La commune de Falea (Mali) sauvée d’un désastre le projet de mine d’uranium est abandonné

Publié le : , par  Marc Ollivier

Le CIIP avait interpellé la région Rhône-Alpes pour qu’elle s’associe aux actions de solidarité internationale soutenant les habitants de Faléa, menacés par le projet d’ouverture d’une mine d’uranium sur leur territoire. Pendant plus de quatre ans, l’Association des Ressortissants et des Amis de la Commune de Faléa (ARACF) a lutté contre ce projet avec l’appui du Forum Civique Européen (FCE). Nous venons d’apprendre que la multinationale détentrice du permis d’exploitation (le trust Denison Mines) a décidé de mettre fin au projet. D’autant que sa rentabilité devenait incertaine, puisque, suite à la catastrophe de Fukushima et à l’arrêt des réacteurs japonais (sous la pression de l’opinion publique), le cours du minerai d’uranium s’est effondré.
Tout en félicitant nos amis maliens de cette bonne nouvelle, nous regrettons que la région Rhône-Alpes ne se soit pas associée à leurs luttes, qui contribuent à l’affaiblissement de la polluante et dangereuse industrie nucléaire. Nous reprenons ci-dessous quelques extraits d’un article d’Archipel, le journal du FCE (de décembre 2014), sur la nouvelle situation à Faléa.

... Bien que l’ARACF ait atteint son but prioritaire, l’association continue d’exister. Il s’agit d’une part de rester vigilant et d’autre part de poursuivre les autres objectifs issus de la résistance : appuyer et renforcer la démocratie locale à Faléa et dans le Cercle de Kéniéba, favoriser la mise en place d’activités économiques durables au bénéfice des populations en respectant l’environnement, les droits humains, la justice sociale, le patrimoine et la culture des habitants.

L’ARACF a déjà initié des changements positifs dans leur vie quotidienne, en partie grâce à l’aide internationale comme celle de la ville et du canton de Genève. Par exemple elle a réussi à contraindre le gouvernement du Mali à débloquer le dossier du bac automoteur traversier pour désenclaver la région qui est inaccessible pendant toute la saison des pluies. De même la mise à disposition d’un véhicule 4x4 tout terrain pour les évacuations sanitaires a fait ses preuves : il a permis en 2013 d’effectuer 48 évacuations vers le Centre de Santé de Référence de Kéniéba pendant la période de crue du fleuve Falémé, sauvant ainsi plusieurs vies humaines, notamment de femmes en difficulté d’accouchement et de nouveau-nés. 
Autres conquêtes : la radio locale, fondée pendant la période de résistance, est devenue importante comme outil d’information mais aussi de mobilisation et de participation à la gouvernance démocratique. Ces jours-ci la radio, face à l’épidémie de l’Ebola, a pris un rôle de sensibilisation très important. Par ailleurs, du point de vue économique, un projet pilote de développement d’une filière bambou (un arbre particulièrement adapté au milieu naturel régional) a été élaboré : le démarrage de sa mise en œuvre est prévu en 2015. Enfin l’ARACF a initié une étude préliminaire concluante sur la qualité des eaux de source des montagnes et des nappes captives. La qualité de l’eau est une question primordiale à Faléa et dans la région, comme dans toute l’Afrique. L’association prépare, avec l’appui d’experts, l’étude d’un projet de captage, de filtrage, de traitement et de conditionnement des ressources en eau disponibles. Elle étudie aussi la mise en place d’une régie municipale d’eau potable pour la municipalité de Faléa.

Les projets miniers sont une menace considérable pour les nappes phréatiques et l’eau des bassins versants des grands fleuves de l’Afrique de l’Ouest. L’initiative citoyenne de Faléa, compte tenu de l’expérience des quatre années écoulées, s’inscrit dans la possibilité d’un regroupement d’initiatives existantes dans le bassin versant du Sénégal en vue de tisser ensemble des liens de solidarité, d’échanges de savoirs et de compétences, en impliquant aussi des partenaires dans d’autres pays et continents.

La réflexion se développe donc sur les conséquences désastreuses et irréversibles des industries extractives pour la santé des populations locales et pour l’ensemble de l’environnement de cette zone transfrontalière et du bassin versant du fleuve Sénégal. Mais elle porte aussi sur plusieurs voies alternatives d’activités susceptibles de répondre aux besoins des habitants.

Pour plus d’infos, se connecter au site de Falea

Article publié dans Inter-Peuples n°233, février 2015

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