Ces migrants qui nous interpellent

Publié le : , par  CIIP

En 2015, des photos d’enfants resteront gravées dans nos esprits : celle d’un petit garçon mort échoué sur une plage et celles de dizaines d’autres, épuisés, marchant difficilement sur les traverses des chemin de fer des pays européens qui les rejettent... Images révoltantes, images de ces migrations massives qui nous renvoient à nos propres responsabilités : allons nous laisser les frontières se fermer toujours plus, ou agir pour accueillir et lutter contre les causes multiples qui fabriquent de tels drames ?

Nous sommes convaincus qu’il faut ouvrir les frontières, aucune n’a jamais dissuadé de partir ceux qui quittent tout pour tenter de sauver leur vie. Elles rajoutent seulement encore et encore de la souffrance, jusqu’à la mort souvent, à un exil et un voyage déjà inhumains. La convention de Genève de 1951 fait obligation d’accueillir ces migrants qui fuient les guerres et les persécutions. Elle n’est pas appliquée pour de très mauvaises raisons : l’Union européenne et les pays qui la composent ne seraient pas en capacité d’accueillir touts les migrants du monde. Mais, selon le HCR, sur 55 millions de personnes déplacées en raison des guerres, 35 le sont dans leur propre pays, 15 autres dans les pays voisins. Ainsi, c’est d’abord au Liban, en Jordanie, au Pakistan et en Turquie que les Syriens trouvent refuge. Seulement 5 millions parviennent aux portes des pays développés, dont 800 000 en Allemagne et 240 000 en France… Pas vraiment un invasion ! Une autre raison évoquée c’est que des migrants fuyant la faim et la misère se glisseraient parmi les « vrais » réfugiés. Il faudrait donc faire le tri entre les réfugiés des guerres et ceux de la misère ? C’est inacceptable. Sans doute faudra-t-il donner encore plus de visibilité à notre colère pour nous faire entendre, pourquoi ne pas discuter d’un grand rassemblement sur un point névralgique d’une frontière, comme d’autres l’ont fait à Calais ?

Si nous voulons accueillir, il nous faut refuser fermement les politiques mises en œuvre par l’Union européenne et notre gouvernement, car l’accueil c’est d’abord de leur responsabilité parce qu’ils ont les compétences et les moyens logistiques de l’organiser.

Ce qui n’empêche pas, bien au contraire, l’action des citoyens et des associations avec les migrants qui s’exprime souvent par des actes indispensables de solidarité concrète, mais aussi par un travail de conviction contre la xénophobie ambiante. C’est à nous de montrer que le repli sur des identités crispées nous rapetissent, que nos mélanges sont nos richesses. Mais pour cela il faut que nous ayons tous et toutes le choix de partir ou de rester dans notre pays, la liberté d’aller et venir. C’est pourquoi plus que jamais nous devons exiger la liberté de circulation et d’installation. Au delà, il nous faut agir pour des changements radicaux : l’arrêt du pillage multiforme des pays en voie de développement, un changement profond de la politique agricole européenne qui ruine les économies et les agricultures locales, une réelle aide au développement. En effet, celle-ci est assurée essentiellement par l’épargne privée à hauteur de 583 milliards envoyés par les émigrés vers leur pays d’origine et seulement par 123 milliards versés par les pays de l’OCDE... Cela passe aussi par l’arrêt des coopérations militaires et policières, l’arrêt des ventes d’armes et des opérations militaires... Nous pensons qu’une solidarité responsable qui va jusqu’au bout exige aussi de s’attaquer à toutes les causes qui créent ces migrations forcées.

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