Municipales : leçons d’un scrutin…notamment à Grenoble !

Publié le : , par  CIIP

édito juin 2014

Deux mois déjà… A l’issue du 2° tour des Municipales, un véritable désastre pour le duo Hollande/Ayrault et le parti socialiste : 155 villes de plus de 9 000 habitants perdues par la gauche, notamment par le parti socialiste. Même si la signification de ces élections n’est pas que nationale, il est clair que les électeurs ont voulu exprimer à travers ce vote un rejet d’une politique injuste, inégalitaire, « austéritaire » caractérisée par un chômage massif et persistant et une aggravation de l’inégalité sociale.
Une double donnée qui n’a pas été assez soulignée : d’une part près de 25% des jeunes ne se sont pas inscrits sur les listes électorales, comme s’ils n’attendaient plus rien d’un système social qui les exclut et les marginalise ; d’autre part, l’abstention parmi les inscrits – plus de 40% au second tour !- pose une question
centrale : pourquoi plus d’un-e citoyen-ne sur deux ne se sent pas concerné-e – par ces élections — par le mode de fonctionnement et de décision de la société, localement et nationalement ? Une telle abstention pose la question centrale du fondement bien peu démocratique de nos sociétés…Quant au FN, il a une nouvelle fois prospéré sur fond de désespoir social et politique…
C’est dans ce contexte que l’équipe rouge et verte a été élue à Grenoble (*) avec l’engagement de répondre à un tel défi. Ce rassemblement citoyen de la gauche rouge et verte est composé à 50% de femmes et d’hommes non adhérents à une organisation politique, militant(e)s à la base dans les quartiers de la ville. Il s’est engagé à promouvoir la réappropriation par les citoyen-ne-s de la vie locale, des modalités d’organisation et de décision : il est prévu notamment un budget participatif- certes partiel- pour chaque secteur de la ville. Réappropriation des services publics (GEG, chauffage urbain…), priorité du logement social, la transition énergétique…
Avec un certain nombre d’associations de solidarité internationale nous comptons bien interpeller fortement la nouvelle municipalité : quelle nouvelle politique internationale, au-delà du mille feuilles des nombreux jumelages et coopérations décentralisées ? Quelle autre Maison de l’International dont nous voulons fortement qu’elle soit plus ouverte aux cultures et aux réalités portées par les communautés et populations
étrangères et issues de l’immigration ? Avec des « gestes forts », comme par exemple le parrainage d’un ou de plusieurs prisonniers politiques palestiniens, ou encore la décision de se déclarer ville « hors TAFTA » (traité de libre- échange entre l’Union Européenne et les Etats Unis) . Autre demande insistante : que la ville de Grenoble fasse pression sur la Préfecture, le Conseil Général, la Metro pour qu’enfin des solutions soient trouvées face au problème lancinant et dramatique des centaines –plus d’un millier !- de personnes à la rue. Une démarche solidaire minimale…
Cette nouvelle équipe municipale dont le clip de campagne débutait par la journée des Tuiles et les émeutes de Grenoble en 1788, prélude de la Révolution française… et dont l’inspiration puise une de ses sources dans le « laboratoire de la nouvelle gauche » incarné par Hubert Dubedout (maire de Grenoble de 1965 à 1983), soulève beaucoup d’attentes. Elle porte la responsabilité de ne pas décevoir.

* Ce Rassemblement regroupe les 6 composantes suivantes : l’ADES [Association pour la Démocratie, l’Ecologie et la Solidarité], la Gauche anti-capitaliste, le Parti de Gauche, Europe-Ecologie/Les Verts Isère, Les Alternatifs, le Rassemblement citoyen.

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