Solidarité contre les dérives du microcrédit au Maroc Avec la caravane organisée à Ouarzazate par ATTAC/CADTM Maroc

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Le CIIP s’est associé au CADTM-Grenoble et à l’association "Maroc Solidarités Citoyennes" pour organiser une série de projections d’un reportage-vidéo réalisé par Souad Guennoun. Ce reportage porte sur la caravane de solidarité internationale qui est partie de Ouarzazate en avril 2014 pour soutenir le mouvement des femmes contre les dérives du microcrédit au Maroc. Des projections et des débats avec Souad Guennoun ont eu lieu à Grenoble, Gap, Forcalquier et Arles entre le 21 février et le 14 mars 2015. Nous laissons la parole à Souad Guennoun pour raconter ces rencontres.

23 et 24 février à Gap 

Je passe en direct sur la radio locale chrétienne, avec Marie-Jo blogueuse de Solidarité Maroc 05, sur le microcrédit au Maroc et la lutte des femmes de la région de Ouarzazate. Pourquoi cette lutte dans cette région particulièrement ? Pourquoi ce sont les femmes qui portent ce mouvement contre le microcrédit ? Pourquoi la répression, le procès et quelle solidarité développer ?
La présentatrice, professionnelle, fait sa dernière émission. Suppression de poste, réduction budgétaire. On embauche des bénévoles, plus de budget pour les salaires. Discussion hors antenne sur l’austérité en France et les subventions qui ferment les robinets aux voix dissidentes, (y compris chrétiennes).

Rencontre à Gap au Centre Social sur le microcrédit. Organisée par Solidarité Maroc 05, Attac-Gap, et diverses associations locales : salle municipale, visages souriants, sympathiques, beaucoup de femmes, peu de jeunes. Environ 50 personnes
Projection puis débat et questions : qui sont les associations, organismes de microcrédit ? sur les taux d’intérêt du microcrédit ?
Un homme qui travaille pour « Solidarité eau Sud » (Mettre l’eau au service du développement) dans région Imilchil sur question de l’eau (se) demande : comment aider les habitants et travailler avec eux dans les petits villages au Maroc : exemple d’une région : l’élu local est corrompu et analphabète, son adjoint et les autres fonctionnaires sont de sa famille, un seul technicien pour une population pauvre dans le besoin de tout… Comment faire, par quoi commencer ? corruption, analphabétisme, pauvreté… Quel développement, quelle aide peut-on offrir aux populations ?

25 Février : Rencontre à Longo Maï (Limans, Forcalquier)

Traversons petits villages inondés, envahis de voitures. Plus de voitures que d’espace de parking. Le crédit pour acheter la voiture a dû être alléchant ! Arrivée dans la communauté de Longo Maï, accueil chaleureux, les uns travaillent en atelier de menuiserie, charpentes, d’autres bêchent, cultivent d’autres font du pain, des enfants libres de la communauté en bonne santé.

Entretien en direct à radio Zinzine, une des premières radios libres sans publicité, culturelle et citoyenne. Avec Marc Ollivier, nous sommes interrogés par Nick sur « l’hiver marocain », sur le contexte, la situation et les luttes. Emission en direct, deux jeunes s’occupent de la technique. Bref aperçu sur la situation et le contexte au Maroc actuel, après le Mouvement du 20 Février, les nouvelles luttes sociales, la répression, les relations Franco-marocaines…
Le soir, dîner collectif dans la grande salle. Au menu salade, purée à la morue, pain local en abondance, huile d’olive, eau, vin et convivialité.

