Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971)

Publié le : , par  Jo Briant

Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971) {JPEG}Qui le sait en France ? Quels sont les médias qui en ont parlé hier et aujourd’hui ? Et pourtant de 1955 à 1971, la France a mené au Cameroun une guerre secrète,
une guerre coloniale puis néo-coloniale… absolument effacée des mémoires officielles
et des livres et manuels d’histoire. Et qui a pourtant été d’une extrême violence – des
villages entiers ont été rasés comme en Algérie – entraînant la mort de dizaines de milliers de personnes, peut-être davantage. Cet ouvrage nous rappelle d’abord qu’en 1945, après la libération, une aspiration indépendantiste se fait jour rapidement, portée par un parti créé en 1948 – l’UPC (union des populations du Cameroun)
– qui sera désormais comme l’étendard de l’aspiration du peuple camerounais à l’indépendance non pas formelle mais réelle sur fond d’autonomie sociale, économique, politique. Dès les années 1945-55 – donc bien en amont des indépendances formelles africaines (1960) – ce ne sont que truquages, harcèlement, provocations, intimidations. L’église catholique s’y met en croisade contre Satan, entendez les indépendantistes notamment les militants de l’UPC. La France recrute des élites "modérées" et des "interlocuteurs valables" c’est-à-dire acquis à la perpétuation de la domination française derrière le paravent de l’indépendance. Le
sang coule lors de manifestations en mai 1955, la répression devient si intense que l’UPC est condamnée au choix de la guérilla et du repli dans les campagnes (1957-58). Commence alors la "guerre de pacification", c’est-à-dire les ratissages, les massacres de villageois accusés de cacher et d’aider les militants upécistes (de l’UPC). Une effroyable répression : bombardements de populations, escadrons de la mort, torture, lavage de cerveau, torture généralisée.

Ce livre nous apprend comment furent assassinés – un à un– les leaders de l’UPC :
Ruben Um Nyobé en 1958, Félix Moumié en 1060, Ernest Ouandié en 1971.

Cette histoire est aussi celle de la naissance de la Françafrique à l’initiative du Général de Gaulle dès les années 1958-1960, fruit du consensus colonial de la IV° République. Au Cameroun, après vingt ans de dictature d’Ahmadou Ahidjo – choisi par l’Etat français – ce sont trente cinq ans de déliquescence sous Paul Biya… à l’encontre d’un peuple qui aspire toujours à l’indépendance et à la démocratie.

Article paru dans Inter-Peuples n°229, septembre - octobre 2014

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