemple de la construction du village Lumane Casimir de 1 300 logements à une quinzaine de kilomètres de la capitale, sans aucune activité possible, sans commodités, ou d’une partie du quartier/bidonville de Jalousie dans la capitale, dont les façades sont peintes en couleurs vives durant l’été 2013, etc.

L’armée fut dissoute en 1995. C’est aujourd’hui la Minustah (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti) qui est chargée de maintenir l’ordre, déployée suite au second coup d’Etat contre Aristide en 2004 avec un effectif actuel de 13 000 hommes... Suréquipée et arrogante, surnommée "la tourista", elle a usé de violence contre les mouvements sociaux et est responsable de l’épidémie de choléra [4].

On ne peut pas parler d’Haïti, sans évoquer le vaudou omniprésent à tous les niveaux de la société (un candidat à une élection perdrait de nombreuses voix s’il n’y mentionnait pas son attachement) pratiqué par 80 % de la population, même si le catholicisme est la religion officielle d’Haïti. D’ailleurs, ne dit-on pas que le vaudou est la croyance unificatrice des Haïtiens, celle qui leur a permis d’obtenir l’indépendance suite à la cérémonie de Bois caïman ? Les esprits des forêts africaines combattus par les colons se transformèrent, sous l’influence de la Bible en anges rebelles pour les esclaves !

S’il existe une certaine liberté de la presse elle est l’objet de menaces constantes. Le Réseau National de Défense des Droits de l’Homme constate ces dernières années une recrudescence des actes de violences dont sont victimes les travailleurs de la presse. La radio demeure le média de référence : il existe 300 stations de radios et 92 % des Haïtiens possèdent un poste. L’audience de la télévision se renforce dans les villes, mais la faiblesse de la production la rend un outil d’acculturation et diffuse majoritairement la culture occidentale.

La république des ONG

Tout le monde a en triste mémoire ce séisme du 12 janvier 2010, où l’on dénombra plus de 220 000 morts, 1,3 million de déplacés, la création de 1300 camps de réfugiés « la partie la plus visible du désastre humain  »… En ce début d’année 2014 des plaies béantes demeurent ; l’ONU dénombre encore 145 000 personnes dans les camps, en majorité des femmes et des enfants, pour lesquels il n’existe aucune solution de rechange, et évalue à 817 000 le nombre d’Haïtiens ayant besoin d’une aide humanitaire d’urgence. Une situation qui a aggravé l’épidémie de choléra, non encore éradiquée, qui a déjà touché quelque 700 000 personnes et en a tué 8500 (AlterPresse).
Des fonds conséquents (moins que ceux annoncés) sont parvenus du monde entier, mais dans une cacophonie où les autorités haïtiennes, les ONG et les entreprises locales n’ont reçu qu’une part minime (durant les 15 mois qui suivirent le séisme, sur les 1490 contrats passés par les USA, seuls 23 concernaient des entreprises haïtiennes [5]) : « l’aide est bien trop importante, bien trop politique, bien trop convoitée pour la laisser aux Haïtiens… La ligne entre ingérence, appui et support est très fine  ». (Bellerive, Premier Ministre à l’époque)

Certains habitants appelaient leur pays « la république des ONG », avant même le séisme, et vivent cette présence étrangère massive comme une occupation. Une banderole à Port-au-Prince annonce un débat : « le départ des ONG » ! En Haïti, les ONG sont plus puissantes que l’État. Depuis longtemps pour la majorité des Haïtiens, le service public ce n’est pas l’État, ce sont les ONG [6]. Le tremblement de terre n’a fait qu’accentuer cette dérive où l’on estime à 10 000 le nombre d’institutions humanitaires qui sont intervenues à Haïti : « un magma humanitaire ». Même si pour nombre d’Haïtiens, notamment à Port-au-Prince, les ONG représentent une condition de survie, l’aide asphyxie le pays, grève son autonomie par un assistanat financier et étouffe nombre d’initiatives privées. Le plus souvent, les Haïtiens sont cantonnés à un rôle d’exécutants de projets financés et pilotés par des organismes étrangers.

