Gaza : Le massacre des manifestants sans armes est un véritable crime de guerre

Publié le : , par  Nasser

Lundi 14 avril 2018, dans le cadre de "la Grande marche de retour", plus de15 000 Palestiniens manifestaient pacifiquement près des barrières de sécurité entre Israël et l’enclave de Gaza pour réclamer leur droit de retour et pour protester contre le transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem et finalement pour dénoncer le blocus criminel du territoire palestinien de Gaza. Mais l’armée coloniale d’Israël a réprimé dans le sang ce mouvement pacifique, en tuant 63 manifestants et en blessant plus de 1500 autres, dont plusieurs centaines de femmes et d’enfants. La simultanéité entre le carnage perpétré par la troupe israélienne à Gaza et la cérémonie festive, organisée à Jérusalem, à l’occasion du transfert de l’ambassade des Etats-Unis est révélatrice du cynisme obscène et criminel des dirigeants américano-israéliens et de leur haine viscérale envers le peuple palestinien.

Marche du retour à Gaza, le 30 mars 2018
Source : Plateforme des ONG françaises pour la Palestine

Pour justifier sa répression barbare contre ce mouvement pacifique, Israël présente les dirigeants du Hamas comme responsables de ce mouvement. Mais en réalité, la société civile palestinienne a été à l’origine et initiatrice de ce mouvement "la grande marche de retour", en mettant le Hamas devant le fait accompli. Le but de ces manifestations pacifiques, sensées durer six semaines, entre le 30 mars (journée de la terre) et le 15 mai (la journée de la Nakba) était d’interpeller l’opinion publique internationale, y compris israélienne, sur la situation catastrophique de la population de Gaza, 70ans après le refoulement forcé de 700 000 Palestiniens vers cette enclave ou selon Ilan Papé, historien israélien, "le nettoyage ethnique de la Palestine". L’objet de ce mouvement était surtout de protester contre plus de dix ans de blocus impitoyable de Gaza par l’armée Israélienne, qui a transformé cette enclave en la plus grande prison à ciel ouvert du monde et qui menace la survie des 2 millions de citoyens palestiniens de ce territoire. Dans ce cadre, le 30 mars, lors de la première journée de la "grande marche de retour", plusieurs milliers de Palestinien, dont des milliers des femmes et d’enfants ont participé à une marche pacifique vers la frontière entre Gaza et Israël. Mais les militaires israéliens, ont ensanglanté cette manifestation pacifique, en tirant, à balles réelles dans la foule. Ainsi l’Etat d’Israël en mettant face aux manifestants à main nue, son armée régulière, perpétue la tradition des Etats coloniaux des siècles précédents. Le bilan de cette agression criminelle est horrifiant. Le Croissant-Rouge a recensé 16 tués et 1416 blessés, frappés pour la plupart, par des balles réelles. Depuis cette date, chaque semaine cet horrible scénario se répète. Ainsi le nombre de victimes palestiniennes s’élève, après six semaines de manifestations, à 130 tués et plus de 4 000 blessés par balle.

Le long de la barrière de sécurité entre Israël et Gaza, le 3 mai 2018
Photo CC Daily Brian

Mais la répression actuelle n’est pas la première agression du colon israélien contre Gaza. En effet, depuis l’Indépendance d’Israël en 1948, cette enclave était sa principale hantise. Cela explique donc les fréquentes agressions israéliennes contre ce territoire au cours des sept dernières décennies et le massacre de plusieurs milliers de civils. Entre 2005 et 2017, la population de Gaza a subi quatre agressions militaires israéliennes : L’opération "plomb durcie" en 2009, "Pilier de défense" en 2012 et finalement la plus meurtrière "barrière protectrice" en 2014 qui a provoqué plus de 1500 victimes palestiniennes dont 600 femmes et enfants. Au cours de cette agression criminelle,l’aviation israélienne a détruit des milliers d’habitations, des écoles, des hôpitaux, et d’autres infrastructures de ce territoire palestinien.

Mais, à Gaza, ni les guerres et agression militaires, ni les bombardements aveugles, ni les occupations militaires, ni les destructions de logements, ni les répressions dans le sang des manifestations pacifiques, ni des emprisonnements sans procès, perpétrées par les colonisateurs israéliens, n’ont pu entamer la volonté de résistance de la population palestinienne. En 2007, l’Etat d’Israël, désemparé face à cette volonté inébranlable du peuple palestinien, a poussé son cynisme criminel à son paroxysme. Il profite de la collaboration des dictateurs égyptiens et impose un blocus total de Gaza pour anéantir la possibilité de toutes les activités économiques et même priver la population de Gaza des aides alimentaires et médicales, en provenance des organisations humanitaires internationales. Selon le rapport d’OXFAM international "est tributaire de l’aide plus de cent mille personnes, dont la moitié sont des enfants vu leur habitation détruite […] 96% de l’eau distribuée par les réseaux publics n’est pas potable ; plus de 300 000 enfants et adolescents restent traumatisés par le conflit. Plus de 43% des habitants de la bande de Gaza (dont plus de 60% de jeunes) se trouvent sans emploi… 80% de la population est tributaire de l’aide humanitaire… nombre d’industries clés, telles que le secteur de la construction ont été décimées".

Les événements actuellement en cours, à la frontière entre Gaza et Israël démontrent que malgré toutes ces injustices, tous ces crimes impunis contre la population palestinienne de Gaza par une armée, malgré le silence honteux et complice des puissances impérialistes, la lutte et la résistance de la population de Gaza cultivent l’espoir en Palestine et partout dans le monde.

Article publié dans Inter-Peuples n°267, juin 2018

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