Elections départementales : des résultats alarmants édito mai 2015

Publié le : , par  CIIP

Nous sommes très inquiets face aux résultats des élections départementales. D’une part, l’abstention de 50% des électeurs manifeste un grave déficit de l’expression démocratique. D’autre part, le score du Front National (25% des votes exprimés), même s’il ne débouche pas sur des présidences départementales, constitue une lourde menace contre nos valeurs. La prétendue "dédiabolisation" de ce parti via Marine Le Pen ne saurait occulter l’essentiel, à savoir une pensée profondément réactionnaire, nationaliste, antisociale et raciste. Et son accès éventuel au pouvoir - même si cette hypothèse peut sembler peu probable à certains - ne pourrait qu’amener le pire. Cependant nous restons conscients de l’enfumage médiatique fabriqué par François Hollande et Manuel Vals pour faire du FN un épouvantail démesuré chargé de rabattre les électeurs à leur profit. Mais ce qui est presque aussi grave, face à la crise sociale et économique à laquelle nous sommes confrontés, c’est qu’à la différence de la Grèce et même de l’Espagne, c’est le fait que la majorité des votants soutiennent la droite de Nicolas Sarkozy, qui reprend et relaie les mêmes accents anti-immigrés et islamophobes du Front National. Compte-tenu de l’effondrement du Parti socialiste et de ses comparses, comment comprendre la faiblesse d’une gauche de la gauche, écologiste et sociale ? Pourquoi le mécontentement populaire se tourne t-il vers Podémos en Espagne et Syrisa en Grèce, et vers l’abstention, la droite et l’extrême-droite en France et en Italie ?

Un mot sur le contexte isérois. Non seulement le front National progresse très fortement - en moyenne 35 à 38% des suffrages exprimés dans le Nord Isère, de 27 à 29% à Echirolles et Fontaine !- mais le département passe à droite. On pouvait certes critiquer les orientations du Conseil Général sortant : arrêt brutal de l’hébergement en hôtel des familles avec enfants, soutien significatif au projet "Center Parks" à Roybon… Mais les orientations du nouveau Conseil départemental exposées par le Président Jean Pierre Barbier le 2 avril sont plus qu’inquiétantes : crédits augmentés en direction de "grands" projets d’équipements routiers (A 51 ?), soutien accentué au Center Parks… et pas un mot sur l’action sanitaire et sociale, qui est pourtant le domaine prioritaire du Conseil départemental. Pire : annulation des crédits en soutien au dispositif d’hébergement d’urgence du Rondeau. La Cisem (Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants) a aussitôt dénoncé cette décision en rappelant que "s’il est une mission centrale du Département, c’est bien le social, notamment la protection des familles en grande difficulté". On peut craindre aussi une diminution des subventions attribuées aux associations de solidarité. Autre annonce très inquiétante des élus du canton du Haut-Grésivaudan : "De la solidarité mais pas de l’assistanat. Arrêt de la coopération internationale au profit des besoins de notre département". Une note d’espoir cependant : les bons scores à Grenoble du Rassemblement citoyen dont deux candidat-e-s ont été élu-e-s.

Quoi qu’il en soit, le CIIP est bien décidé à intensifier ses initiatives et ses actions de solidarité aussi bien internationales que locales, au plus près des exclus, là-bas et ici. Et à interpeller tous les pouvoirs, de gauche comme de droite, pour que soient prises en compte les valeurs et les exigences de solidarité et d’égalité des droits. En espérant qu’émergera enfin en France une véritable alternative politique, sociale et écologique…

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