AGIS - Association des Guinéens de l’Isère

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AGIS a pour priorité notamment de faciliter l’intégration des Guinéens de Grenoble et la promotion de la démocratie à la base, la vulgarisation du respect des droits de l’Homme, l’éducation Citoyenne...

Contacts  : DIALLO Ibrahima Pellel, Président de AGIS,
ibrahim.dialloi1 chez hotmail.fr ou infoagis@ yahoo.fr

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Entretien avec Ibrahima Pellel Diallo paru dans Inter-Peuples n°215, mars 2013

Quand a été créée l’Association des Guinéens de l’Isère ? Avec quels objectifs au départ ? Combien y a t-il approximativement de Guinéens en Isère ? Surtout des étudiants ou également des familles ?

"AGIS" Association des Guinéens de l’Isère est une association de loi 1901 qui a vu le jour le 22 juin 2003 à Grenoble. Elle regroupe l’ensemble des Guinéens vivant sur le département de l’Isère, soit environ 300 personnes dont 90 % sont des étudiants, repartis dans les différentes Universités et Écoles de l’Agglomération grenobloise. Les 10 % sont nos compatriotes qui exercent des activités professionnelles dans les entreprises, dans les commerces dans la restauration, les services de sécurité dans le monde sportif, et naturellement des demandeurs d’asile.

Les objectifs premiers des pairs fondateurs étaient les suivants :

  • Le renforcement des liens d’amitié et de solidarité entre les Guinéens résidents sur le département de l’Isère et la population d’accueil.
  • La défense des intérêts des membres de l’Association en particulier et de la Guinée en général.
  • La promotion et la vulgarisation de la culture guinéenne et africaine dans notre ville d’accueil et dans toute la France.

Ces objectifs demeurent et nous comptons aussi œuvrer davantage pour le développement économique et social de notre pays d’origine.

Quelles ont été les principales initiatives / actions menée depuis votre création ?

L’AGIS a réalisé plusieurs activités. Nous pouvons en citer quelques-unes comme les soutiens aux Guinéens primo-arrivant à Grenoble dans le cadre des études, pour faciliter leurs démarches administratives notamment la régularisation des papiers et les inscriptions universitaire ainsi que le logement au CROUS. De façon générale, l’association les aide à s’insérer au mieux dans la communauté étudiante. Nous menons aussi des actions sociales et de solidarité au sein de la communauté guinéenne de Grenoble.
Nous avons été les pionniers dans l’organisation de la semaine culturelle guinéenne sur la ville de Grenoble. Cette initiative est devenue une vitrine africaine sur le campus de Grenoble Université. Depuis 5 ans, elle a été élargie à d’autres pays africains d’où sa nouvelle appellation la SECA "Semaine Economique et Culturelle Africaine". D’ailleurs l’édition SECA 2013 est prévue entre le lundi 25 et le samedi 30 mars 2013.

En résumé comment pouvez-vous définir la situation de la Guinée sur le plan de la démocratie, des libertés, des droits humains ?

Permettez-moi de présenter mon pays la Guinée–Conakry. C’est un pays francophone de l’Afrique de l’Ouest, elle couvre une superficie de 245 857 Km², sur une population estimée à 10 millions d’habitants en 2010. Le pays est très riche en ressources minières et hydro-énergétiques. Ce qui lui vaut d’être appelé "Scandale Géologique" ou encore "Château d’Eau de l’Afrique de l’Ouest". La situation du pays est préoccupante en matière de démocratie, des droits de l’Homme et des libertés. La démocratie en Guinée est naissante et fragile. Depuis l’avènement du multipartisme dans les années 1990, ce n’est qu’en 2010 que le pays a eu son premier président "démocratiquement élu". La Guinée traverse une période charnière de son existence, la transition entre régime militaire pour un régime civil est difficile. Les partis politiques étant fondés sur des bases ethniques et régionalistes, chaque période électorale exacerbe les tensions interethniques et menace fortement la cohésion sociale. Le pays peine toujours à organiser des élections législatives qui normalement devaient avoir lieu en mai 2011 soit 6 mois après l’élection présidentielle de novembre 2010. Les différents acteurs politiques (pouvoir et opposition) n’arrivent pas à s’accorder sur les modalités d’organisation du scrutin.
Les droits de l’Homme sont bafoués, l’absence des contre-pouvoirs politiques émanant des citoyens en est une parfaite illustration. Les manifestations politiques ou de jeunes, si elles ne sont pas favorables au pouvoir en place, ont toujours été violemment réprimées dans le sang : ce fut le cas notamment en juin 2006, en janvier et février 2007, le 28 septembre 2009.
Néanmoins, l’expression pluraliste voit progressivement le jour avec l’apparition de medias privés et l’éducation civique des jeunes. Un Ministère des Droits de l’Homme a récemment été créé. Cela est modeste mais nous permet de garder un espoir pour notre pays, si l’avenir appartient à la jeunesse bien entendu. Je ne suis pas exagérément pessimiste, pas totalement optimiste non plus, car il y a une véritable culture de l’impunité en Guinée Conakry !

Quelles sont vos priorités actuelles ?

L’AGIS a pour priorité l’organisation et la participation à des activités économiques, sociales, culturelles et sportives, dans l’optique de faciliter l’intégration et l’épanouissement des Guinéens de Grenoble.
Créer et dynamiser des relations avec les associations grenobloises et les étudiants internationaux du département.
Mettre en place les bases d’une coopération Guinée-Grenoble dans le cadre de la coopération internationale en particulier sur des projets orientés vers les pays du Sud, notamment dans le domaine de l’Éducation, la Santé, le Développement durable, etc.
La promotion de la démocratie à la base, la vulgarisation du respect des droits de l’Homme, l’éducation Citoyenne sont aussi des priorités.

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