Plus tard, projection et débat sur la lutte des femmes de la région de Ouarzazate et le microcrédit
Le débat est politique, s’oriente vers la question de quelles alternatives au microcrédit ? Quel développement ?. Peut-on parler de dérives du microcrédit, ou plutôt de la poursuite du développement capitaliste qui se généralise, commercialise et marchandise tout, l’air, l’eau, le sol, les savoir faire ?…
Je donne l’exemple de comment les savoirs faire des populations locales et plus particulièrement des femmes sont récupérés, après les avoir détournés de leur besoin et utilités quotidiennes pour les marchandiser. Pour cela l’exemple de l’arganier : le passage de l’huile d’argan de consommation locale pour se transformer en marchandise, puis en bio, exploitée dans la cosmétique… Le bio, pour de nouveaux marchés internationaux, juteux, au détriment de la population locale qui ne peut plus produire et consommer sa production locale et artisanale, car devenue très chère, et destinée au marché étranger. Parallèlement, d’autres huiles venues d’autres pays (moins chères et mauvaises pour la santé, sans apport nutritif), la remplacent sur le marché local. Les femmes sont dépossédées de leur savoir-faire, la communauté a perdu les terres où poussait l’arganier ancestral, pendant que des multinationales s’accaparent le savoir-faire, l’arganier et les terres collectives. Les associations de femmes venues des USA, d’Europe, financées par leurs États, sur recommandations des Nations Unies, sont venues « sortir les femmes de la pauvreté », les alphabétiser pour les sortir de la pauvreté au nom d’un développement solidaire, pour le bien et la libération des femmes… .
Le système du microcrédit a pris le relais, en offrant aux femmes des sous pour faire des petits projets, qui n’ont plus rien à avoir avec leur savoir-faire. A certaines on conseille de faire du fromage de chèvre, à d’autres un élevage de lapins… Les associations de microcrédit (AMC) portent toutes des nom alléchants : qui Amana, qui sécurité, qui … Ce système a permis de casser les solidarités, terroriser, criminaliser leurs luttes. Particulièrement dans la région de Ouarzazate où les luttes sociales, syndicales et les résistances sont fortes. Rappel des luttes des mineurs d’Imini, dans le secteur de l’hôtellerie, de l’enseignement, avec les premières luttes au début du démantèlement des acquis des travailleurs avec la mondialisation, privatisations…
Actuellement grand projet du Solaire pour alimenter les besoins européens. Ce projet s’accompagne de dépossession des terres, derniers nomades avec leur culture qui se perd ? Quelles alternatives ? Quelles solidarités ? Comment lutter ensemble ? Le microcrédit n’est qu’un élément du système de dépossession des populations locales, c’est une nouvelle colonisation.

28 février : Grenoble, 4 ème Forum des désobéissants à Fontaine

« Une journée d’échanges et débats autour des cultures populaires, des questions de société et de problématiques locale » A quoi rêvent les milieux populaires ? » se demandent les organisateurs. Plusieurs intervenants sont invités. Les interventions sont limitées à 12 mn. Se succèdent après la parole du maire de Fontaine, le communiste Jean Paul Trovero, les personnalités locales comme Paul Ariès, ….
J’interviens sur « la double peine des victimes du microcrédit. » Je remarque que je suis la seule femme et la seule du Tiers-monde à prendre la parole. Je parle de la tiers-mondialisation de la France et de mon arrivée à l’aéroport, routes et navettes bloquées par la neige et intempéries. Tout le monde branché sur la wifi, ils ont oublié de protester. Bouffés par la consommation, endettés de crédits, pour acheter le dernier portable, la voiture, la maison, ils oublient les liens de solidarité, la surconsommation, les services publics qui se cassent la gueule, les privatisations, les compressions d’emplois, les grignotages des acquis conquis après de longues luttes, les heures supplémentaires pour rembourser…
Nous sommes logés a la même enseigne : comment réagir, désobéir ensemble ?. Les femmes de Ouarzazate ont désobéi : « Dégage microcrédit ! » crient-elles. Elles ont été dépossédées de leurs savoir-faire : pain, construire en terre, cuisine, épices, médecine, tapis, musique, poésie, chants,… pour mise en place de dépossession puis marchandisation de leurs savoir-faire : introduction du système microcrédit qui produit dette, consommation, pauvreté. Mécanisme d’une nouvelle colonisation : exemple le grand projet solaire à Ouarzazate destiné à fournir l’énergie en Europe et qui ne profite pas à la population locale : dépossession de l’eau, des terres, anciens nomades et cultures se perdent, la route des caravanes effacée à jamais…Nouvelle colonisation. Nouvel accaparement des richesses naturelles, humaines. Quelles alternatives ? Le BIO au Nord ? Vos rêves sont nos réalités : Le système capitaliste s’approprie nos rêves, les transforme en argent, en finance. Désobéir ensemble. Comme les femmes de Ouarzazate. « Nous ne payons pas ! »
La pauvreté n’est pas une fatalité, comme dit mon amie Emilie du Bénin, qui a trouvé et mis en place une alternative avec la banque de femmes au Bénin pour apprendre à lire, à compter, à fabriquer, à produire, avec d’autres femmes, toutes dans la même situation.
Rencontre et contacts, stands et lecture.