L’agriculture

La classe paysanne, parfois surnommée les "mis en dehors", représente 70 % de la population. Jusqu’au début des années 1980, la production alimentaire couvrait 80 % des besoins du pays, aujourd’hui l’agriculture contribue à 25 % du PIB et couvre 48 % de ces besoins (Abner Septembre). Dans le cadre d’un plan d’ajustement structurel, signé avec le FMI en 1995, les droits de douane sur le riz passent de 35 à 3 %. Le "riz de Miami" inonde immédiatement le marché, autosuffisant jusque dans les années 80, ce qui détruit la production nationale… Bien que producteur, Haïti importe 80 % du riz consommé ! Aujourd’hui le pays vit une dépendance alimentaire totale et mobilise environ 70 % de ses ressources d’exportations pour l’importation de produits alimentaires.
Gérald Mathurin responsable du CROSE (Comité Régional des Organisations du Sud-Est), nous précise lors d’une rencontre : après le séisme le Ministère de l’Agriculture élabore un plan de reconstruction du secteur agricole, cependant s’il a des cadres compétents, il n’a pas les moyens de sa politique. Il ne peut qu’espérer que la coopération internationale colle à ses plans, mais il n’en a aucun contrôle. Un peuple qui dépend de pays étrangers pour vivre n’est pas souverain. Le principe de la sécurité alimentaire fait venir des aides extérieures qui détruisent l’agriculture locale, tandis que la souveraineté alimentaire permettrait de protéger l’agriculture haïtienne en imposant des barrières douanières… mais on ne peut pas résoudre le problème de la souveraineté alimentaire sans résoudre celui de la souveraineté nationale
Concrètement nous travaillons à l’organisation des paysans à partir de trois portes d’entrée : le territoire en vue de renforcer une démarche identitaire de sa population, la filière professionnelle notamment par la création de coopératives et une démarche catégorielle regroupant les différentes classes sociales, prioritairement les plus défavorisées.

Depuis ces dernières années, les organisations paysannes parviennent à travailler ensemble, dépassent leurs clivages, pour faire peu à peu une unité nationale. Elles ont monté la plate-forme « 4 Je Kontre » (quatre regards convergents), mené des luttes communes contre le don de semences de Monsanto après le séisme, contre la volonté de l’USAID de développer la culture du jatropha comme agrocarburant.

Et on pourrait aussi parler…
-  de l’éducation, dont de 80 à 85 % est aux mains du secteur privé ; 38 % des enfants de 7 à 18 ans n’ont jamais été scolarisés. (Unicef)
-  du refus de la communauté internationale de soutenir l’enseignement supérieur, préconisant les formations à l’étranger. Résultat, plus de 80 % des cadres haïtiens vivent à l’étranger (AlterPresse)
-  Du rapport conflictuel avec la République Dominicaine… qui vient notamment de prendre la décision illégale de retirer la nationalité dominicaine à 200 000 Haïtiens d’origine…
-  La diaspora, le "onzième département" : un Haïtien sur cinq vit à l’étranger et son transfert financier représente 52,7 % du PIB (AlterPresse)
-  L’endettement qui asphyxie plus encore l’État : de 1970 et 2007, Haïti rembourse 362.5 millions de dollars au FMI, qui dans le même temps lui en prête 353.3 millions… et durant cette période, Haïti rembourse l’équivalent de 39 fois ce qu’il devait en 1970 ! [7]
-  La zone forestière qui ne couvre plus que 2 % du territoire (contre 60 % en 1923) ce qui rend le pays vulnérable aux catastrophes naturelles : «  la misère fait de chaque arbre un sac de charbon de bois en puissance ».

Les compétences, la volonté, les initiatives ne manquent pas et d’aucun cherchent pas à pas à mener des actions concrètes, sur le terrain, généralement avec le concours de financement extérieur, mais avec la ferme volonté d’affirmer le choix d’un développement endogène.

Veterimed

Ce projet (en lien avec AVSF) a débuté en 2004 à l’initiative de Michel Chancy aujourd’hui Secrétaire d’État à la production animale. Rosanie Moïse, sa directrice, en explique le fonctionnement : des gens (essentiellement des étrangers) financent, par prêt (taux 2%) ou par don, l’achat d’une vache. Veterimed choisit les zones d’interventions et l’association locale, porteuse du projet, fait l’attribution des bêtes, gracieusement, sur la base de critères tels que : la vulnérabilité de la famille, la femme chef de famille, l’espace pour laisser paître l’animal… L’attribution sur une zone s’effectue sur la base d’une dizaine de vaches à la fois.
La personne, conserve les deux premiers veaux, le troisième servant "d’intérêt". Au bout de quatre ans, elle rend la vache à Veterimed (ou l’achète). Un fond de garantie est mis en place en cas de problèmes. Une expérimentation sur un prêt d’une durée de deux ans est en cours afin de rendre la démarche encore plus dynamique et développer l’approche collective en attribuant le second veau à l’association locale. Pour compléter cette action, Veterimed a mis en place « Lèt Agogo », laiteries réparties sur le territoire qui achètent une partie du lait aux éleveurs et l’attribue aux écoles dans le cadre d’un financement du Brésil (chaque structure fait la "quête" auprès des financeurs potentiels pour obtenir les subsides permettant sa mise en œuvre).
Cette action, a, selon ses responsables, permis de valoriser l’élevage dans le pays.

