Soutenons la Confédération Paysanne : pas de ferme capitaliste à 1 000 vaches !

Publié le : , par  Marc Ollivier

Le 1er juillet 2014, sept militants de la Confédération paysanne sont convoqués devant le tribunal d’Amiens. Leur crime ? Avoir démonté quelques engins de chantier et une salle de traite. Mais ce n’est pas le plus grave. Ce qui les conduit aujourd’hui devant les juges, c’est de s’en être pris à la ferme-usine des 1000 vaches et d’avoir choisi l’action plutôt que de se résigner à disparaître. Dans ce système, il n’y a pas place pour la contestation. Enfermer 250 militants le temps d’une réunion de grands patrons, jeter l’opprobre sur des grévistes, ou envoyer des paysans au tribunal, il n’y a jamais rien d’exagéré quand il s’agit de protéger certains intérêts.
L’avenir de l’agriculture nous concerne tous ! Nous sommes solidaires des paysans syndicalistes de la Confédération paysanne. Nous réclamons la relaxe des sept militants et responsables de la Confédération paysanne !

Déclaration de la Confédération paysanne (extraits)

Le nombre de paysans est en chute libre. Il n’est plus question de sélectionner des semences à la ferme. Les industriels font la loi et nous imposent leurs OGM. Impossible aussi de gérer un troupeau avec le savoir-faire de l’éleveur, le puçage électronique des petits ruminants est obligatoire. Quant aux produits transformés sur la ferme, la multiplication des normes sanitaires a fait place nette pour les produits de l’agro-industrie.
Ce ne sont là que des traits saillants d’un mouvement poussé par les politiques agricoles. La PAC continue à soutenir l’agrandissement et à exclure les plus petits. La « Loi d’avenir agricole », en discussion actuellement, ne fait rien pour protéger les paysans. La fin des quotas laitiers encouragera une explosion de la production face à laquelle beaucoup ne tiendront pas le coup. De toutes parts, on appelle les paysans à augmenter les volumes, à réduire les coûts. On fait semblant d’oublier ce qu’est une crise de surproduction.

La ferme-usine des 1000 vaches est le symbole de cette folie.

9 millions de litres de lait, vendus à 250 euros la tonne alors que les éleveurs s’en sortent à peine avec 350 euros. Un projet dont la rentabilité ne tient qu’à la production d’énergie subventionnée. Les paysans doivent-ils regarder leur métier disparaître sans rien faire ? Il était temps de lancer l’alerte, de crier l’urgence de réagir si nous voulons continuer à voir des paysans dans les campagnes.

La Confédération paysanne a donc pris ses responsabilités

En allant, par trois fois, sur le chantier de la ferme-usine des 1000 vaches. Le risque était grand, bien sûr, de se retrouver devant un juge. Mais que signifie ce risque face à celui de leur disparition ?
Aujourd’hui, cette action légitime est criminalisée. La Confédération paysanne est allée à l’encontre de la volonté de nos gouvernants qui pensent en cours de bourse et en balance commerciale. Des militants qui dérangent et la répression syndicale se met en marche.

Le deux poids deux mesures est évident

En face, le promoteur des 1000 vaches, Michel Ramery, continue de construire son usine, en toute impunité, malgré les irrégularités flagrantes et les méthodes d’intimidation dignes de films de gangsters. Le fossoyeur des paysans, 369ème fortune de France, a donc bien plus de soutien que n’en ont quelques centaines de milliers de paysans. Et qu’importe que les fermes disparaissent du paysage, que la désertification des campagnes se poursuive, que le chômage continue d’augmenter, que nous n’ayons plus qu’une alimentation standardisée, pourvu que la finance continue à s’engraisser.

Pétition de soutien aux paysans inculpés pour le démontage de la salle de traite de la ferme des 1000 vaches :

http://enviedepaysans.fr/signez-lappel-des-fermes-pas-des-usines/#.U42Ro3axN9Q

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