2 mars : Grenoble, Cinéma Le Club 

Projection suivie de débat public lundi 2 mars, cinéma Le Club : rencontre « Face aux dérives des micro-crédits dans le sud marocain : la Résistance des Femmes : présentation du film « caravane de Solidarité Internationale contre les dérives du micro-crédit ». Exposition photos, petits gâteaux, thé avant projection.
Organisé par Maroc Solidarités Citoyennes, CIIP Centre d’Information Inter-Peuples, Attac Isère, groupe CADTM de Grenoble. Présentation par Marie-Paule Geney, au nom des organisatrices de la rencontre.
Projection dans salle de ciné public, environ 60 personnes, plus de femmes que d’hommes, beaucoup de jeunes. Discussions sur la situation au Maroc, après le M20F (Mouvement du 20 février), sur les luttes, le MicroCrédit, les femmes, le crédit.
Beaucoup de questions, quelques interventions. Je parle des nouvelles luttes : agrobusiness dans le Souss, les marins et l’accaparement des terres, des cultures, des côtes, plan Aliutus, Plan Maroc Vert, dépossession et multinationales, nouvelles terres de conquêtes, nouveau port de Tanger, zone franche, Renault-Dacia qui exploite une main d’œuvre jeune, alphabétisée, consciente et qui ne se laisse pas faire. Ce sont les nouveaux secteurs de luttes qui nous concernent tous, citoyens du nord comme du sud. Exemple Ouarzazate, région riche en matières premières : terre, mines, eau, soleil. Luttes dans secteurs mines, projet gigantesque solaire pour distribuer et consommer en France. Au détriment des populations locales qui sont déracinées de leur terre, les derniers nomades et leurs cultures qui disparaissent avec leur troupeau, les terres collectives sans frontières, les restes de la route des caravanes qui traversaient Tombouctou, le Mali…
Aujourd’hui les routes militarisées, les habitants terrorisés, au nom de la lutte contre le terrorisme, qui unit les armées, bombarde de drones les populations civiles, les déshérités du nouveau capitalisme qui n’accepte aucune entrave à son avancée dévastatrice. J’ai retrouvé dans la salle Fiston, migrant et militant à Rabat qui a réussi à passer à travers les frontières de barbelés, des lois sécuritaires, le racisme …pour arriver en France.
Film bien reçu, surtout pour l’énergie des femmes qui s’en dégage à travers leur lutte contre un système dantesque. Débat dans la salle, environ 100 personnes. A travers le film, la lutte des femmes de Ouarzazate s’est orientée vers la lutte contre un mécanisme de développement. Comment des femmes exclues, analphabètes, marginalisées, ont compris le mécanisme de l’endettement, pour le dénoncer, puis mettre à nu l’engrenage de la dette. Pourquoi ce mouvement s’est développé dans la région de Ouarzazate ? Région peine de richesse : mines et ressources minières : cobalt, manganèse, argent, or…. mais pauvre.
Développement dans les années de la mondialisation du secteur touristique : hôtels grands et plusieurs étoiles, tourisme de luxe, tourisme chez l’habitant, maisons d’hôtes, tourismes solidaires, tourisme de randonnées,….Secteur qui a fait travailler les femmes de la région, qui se sont syndiquées, puis les hôtels ont fermé, mis au chômage les ouvrières de l’hôtellerie. Elles se sont organisées, syndiquées, fait grève.
Par la suite les microcrédits sont arrivés.
Une grande syndicalisation dans la région et lutte importante dans les mines : rappel de la lutte des mineurs d’Imini en 2005, pour la remise en question des acquis et le démantèlement du secteur avant privatisation. La lutte d’Imini a eu le soutien des mineurs du Pas de Calais et une solidarité nationale s’est développée, à travers une caravane nationale avec les mineurs syndicalistes emprisonnés.

