Contre tous les racismes édito de mars 2016

Publié le : , par  CIIP

21 mars 1960 : une manifestation non-violente de protestation se tient à Sharpeville, en Afrique du Sud, contre la loi de "laissez-passer", une des plus honnies de l’Apartheid qui imposait aux Noirs d’avoir en permanence sur eux un document les autorisant à circuler. Bilan : 69 morts parmi les manifestants. Ce massacre de Sharpeville fut un moment décisif dans la lutte contre l’Apartheid. Six ans plus tard, l’Assemblée Générale de l’ONU instituait ce 21 mars "Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale".

Aujourd’hui, la lutte contre le ou plutôt les racismes est plus que jamais d’actualité et impérative. Face aux multiples discriminations dont sont notamment victimes les populations Roms, condamnés à errer de bidonville en bidonville, et des quartiers populaires (contrôles d’identité sans récépissés, chômage massif, discriminations de toutes sortes…) – descendant-e-s majoritairement des ex-colonisé-e-s-, des associations ou collectifs se sont créés pour lutter notamment contre l’islamophobie ou la négrophobie. On peut y voir une expression légitime de populations subissant un réel racisme d’Etat, même si la Constitution française affirme l’égalité des droits, dans une société et des logiques économiques et politiques d’exclusion. Des combats antiracistes portés surtout jusqu’aux années 2000 par des Comités français-immigrés, le MRAP, Ras L’Front ou encore SOS Racisme qui portait principalement la lutte contre l’antisémitisme. Mais de nouvelles associations ou de nouveaux groupes, implantés dans les quartiers populaires, agissent aujourd’hui plus spécifiquement contre l’islamophobie ou encore la négrophobie. Sans oublier les mobilisations contre le sexisme ou l’homophobie.

Être attentif à toutes les formes de racisme et de discrimination, à l’écoute des mouvements agissant contre telle forme de racisme, surtout en cette période extrêmement inquiétante d’état d’urgence et de projet honteux de déchéance de la nationalité, c’est une priorité qui s’impose. Mais il est aussi prioritaire d’établir des passerelles entre ces pôles antiracistes afin d’éviter tout émiettement et toute concurrence victimaire. Un combat antiraciste conséquent doit tenir les deux bouts de la chaîne et, surtout, dégager et construire une analyse sociopolitique des mécanismes d’exclusion et de domination.

La lutte antiraciste se doit d’être un combat politique, idéologique et juridique contre toutes formes de racisme et de discrimination. On ne pourra jamais vaincre le racisme sans s’attaquer aux fondements d’un système inégalitaire et discriminatoire.

Édito publié dans Inter-Peuples n°244, mars 2016

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