Notre Dame des Landes, Notre Dame des Luttes

Publié le : , par  CIIP

édito février 2013

Un vent nouveau de résistance et d’espérance s’est levé à Notre Dame des Landes "contre la construction du nouvel aéroport et leur monde". Déjà 180 collectifs en France existent pour organiser là-bas et partout l’opposition à tous les grands projets inutiles, coûteux et nuisibles. Pour aussi commencer à construire ensemble un autre monde. Le CIIP, fidèle à ses orientations, s’est engagé dans le collectif grenoblois.

Ce projet de nouvel aéroport, déclaré d’utilité publique en février 2008, affiche des objectifs incompatibles avec toute perspective de transition écologique. Pour accélérer le développement du Grand Ouest afin d’en faire l’une des Grandes Régions Européennes. Il s’agit de construire un deuxième grand aéroport alors que l’actuel est loin d’être saturé. La très officielle "lettre d’info du nouvel aéroport", fixe les objectifs de cette construction : faire face à l’augmentation du flux de voyageurs (estimés à plus de 4 millions par les promoteurs d’ici 2015), permettre d’effectuer des allers-retours en une journée vers les métropoles européennes et augmenter la quantité et la vitesse des marchandises transportées… C’est un chantier d’inspiration typiquement européenne développant au moins deux des "libertés" du traité de Rome de 1957 : liberté de circulation pour les personnes (qui en ont les moyens…) et liberté de circulation des marchandises… Le budget prévisionnel est à la hauteur de l’ambition : 556 millions d’euros dont 125,5 millions fournis par l’Etat et 315 millions par Vinci qui se remboursera sur l’exploitation de la concession pendant 55 ans…

Bien sûr, un tel projet suppose quelques sacrifices… pour d’autres : les habitants et agriculteurs qui vivent là et dont l’expulsion est prévue ! Leur entrée en résistance a été immédiate. Leur force est d’avoir relié tout de suite la lutte locale à d’autres contre de grands projets nuisibles, de l’avoir inscrite contre la logique d’aménagement de la planète en faveur du profit de quelques-uns. Et d’avoir opposé dans le débat leurs convictions écologistes concrètes : protection des zones humides, développement de l’agriculture raisonnée et de proximité, réflexion sur les transports en fonction d’objectifs de développement durable, lutte contre le réchauffement climatique. Pour cela, il a fallu rassembler une très large diversité d’acteurs venus de nombreux horizons en réussissant des actions multiples et solidaires : grève de la faim, création d’une ZAD - Zone à Défendre (avec construction de potagers, de "cabamaisons"), enchaînement de 40 tracteurs en protection de celles-ci, manif de 40 000 personnes après l’expulsion par les forces de l’ordre, Festizad… Car un territoire se défend encore mieux s’il est occupé et vivant. Sans oublier tous les petits actes de résistance à l’occupation militaire de la zone par la gendarmerie et les rassemblements en soutien des personnes arrêtées : la mobilisation des gendarmes et des CRS est à la hauteur de la crainte du gouvernement Ayrault et à la hauteur de l’espérance soulevée par cette résistance populaire !

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