Semences : face aux multinationales la diversité des cultures et la souveraineté alimentaire sont-elles encore possibles ? édito février 2015

Publié le : , par  CIIP

Rappel : les millions d’espèces végétales qui composent notre alimentation sont le fruit d’un patient travail mené par les paysans depuis des millénaires. Ils les ont semées, récoltées, améliorées, échangées gratuitement avec d’autres et adaptées à leurs environnements. Deux exemples parmi tant d’autres : à partir d’une seule espèce sauvage de riz les paysans indiens ont créé au fil des siècles voire des millénaires quelques 200 000 variétés, idem pour les paysans d’Amérique du Sud en ce qui concerne le maïs. Et l’on pourrait étendre cette observation aux autres continents. Mais en quelques décennies cette diversité et cette souveraineté sont très gravement menacées par les multinationales – qui n’a pas entendu parler de Monsanto ?- qui ont réussi à imposer aux paysans et même aux Etats un monopole, celui de leurs semences… et de leurs pesticides, les deux allant de pair. Ces multinationales cherchent à imposer à tout prix – au nom de la liberté et de la propriété des brevets qu’ils ont acquise par leur pouvoir économique et financier - leurs semences et leurs produits standardisés, en saccageant cette biodiversité, en détruisant les paysages, en endettant les paysans contraints de racheter chaque année ces semences monopolisées par les multinationales. A la fois un scandale et un drame absolus qui a débouché sur le suicide de dizaines - on parle même de centaines - de milliers de paysans, notamment en Inde. Une logique et une dépendance mortelles qui concerne tous les paysans du monde, notamment l’agriculture familiale.

Avec les organisations paysannes - comme Via Campesina - et les Organisations de Solidarité internationale comme Coordination Sud (en France), nous devons appuyer de toutes nos forces les campagnes en direction des Etats, de l’Union Européenne pour faire primer les droits des paysans sur les règles du commerce, pour faire reconnaître le principe de souveraineté alimentaire, pour l’accès libre aux semences, et bien sûr à la terre (ce qui implique d’agir contre le processus massif de l’accaparement des terres paysannes). Ce qui est en cause, c’est bel et bien le droit des paysans de produire les aliments qu’ils veulent, dans leur diversité, sans dépendance vis-à-vis des multinationales. Ce qui implique la participation des paysans et des populations aux choix des politiques agricoles, et la reconnaissance par les Etats du rôle majeur des paysans et dans la production agricole et dans l’alimentation. Ce qui implique l’autonomie du monde paysan face aux multinationales et leur libre choix des semences dans leur diversité. Un combat difficile mais impératif qu’il nous faut accompagner et soutenir, d’autant plus qu’il nous concerne directement dans notre mode de vie et de consommation.

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