Après la défaite de l’extrême droite américaine, que pouvons nous attendre de Barak Obama ?

Publié le : , par  CIIP

édito décembre 2012

Les élections américaines sont passées. Leur seul résultat important et indiscutable est la défaite de Mitt Romney. Ce candidat de la droite extrême annonçait un "programme-désastre" pour le peuple américain et pour la terre entière : sans parler de son opposition à l’avortement et au mariage gay, il voulait une dérégulation financière et bancaire aggravée, la baisse des dépenses publiques à 20% du PIB en même temps qu’une hausse des dépenses militaires jusqu’à 4% et une baisse de 10% du nombre de fonctionnaires ; un départ en retraite retardé jusqu’à 67 ans, une limitation du rôle des syndicats, etc. Sur la scène internationale, il voulait un retour à une diplomatie guerrière à la Georges Bush, par exemple une attaque contre l’Iran, le blocage du retrait des soldats d’Afghanistan, etc. Ce sont donc les plus extrêmes tendances réactionnaires des USA que les électeurs américains ont rejetées, rejet qui est bien la raison principale de la réélection de Barak Obama, devenu le seul dirigeant occidental à survivre à la crise immobilière, financière, économique et sociale gravissime qui dure depuis 2008. Il s’agit en fait d’un remake, à l’échelle des USA, du rejet des dérives d’extrême droite de Sarkozy par les électeurs français en mai 2012.

Bien qu’il soit difficile de jouer les Cassandre, que pouvons nous espérer d’Obama, ce démocrate de centre droit ? Peu de changements sans doute : rien n’annonce une négociation sur le désarmement nucléaire, ni une baisse des énormes dépenses militaires des USA, ni une fermeture du camp de Guantanamo ou une levée de l’embargo contre Cuba, ni la moindre limitation à l’accaparement des ressources naturelles par les multinationales, ni la fin d’un soutien déraisonnable et criminel à la politique agressive israélienne... bref rien qui menace la stabilité du système capitaliste néolibéral mondialisé. Pourquoi ? On le comprend mieux en se rappelant que les candidats à ces élections ont dépensé 6 milliards de dollars, dont 2,6 pour les seules présidentielles. Ces chiffres exorbitants résultent d’une décision de la Cour Suprême en 2010 qui autorise les "comités politiques indépendants des partis" à recevoir des contributions illimitées de la part d’entreprises, de syndicats et de riches particuliers, dans la plus totale opacité. Autant dire que les élus des deux partis dominants sont d’abord sélectionnés par les plus puissants détenteurs des capitaux privés et qu’aucun d’eux ne peut donc remettre en cause leurs privilèges et encore moins leurs intérêts…

Quant à nous, Français et Européens en général, nous devons constater que l’obstination de nos dirigeants à plonger l’Europe dans la récession, en imposant des politiques d’austérité génératrices de stagnation, de chômage et d’appauvrissement, conduit lentement mais sûrement à effacer nos nations de la scène des relations internationales. En fait elles ne servent plus que d’exécutants soumis et obéissants de l’OTAN pour gérer des crises locales comme en Yougoslavie, en Lybie ou au Sahel, pendant que les États Unis se concentrent de plus en plus sur les territoires en pleine croissance de l’Asie et du Pacifique : la Chine, l’Inde, le Japon, etc. Même les crises qu’affrontent les Américains en Irak, en Afghanistan, dans le golfe et en Israël pour maîtriser les hydrocarbures du "Grand moyen orient" sont désormais gérées dans le théâtre de leur stratégie asiatique.

Autant dire que les peuples européens, étouffés par les politiques conservatrices arriérées des gouvernements qu’ils ont élus, sont devenus une périphérie de l’empire capitaliste dominé par les États Unis. Ils ne peuvent plus chercher que dans leurs propres forces les instruments de leur libération et de leur salut.

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