Nous n’accepterons jamais l’état d’urgence !

Publié le : , par  Roseline Vachetta

Censé être un outil dans la lutte contre le terrorisme, l’état d’urgence est surtout une atteinte féroce contre nos libertés individuelles et contre nos droits.
C’est d’abord la réduction drastique de nos libertés : à ce jour, 2700 perquisitions réalisées de jour comme de nuit, souvent avec une brutalité policière gratuite et disproportionnée, c’est le moins que l’on puisse dire. Ainsi Resf 38 dénonce celles effectuées contre deux familles étrangères : des policiers en nombre qui diront n’avoir rien de particulier à reprocher à ces familles, certains cagoulés, menottent le père, fouillent les cartables des enfants, copient des données sur l’ordinateur… Au fond un outil dans la chasse aux sans papiers. Ailleurs ce sont des militants associatifs, écologistes, politiques ou des musulmans supposés radicaux qui ont vu leurs portes défoncées. Les atteintes aux libertés, ce sont aussi les assignations à résidence pour 360 personnes à ce jour. Pointer 3 fois par jour au commissariat, devoir être chez soi de 20 h à 6 h, c’est non seulement une atteinte au droit d’aller et venir mais aussi l’empêchement concret de vivre… Tout cela sans commission d’actes répréhensibles mais sur la base de comportements et sans l’aval d’une instance judiciaire. Au bon vouloir du préfet de chaque département. La première conséquence c’est que ça jette le doute, la suspicion, la peur chez les voisins des "perquisitionnés" et ça renforce l’isolement de ces derniers.
Mais c’est également la réduction de nos droits : interdiction de manifester, de certains spectacles, fermetures temporaires de bars, de salles de spectacle, dissolution d’associations… lorsqu’elles remettent en cause l’ordre public. Là encore, cela tend à nous diviser, à nous isoler les uns des autres.
Avec les conséquences que l’on connaît maintenant : augmentation sensible des agressions racistes en particulier contre les musulmans ou supposés tels, harcèlement et complications incessantes pour faire appliquer notre droit de citoyen à manifester, casse de nos solidarités. Nous pensons qu’il y a d’autres urgences : sociale, climatique, sociétale et que ce pouvoir en état de guerre nous détourne de l’essentiel.

C’est pour cela que les résistances s’organisent comme à Grenoble, où plus de 300 personnes se sont rassemblées et ont répondu à l’appel de 23 associations, syndicats, partis, le mardi 15 décembre. Et ce n’est qu’un début !

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Refusons l’état d’urgence - Multiplions les solidarités
Banderole de la manifestation à Marseille, le 14 décembre 2015

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