Coupe d’un monde privatisé : violences, expulsions, corruption… c’est ça le sport ?

Publié le : , par  CIIP

édito été 2014

Depuis plus d’un an des dizaines de milliers de Brésiliens manifestent notamment pour des transports moins chers, contre le coût de la vie, pour une augmentation des salaires, contre la répression dans les favelas, en dénonçant en même temps les dépenses exorbitantes – au moins douze milliards de dollars !- pour l’organisation de la Coupe du Monde de football (du 12 juin au 12 juillet). Michel Platini a osé distiller ses conseils pour le moins malvenus voire scandaleux aux Brésiliens : « Le Brésil, faîtes un effort pendant un mois, calmez-vous ». Il n’est nullement certain que ceux-ci lui obéiront ! L’exemple le plus récent : début juin a été déclenchée une grève illimitée des transports en commun à Sao Paulo. Autre mobilisation : mardi 20 mai, à Bélem, dans le nord du pays, des centaines de manifestant-e-s contre cette Coupe du Monde ont envahi l’espace São José Liberto où était exposé le trophée du mondial et ont attaqué le bâtiment à coups de pierres et de morceaux de bois ! Récemment, plus de 500 leaders des peuples premiers (Amérindiens) sont montés sur le toit du Parlement à Brasilia pour exprimer leur indignation : « La Coupe, je n’en veux pas, je veux de l’argent pour l’éducation et la santé ! ».

Qu’on soit pour ou contre la Coupe du Monde, nous affirmons notre solidarité avec les Brésiliens pour exiger le respect des droits sociaux et d’une façon générale des droits fondamentaux, et pour dénoncer avec eux :

  • Le Projet de loi étendant dangereusement le possible recours aux mesures « antiterroristes »
  • Interdictions et répression avant et pendant la Coupe du Monde
  • L’Occupation de favelas par des forces militaires et de police, qui prolonge les innombrables expulsions opérées pour les chantiers de la Coupe du Monde et des JO de 2016. Plus de 170 000 familles ont été jetées à la rue !
  • L’Organisation d’une prostitution à grande échelle dans toutes les villes où auront lieu les matchs, avec ce que cela implique en termes de violence et de négation des droits humains

Des organisations syndicales et des mouvements sociaux – syndicats enseignants, Mouvement des Sans Terre, des Sans Toit, des chauffeurs de transport… - refusent de renoncer à priori à leurs revendications et à leurs manifestation pendant cette Coupe du Monde : « L’argent parvient à la FIFA [1] et aux entreprises. Nous voulons de l’argent pour la santé, l’éducation, le logement, les transports collectifs et la réforme agraire », affirment-ils, et ils ont raison ! Le football est devenu un véritable business, au point que –suite à de fortes pressions y compris financières- le Qatar a été choisi pour accueillir la Coupe du Monde en 2022, par 40° de chaleur… et au prix de l’exploitation –souvent meurtrière- de milliers de travailleurs migrants.

Au-delà de la Coupe du Monde nous dénonçons la marchandisation accélérée du sport. Par le mariage intéressé avec les multinationales et les chaînes télévisées, le sport brasse de plus en plus d’argent au rythme effréné des compétitions qui sont autant de spectacles juteux livrés à l’affairisme. Il est urgent de poser la question : un sport non compétitif, non aliénant, basé sur la recherche d’un développement harmonieux et équilibré, est-il encore possible ?

N.B. : L’équipe de France de football a rencontré le Honduras le 15 juin à Porto Alegre dans le cadre de la Coupe du Monde. Voici un CARTON ROUGE brandi très justement par Bernard Cassen, membre d’Attac France : « Depuis le coup d’Etat de 2009 au Honduras, plus de 320 journalistes, militants des Droits humains et militants politiques ont été assassinés ».

[1* FIFA : Fédération internationale de Football Association

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