Toujours plus de rétentions et d’expulsions de migrant.es édito Inter-Peuples n°271, décembre 2018

Publié le : , par  CIIP

La France est l’un des pays de l’UE qui enferme et expulse le plus de migrants. A l’été 2017, la situation dans les centres de rétention est terrible : 47 000 migrants enfermés, soit 10% de plus qu’en 2016. Extrait du rapport d’observation de différentes associations : "Être enfermé pendant 45 jours, c’est déjà un traumatisme. On a affaire à des centres avec des barbelés, des grilles et des tours de contrôle panoramiques. Les personnes sont menottées, traitées comme des criminels. Les locaux sont sales. Il y a des grèves de la faim, des violences physiques et des actes désespérés, certains avalent des piles, des batteries, des lames de rasoir...". L’enfermement des enfants est scandaleux : en 2017, ils sont 304 en métropole et 2 500 à Mayotte, 76% ont moins de 12 ans. Beaucoup ne pleurent pas, ils sont hagards, certains ne s’alimentent plus, d’autres sont couverts d’eczéma. Quant aux expulsés, 26 000 en 2017 (et 20% en plus en 2018) ils sont toujours emmenés de force, bâillonnés et ligotés pour qu’ils ne crient pas lors de leur transport dans l’avion. Avec pour beaucoup l’angoisse d’être arrêtés, enfermés ou tués dès leur retour dans leur pays d’origine.

Le gouvernement français, comme de nombreux autres gouvernements, de pays "riches", pousse à l’exil des centaines de milliers de personnes, par l’organisation systématique du pillage des richesses des pays du Sud, de la destruction de leurs écosystèmes, du soutien aux dictateurs de ces États. Et ensuite il rejette ceux et celles qui parviennent enfin sur son territoire. Le gouvernement Macron, comme les précédents, nomment ceux qui fuient tout cela des "migrants économiques", pour les rejeter plus encore que les réfugiés politiques, comme si le pillage et les échanges commerciaux profondément inégalitaires n’étaient pas aussi une véritable guerre contre les peuples.

La mémoire des milliers de morts en Méditerranée, dans les camps libyens ou les sables du Sahara, exige que nous nous opposions à ces politiques criminelles, et que nous défendions sans cesse la liberté de circulation et d’installation, l’ouverture des frontières, l’abrogation des procédures Dublin, la fermeture des centres de rétention, la fin du délit de solidarité, l’égalité des droits entre tous et toutes (au travail, au logement, à l’éducation, à la santé). Nous soutenons le manifeste lancé notamment par Médiapart et Regards, nous préparons une initiative pour le 18 décembre, journée internationale des migrants, qui sera un nouvel acte de solidarité.

Édito publié dans Inter-Peuples n°271, décembre 2018

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