Association des Paysans de Vallue (APV)

Dans ce lieu accroché à flanc de montagne non loin de Petit-Goâve, l’APV s’est constituée en 1986, après le départ de Jean-Claude Duvalier, « dans une période emplie de liberté, de grande dynamique collective, sur le base du "PRISME" : Proximité, Réalisme, Intégration, Solidarité, Mobilisation, Endogénéité, avec comme mot d’ordre une économie forte afin de maîtriser son développement et apporter une réponse sociale adaptée ». Les réalisations se sont multipliées au fil des ans : route d’accès, repeuplement porcin, atelier de transformation agroalimentaire, scolarisation (20 écoles primaires, un second cycle), la radio communautaire Clofa Pierre, création récente d’une chocolaterie artisanale et d’un musée végétal… sans oublier une laiterie en cours d’achèvement (qui s’inscrira dans l’action Veterimed), un projet informatique pour les jeunes, etc. Des panneaux tout au long de la piste informent les habitants des projets. Pour ses responsables «  l’essentiel est de bâtir sur des valeurs, des principes, de ne pas se laisser dicter une ligne de conduite de l’extérieur, d’avoir une vue stratégique, de cerner ce qui sert les intérêts des habitants de la zone. En effet, après une période "florissante" grâce à des interventions multiples des institutions, les moyens sont en chute libre. Le soutien financier extérieur est un couteau à double tranchant : quand il diminue tout s’écroule ! Aujourd’hui notre priorité est de renforcer l’autofinancement alors que les attentes sont multiples : comment satisfaire les attentes des membres dont le principe même ne pourra jamais être accepté par un bailleur ? ». (Abner Septembre)

Fondation Connaissance et Liberté (FOKAL)

Cette fondation créée en 1995 et reconnue d’utilité publique en 2000 est membre de « l‘Open Society Fondations » et cherche à véhiculer des valeurs démocratiques. Si elle intervient en direction de tous publics, elle cherche à s’appuyer sur « les secteurs de la société porteurs de changement : les enfants, les jeunes, les associations de la société civile et les secteurs historiquement marginalisés comme la paysannerie et les femmes ».
Ses locaux, au cœur de la capitale sont un lieu de rencontres et de débats tourné vers la jeunesse, ouvert sur le pays et sur le monde et centré sur les arts et la culture. « Nous cherchons à favoriser l’esprit critique de la jeunesse, alors que trop souvent on cherche à les enfermer, comme dans un parti politique. Il s’agit à la fois d’un travail dans la proximité (par exemple les ordures ménagères dans un quartier) et de montrer qu’il y a un porte à faux entre le discours des politiques et les actions concrètes qu’ils mettent en œuvre. Cependant il faut jouer avec le temps. Les jeunes reçoivent au quotidien une multitude de messages qui cherchent à les enfermer, il faut donc que nous aussi nous jouions avec le temps : on a tellement menti à la population, qu’il faut beaucoup de temps pour rétablir la confiance. Comme disait un paysan "c’est avec nos yeux qu’on entend".  » (Michèle Pierre-Louis)
Les actions concrètes sont multiples, comme la création d’un parc public dans le quartier Martissant, quartier pauvre avec des populations défavorisées, une action stimulant l’organisation paysanne à partir du financement de laiteries, un appui aux radios communautaires, des actions afin de créer des modèles de reconstruction durable innovants et conscients de l’environnement physique et humain, un travail de mémoire sur les années Duvalier, des bourses d’études sur des thématiques portant sur les droits humains, les femmes, l’agriculture, etc.
« Depuis le retour de Jean-Claude Duvalier, un travail collectif est effectué sur le devoir de mémoire, sur la dictature de cette époque alors que les jeunes ne l’ont pas connu et que pour beaucoup de parents cet aspect n’est pas abordé, il existe une sorte d’omerta... Le système éducatif est particulièrement aliénant, on ne parle pas de ces années dans les livres d’histoire, on banalise cette époque, le révisionnisme est très présent. Nous organisons des animations à toutes les dates anniversaires de massacres, arrestations massives, retour du dictateur… » (Lorraine Mangonese)

Alors abandonner Haïti ? Non bien sûr, mais comme le précise Djakinston, actif dans le sud : l’aide qui aide, c’est l’aide qui permet de sortir de l’aide, alors votre intervention doit avoir pour priorité le renforcement des organisations de base des femmes, des agriculteurs, des jeunes, de la société civile… l’avenir d’Haïti, nous appartient, à nous, Haïtiens !

Tu m’as piétiné et tu m’as demandé pardon,
mais qu’est-ce qu’a fait le pardon pour moi ?
(adage haïtien)

Philippe Savoye
mars 2014

[1Ce séjour est organisé via le Collectif Haïti de France et Lyon Haïti Partenariat par le réseau haïtien renaprots

[2Haïti entre colonisation dette et domination de Sophie Perchellet

[3théorie modélisée par David Ricardo : dans un contexte de libre échange, chaque pays, en se spécialisant dans la production pour laquelle il dispose de la productivité la plus forte, accroîtra sa richesse nationale.

[4Via les troupes népalaises

[5L’échec humanitaire : le cas haïtien de Frédéric Thomas

[6Haïti : de la perle au caillou de S Barzasi & O. Vilain

[7Haïti entre colonisation, dette et domination de Sophie Perchellet

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