Syndicat Multi professionnel des Travailleurs Sans-Papiers de la CGT (SMTSP – CGT)

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Parmi nos partenaires, le Syndicat multi professionnel des travailleurs sans papiers de l’Isère.

À quand remonte en France et à Grenoble le mouvement des travailleurs sans papiers, et plus précisément la constitution en Isère du Syndicat multi professionnel des travailleurs sans papiers ? Avec quel objectif central ?
Le Syndicat CGT des Travailleurs Sans-Papiers de l’Isère a été formé en juin 2008 dans la foulée du grand mouvement des travailleurs sans-papiers de la région parisienne qui avait débuté en avril 2008 avec une première vague de grèves et occupations. Plus de 6000 travailleurs sans-papiers s’étaient mis en lutte avec la CGT en occupant des entreprises et des endroits stratégiques. Ces luttes ont duré plusieurs mois. Un travailleur sans-papiers s’est adressé à l’Union Départementale de la CGT afin de constituer une structure dans l’Isère.
L’objectif principale du syndicat était de permettre les TSPs de sortir de l’ombre et de clamer haut et fort leurs revendications pour des droits en tant que travailleurs à part entière.

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"Les Travailleurs sans papiers ne veulent plus se cacher !"
Photo P. Savoye

A-t-on une idée du nombre de travailleurs/travailleuses migrant-e-s sans papiers en Isère ? Combien la CGT suit-elle de "dossiers". De quelles nationalités ? Pourquoi est-il si difficile d’obtenir une régularisation ? Quelles sont les causes du "blocage" de la préfecture ?
Nous n’avons pas de chiffre précis du nombre de TSPs en Isère. D’ailleurs l’Etat ne le sait pas non plus (aveu du préfet actuel lorsque nous lui avons posé la question au mois de janvier). Par contre on estime leur nombre en France d’au moins 400 000 personnes, ce qui laisse supposer l’ordre de 2 à 4 mille en Isère.
Le SMTSP de la CGT suit à peu près une trentaine de dossiers par an. La grande majorité sont de nationalité algérienne. En beaucoup plus petit nombre sont les Marocains, Tunisiens, Congolais, Maliens et Sénégalais.
Les dossiers trainent longtemps à la préfecture, sous toute sorte de prétexte et n’aboutissent que par notre ténacité et grâce à des mobilisations publiques du syndicat et ses sympathisants. La politique de la préfecture est d’accorder des titres au compte-gouttes et de manière arbitraire. Le blocage principal de la préfecture est l’évocation des accords bilatéraux (entre pays) pour refuser que les Algériens et Tunisiens bénéficient de la circulaire Valls qui permet une régularisation par le travail.
Comme la majorité de nos membres est d’origine algérienne cela nous pose un problème important.

Comment luttez-vous pour arracher la régularisation de tous les travailleurs. travailleuses sans papiers (rassemblements, manifestations, autres actions ?) Quel est votre argument principal pour exiger cette régularisation ?
Nous faisons des distributions de tracts, des rassemblements et manifestations ainsi que des conférences de presse. Nous participons aussi aux manifestations des organisations syndicales, par exemple celle du premier mai. A plusieurs reprises nous avons manifesté devant le Tribunal Administratif pour soutenir des camarades dont les affaires étaient en cours. Nous avons occupé la Direccte [1] en juin 2011 à la suite de blocages sur nos dossiers par la Direccte. En septembre 2012 nous avons organisé un concert avec l’intersyndicale (FSU, CFDT, Solidaires, UNEF, UNL et l’UNSA) au Jardin de Ville.
Nos arguments principaux pour exiger la régularisation des travailleurs sans-papiers sont que les papiers leur permettent d’avoir des droits comme tout travailleur (protections sociales, salaires et conditions de travail décents) et que d’avoir une armée de travailleurs clandestins permet aux patrons de tirer tous les salaires vers le bas.

Le Syndicat des travailleurs sans papiers tient une permanence tous les vendredis à partir de 16h00 à l’Union Départementale de la CGT, Bourse du Travail, 32 avenue de l’Europe, 38100 Grenoble (en face de Grand-Place). Tout travailleur sans-papier peut se renseigner à la permanence et ils sont encouragés à se joindre à nous.
On peut également appeler l’Union Départementale de la CGT au 04 76 09 65 54

Article publié dans Inter-Peuples n°244, mars 2016

[1Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi.

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