Avec le mouvement du 2O février 2011, Ouarzazate a connu une série de luttes et de grèves de divers secteurs : enseignants, hôtellerie, mineurs, et notamment la lutte des habitants d’Imidert contre la pollution des eaux par la société qui exploite la mine, et qui n’est autre que MANAGEM, qui appartient holding royal ! Les habitants d’Imidert sont toujours en lutte, encerclés par les forces de répression, mais ne baissent pas les bras. Leurs dirigeants sont condamnés à de la prison (cf. blog de solidmar05 pour info).
Depuis les luttes se poursuivent mais une grande répression vise les dirigeants syndicaux, parmi lesquels : Omar Oubouhou qui parle dans le film et aussi le procès de Amina Morad et Nasser Ismaili, les organisateurs du mouvement des victimes du microcrédit : après retrait des autres associations l’association INMA -liée à l’ONG AMSED et Planet Finance- plusieurs reports, a obtenu en procès en appel la condamnation des 2 organisateurs à : 1 an de prison ferme, 30 000 dh d’amende et 10 000 dh comme indemnité à l’association INMA .

Nous assistons, et cette région de Ouarzazate en est une illustration, à une nouvelle colonisation pour le contrôle des richesses et l’accaparement des terres et ressources naturelles. La lutte des femmes de Ouarzazate contre Le Microcrédit, n’est qu’un grain de sable dans le mécanisme de l’endettement. Il est d’autant plus important que se sont des femmes dites pauvres et analphabètes qui en sont le fer de lance et qui ont démontré que « la lutte contre la pauvreté » n’est qu’un prétexte pour les déposséder encore plus de leur savoir-faire, de leur culture, de leur terre, agriculture, pâturage et élevage, de leur pain, leurs plantes médicinales, leurs épices culinaires, aromatiques, corporelles, leurs bains et hammams, leurs tapisseries, leurs poteries …
Pour les appauvrir, pas même les prolétariser, comme au siècle passé, mais en faire des endettées, esclaves des finances. Pour en faire des consommatrices sans culture ni identité, esclaves de la consommation. C’est le modèle de développement qu’on a mis en place qui prend nom de moderne, qui au nom d’une modernité et universalité nivelle et dépossède les peuples du sud. Les peuples de L’Amérique dite Latine en prennent conscience, cherchent et trouvent des alternatives qui nous interpellent tout-es aujourd’hui.

8 mars : rencontre à la Maison des femmes à St Martin d’Hères, en coordination avec Martine Toulotte pour le CADTM.

Projection-débat. Mathilde, une des pionnières MLF, luttes droit au logement, contre les expulsions… Daouia : femme maghrébine algérienne, femme de ménage dans la zone industrielle, a mené une lutte importante pour le transport de nuit dans la zone déserte. De cette lutte, les solidarités se sont tissées dans le quartier et dans toute la zone entre divers mouvements de lutte et de femmes. Une jeune femme Alirée s’occupe de la maison des femmes du quartier qui organise rencontres, débats, initiatives de luttes. Un cadre agréable et convivial.
Pour la rencontre de ce jour, les femmes ont préparé les gâteaux, boissons, la salle,
Après la projection, le débat a tourné sur pourquoi le microcrédit, à quoi sert le microcrédit si c’est pour appauvrir encore plus les femmes ? Existe-t-il le microcrédit en Algérie ?

Quelles alternatives au microcrédit ?
J’ai longuement repris , à partir de l’exemple de l’argan, qui poussait dans les terres collectives : l’huile était destinée à la consommation locale… comment au nom de libérer les femmes, les alphabétiser, des associations avec des subventions européennes, américaines… ont créé de petites structures, dites coopératives ou fondations, pour commercialiser l’huile d’argan, prolétariser les femmes pour une modique somme, puis le système s’est développé pour permettre à la parapharmacie de breveter –labéliser le produit Argan (marque déposée), puis le marché du bio s’y est mis, puis les recherches et le business, on trouve aujourd’hui des arganiers replantés en Israël… La chaîne de production, exploitation de la main d’œuvre, de la terre, de la dépossession des biens et ressources ne profite aucunement aux femmes, sinon au marché de plus en plus avide de gains, de profits pour l’agro ou le bio business. Une fois que ces femmes ont touché au goût de l’argent, les associations, organismes de microcrédit rappliquent comme des rapaces pour proposer leurs produits aux noms tant rassurants : Damana, Amana… Dépossession des savoir-faire des femmes, puis leur commercialisation.
D’autres exemples, tel le tapis que les femmes de la région savent si bien faire, très demandé dans le marché européen, qui se vend cher, mais sans profit pour les femmes qui le travaillent, le créent, le dessinent, vont chercher les teintes naturelles… Et voilà un des circuits qui poussent les femmes à se tourner vers le microcrédit.
Pour conclure, la lutte des femmes contre le microcrédit est un grain de sable dans le mécanisme de la dette.
Il est important de comprendre cette lutte, de la soutenir et se solidariser avec les victimes, de l’élargir. Aujourd’hui les femmes de Ouarzazate disent : « dégage microcrédit » et dans le contexte international, avec le peuple grec qui refuse de payer la dette, c’est encore plus réel que jamais que cette lutte est un grain de sable dans le mécanisme de l’endettement des États pour les faire plier, pour faire plier les peuples.

