Solidarité contre la répression en Egypte

Publié le : , par  Roseline Vachetta

Appelée par les forces démocratiques et progressistes égyptiennes contre la vente, contraire à la Constitution, des îles égyptiennes de Tiran et Sanafir à l’Arabie saoudite, la manifestation du 25 avril 2016 a dégénéré et entraîné une très forte répression policière et judiciaire. Une de plus !

Des arrestations de masse
De nombreux manifestants ont été arrêtés ce jour-là et beaucoup condamnés à de lourdes peines, dont 150 magistrats sanctionnés par deux années de prison chacun. Cette répression de masse est revendiquée par le ministère de l’intérieur du gouvernement de Sissi qui donne le chiffres suivant : 11 877 personnes auraient été arrêtées entre janvier et septembre 2015. Toujours d’après le ministre de l’intérieur, tous sont membres de "groupes terroristes", appellation vague et fausse incluant tout à la fois des Frères musulmans et des opposants progressistes remettant en cause la politique du gouvernement.

Terroriser ceux/ celles qui se rebellent
Hélas la situation n’est pas nouvelle. Des journalistes, des avocats, des juges, des activistes sur de nombreuses questions sociétales ou des sujets économiques sont enfermés par centaines, comme par exemple Haitham Mohamedain. Ou encore des artistes, des groupes musicaux, ainsi les membres du groupe satirique qui se moquent du pouvoir, le critiquent et appellent à lui résister "Atfal Ghawarea" ont aussi subi une forte répression, dont les interdictions de se produire et le "vol" de leur matériel. Et pourtant 300 000 jeunes les suivent sur facebook ! Il y aurait, difficile de connaître le chiffre précis, des dizaines de milliers de prisonniers politiques dans les geôles égyptiennes.

Une justice vraiment d’exception
D’abord il y a tous ceux et toutes celles qui croupissent dans les prisons sans aucun jugement. Certains y sont depuis deux années, sans chef d’inculpation, sans visite d’avocat et sans date de jugement. Par ailleurs, les tribunaux militaires, tribunaux à l’origine réservés aux militaires ou à ceux qui réalisent des actes de trahison par temps de guerre, là ce sont des civils, opposants progressistes, frères musulmans ou supposés tels, qui sont jugés !
Enfin, il y a les procès et les condamnations de masse qui ne tiennent évidemment aucun compte de la participation effective des individus dans les faits, réels ou pas, incriminés. Tous jugés et condamnés pareils !
D’autres cibles sont également visées : certaines ONG, qui encourent des peines d’emprisonnement allant jusqu’à 25 ans pour utilisation de fonds étrangers, et les syndicats : le pouvoir intente des procès devant les tribunaux administratifs pour tenter d’obtenir la dissolution des plus combatifs d’entre eux.

Et pourtant, malgré ces conditions extrêmes de la lutte, le peuple résiste !
Ce sont d’abord les grèves qui se multiplient, grèves de la faim dans les prisons, grèves pour de meilleurs salaires et des conditions de travail moins mauvaises chez les infirmières ou les métallurgistes. Dernièrement 3000 journalistes, empêchés de réaliser correctement leur travail et par solidarité avec l’un de leurs collègues emprisonné, ont organisé une belle manifestation. Réprimée sauvagement elle aussi.

Nos gouvernements européens complices !
En effet le soutien des puissances impérialistes européennes au gouvernement Sissi continue : ventes d’armes et coopérations sécuritaires en terme de renseignement et d’entraînement, projets de méga-investissements juteux. Le commerce se moque des droits de l’Homme !

Nous affirmons tout notre respect, notre admiration et notre solidarité avec le peuple égyptien !

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