Collectif Morts de Rue

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  • Moment d’une grande intensité, de partage, d’interpellation où sont cités les noms de tous Ceux, de toutes Celles qui nous ont quittés, où le rassemblement se veut ce moment d’une dignité retrouvée et partagée tout autant qu’une interpellation de la place de chacun dans la ville

    Grenoble, Jardin de Ville

  • Chaque année, en France, des personnes meurent à la rue ou des conséquences d’une vie à la rue. En 2016, 500 décès ont été recensés - ils sont sans doute trois fois plus nombreux en réalité. Ils et elles avaient 49 ans en moyenne.
    A Grenoble, cette année encore, de nouveaux noms se sont ajoutés à la liste.
    Le Collectif "Morts de rue" invite à un rassemblement en leur mémoire. Pour rendre hommage aux défunts, pour interpeller sur les conséquences de la vie à la rue, pour lutter contre l’oubli : Soyons nombreuses et nombreux.
    Après la commémoration, partage d’un repas sur la place à partir de 13h.

    Collectif grenoblois "Mort De Rue"
    mortsdelarue.grenoble chez gmail.com
    www.mortderuegrenoble.wordpress.com
    c/o Point d’Eau, 31 rue Blanche Monier, 38000 Grenoble
    06.80.43.79.61

    Grenoble, Kiosque du Jarrdin de ville

"En interpellant la société, en honorant ces morts, nous agissons aussi pour les vivants".

Collectif grenoblois Mort De Rue [1]

C’est à "Parlons-en" [2], cet espace de débat et de parole avec et pour les précaires, qui rassemble également des associations, des professionnels, des habitants, qu’a germé l’idée de ce collectif. Le constat de décès anonyme dans la rue, de disparitions, l’absence aux obsèques faute d’avoir été prévenu, la perspective de la "fosse commune" : autant de réalités et d’interrogations qui amènent à sa création en 2011. Et si le nom est "Mort De Rue" et non "dans la rue", comme nous l’expliquent Claire, Isabelle et Lysiane, membres actives "l’action n’est pas seulement liée à la mort, mais également aux conditions de vie de ces personnes".

Ce collectif regroupe des gens de la rue ou en précarité, des travailleurs sociaux, des habitants et des associations, telles Femmes sdf, Point d’Eau, le Fournil, Secours Catholique, accueil sdf, Jalmalv (Jusqu’à la Mort Accompagner la Vie), un Toit pour Tous… "un collectif hétéroclite, constitué de gens motivés, ce qui en fait sa richesse". Son but premier est de mener des actions concrètes visant à accompagner les obsèques : informer des annonces de décès pour que la personne ne soit pas enterrée seule, apporter un soutien administratif, faciliter les démarches auprès des pompes funèbres. Mais au-delà de ces actions, ô combien porteuse de sens pour ces populations "dans l’invisible", le collectif s’inscrit dans la ville par une approche collective, se donne la mission d’interpellation, sur le "vivre dans la rue", le "mourir d’avoir vécu dans la rue", les questions de santé, la responsabilité politique, le regard des habitants.

En 2015, des gens meurent encore dans la rue, pas seulement en hiver, toute l’année ! Et s’il fallait retenir un mot du fondement de ce collectif est "dignité". "Une dignité dans la mort tout autant que dans la vie des précaires, rendre hommage dans le vivant et, de façon symbolique s’occuper des personnes après la mort" comme le précisent les trois membres rencontrées. Un exemple très concret : le 1er novembre, aux entrées des cimetières du Petit et du Grand Sablon, des bénévoles ont proposé aux visiteurs une fleur à déposer au carré commun où sont inhumées des personnes décédées dans la rue ou d’une conséquence d’une vie à la rue. "Certaines sont venues nous remercier d’avoir pu faire un tel geste !".

Le collectif mène d’autres actions tel l’entretien des carrés communs, où l’on peut voir aujourd’hui, des réalisations symboliques, telles une passerelle, une barque. Pour gagner en efficacité, partager les interrogations, et alerter sur des données concrètes (Le Collectif Les Morts de la Rue a recensé 454 personnes "sans domicile" décédées en 2013, dont 15 enfants de moins de 15 ans), le collectif participe aux journées nationales des collectifs (une vingtaine en France), au forum annuel des "associations et collectifs luttant pur les morts isolés et les morts de la rue".

Le 3 juillet est devenu un moment fort :"cette date en début d’été est symbolique afin de montrer que l’on ne meurt pas seulement en hiver, mais à tout moment de l’année, au Jardin de ville, lieu à la fois populaire et touristique ". Moment d’une grande intensité, de partage, d’interpellation où sont cités les noms de tous Ceux, de toutes Celles qui nous ont quittés, où le rassemblement se veut ce moment d’une dignité retrouvée et partagée tout autant qu’une interpellation de la place de chacun dans la ville. Vous pouvez dès à présent cocher cette date sur votre agenda…

Collectif grenoblois Mort De Rue
contact : c/o Point d’Eau - 31 rue Blanche Monier 38000 Grenoble
Courriel
blog du collectif grenoblois
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Article publié dans Inter-Peuples n°235, avril 2015

[1Réunion le dernier jeudi du mois de 12h30 à 14h, à Point d’Eau, 31 rue Blanche Monier

[2Rencontre le 2ème jeudi du mois de 10 h à 12 h Maison des Habitants du centre ville, 2 rue du Vieux Temple

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