12 et 13 mars : rencontre-projection à Arles, et retour à Longo Maï de Forcalquier pour une intervention dans l’assemblée générale du Forum Civique Européen

Maison de la vie associative organisée par Attac Arles et Forum Civique Européen (Mas de Granier). Environ 40 personnes, beaucoup de questions. Peu de débat.
Pour un militant d’ATTAC-Arles, la solution est de "sortir de l’euro"...

A Forcalquier, rappels des luttes qui nous concernent de part et d’autre  : marins contre plan Aliutus, ouvrier-es agricoles contre Maroc plan Vert, grand projet de solaire à Ouarzazate pour fournir électricité en France,
Nous sommes dans la même galère, nous mangeons la même salade, les oranges, tomates cerises dans vos assiettes, les mains d’œuvre maltraitées, mal payées en lutte contre les multinationale de l’agro-bio-business.
Puis appel aux femmes de Longo Maï à visiter sur place les femmes de Ouarzazate, à développer échanges et rapports équitables vraiment, échanges sur épices, cuisine, pain, savoir-faire...
Les relations France Afrique ont repris, au nom de la lutte contre terrorisme, l’étau se serre contre les peuples, leurs luttes, leurs terres. Il s’agit d’une nouvelle conquête du capital encore plus dévastatrice et qui nous concerne tous, hommes, femmes, citoyens, consommateurs, travailleurs, au nord comme au sud.
Les voiture Renault-Nissan se produisent dans les nouvelles zones industrielles, zones sans droits. Les jeunes, formés, diplômés, travaillent dans des conditions qui sont inadmissibles en France, exploités pour produire les voitures françaises destinées à l’Afrique, avec bas salaires, pendant qu’en France, les travailleurs de Renault sont mis au chômage. Une nouvelle concurrence de la main d’œuvre des travailleurs que le capital international mène pour de nouveau casser les liens, les solidarités, en finir avec la classe ouvrière, le prolétariat et ses structures syndicales, ses acquis.
Ces luttes nous concernent tous et partout. Nous sommes tous embarqués dans la même galère, nous mangeons le même pain OGM, tomates pesticidées, légumes biologisés-labélisés.

Résumé : 5 projections du documentaire sur la caravane de solidarité avec la lutte des femmes contre le microcrédit dans la région de Ouarzazate

Le film projeté a été reçu différemment selon le public, pour les critiques il est trop long, pas assez explicite sur la question, trop de sous-titrage….
A chaque présentation le débat a été différent, soit plus ou moins "technique" sur les détails du microcrédit (taux de l’emprunt, délai, associations), mais dans l’ensemble c’est sur le "mécanisme" du microcrédit et l’engrenage pour la dépossession des femmes de leurs savoir-faire, le démantèlement de leurs solidarités, pour les pousser à consommer autrement, c’est à dire à rentrer dans le circuit de la consommation et de la finance. Dans un développement capitaliste, libéral, consumériste, inégal....C’est là le point le plus important que par et grâce à leur lutte, les femmes de Ouarzazate ont fait apparaître.
J’ai essayé de faire un récapitulatif des différentes rencontres, avec sûrement des répétitions, des oublis... Je tiens à vous remercier chaleureusement pour les préparatifs, l’organisation des rencontres, les déplacements, les frais occasionnés, le partage, la solidarité et l’amitié au-dessus des frontières qui n’a pas de prix par ces temps de divisions, d’intolérances...

Souad Guennoun, Casablanca, 22 mars 2015
Pour d’autres commentaires voir l’interview accordé au CADTM par Souad Guennoun

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